InterviewParis sportifs

David Ozararat : « VBET souhaite changer la culture des paris sportifs »

23/01/2021 à 17:56

Parmi les différentes plateformes de paris sportifs disponibles en France, VBET fait partie de celles qui ont été lancées le plus récemment. David Ozararat, le président du groupe SoftConstruct France (propriétaire des marques BetConstruct et VBET), explique pour Actufoot la politique de celle-ci, la façon de jouer en France, et les conséquences de l'arrêt des championnats. Entretien.

Comment est né VBET ?

VBET a été fondé en 2003 par deux entrepreneurs arméniens : les frères Vahe et Vigen Badalyan, par ailleurs fondateurs du groupe SoftConstruct, qui développe les marques VBET, BetConstruct et FeedConstruct. Forte de son succès sur le marché local, l’entreprise a étendu son activité à l’international à partir de 2013. Elle a ainsi obtenu les licences du Royaume-Uni, de Malte, d’Afrique du Sud, de Roumanie, d’Italie et d’autres pays stratégiques dans ce secteur.

A quelle date a été inauguré le site de paris sportifs en France ?

Fin 2017, VBET obtient une licence de l’Autorité nationale des jeux (ANJ) et lance son site de paris sportifs en France en juin 2019 après une longue série de tests – et après le lancement du premier partenaire du groupe BetConstruct, Pasinobet.fr, en collaboration avec le groupe Partouche. Parallèlement, Youri Djorkaeff assure le rôle d’ambassadeur rêvé, du fait de son palmarès, de son image ainsi que son identité si semblable à celle de notre groupe.

« Nous souhaitons changer la culture des paris sportifs et façonner le futur de celui-ci en offrant une expérience communautaire, divertissante et créative à ses joueurs »David Ozararat, président du groupe SoftConstruct France

Quelle est sa stratégie marketing ?

La nouvelle génération de parieurs étant animée par des valeurs communautaires, VBET ancre sa stratégie sur une approche « social betting » avec le joueur au centre de celle-ci. C’est une vision à partir de laquelle nous souhaitons changer la culture des paris sportifs et façonner le futur de celui-ci en offrant une expérience communautaire, divertissante et créative à ses joueurs, leur proposant les mêmes émotions qu’ils vivent à travers le sport.

Comment fait-on, aujourd’hui, pour s’immiscer et se faire sa place dans un milieu ultra-concurrentiel comme celui des paris sportifs ?

Le marché des paris sportifs est certes un marché bien installé depuis une décennie maintenant, voire deux si l’on considère le marché lui-même avant sa régulation, mais compte tenu de sa dynamique il y a de la place pour tout le monde, surtout pour un outsider comme VBET. L’engagement, le plaisir de jouer, une plateforme sûre et responsable sont les bases sur lesquelles nous construisons notre vision du jeu. Avec cette approche, pas de promesses de fortune ni de succès facile mais le désir de former une communauté de joueurs récréatifs, souvent passionnés de sport, qui défient parfois les cotes avec leurs connaissances arithmétiques et sportives, leur instinct, ou tout simplement avec un peu de chance. Cette communauté est au centre de la vision de VBET.

Quelles sont les méthodes que vous utilisez pour placer le joueur au centre de l’échiquier ?

Nous concentrons les fonctionnalités de notre plateforme sur des interactions constantes entre les joueurs (classements, jeux, compétitions, promotions) qui les poussent à coopérer ou à se mesurer pour gagner, mais également où les joueurs peuvent communiquer librement entre eux. Le but de cette approche est de retrouver les bases du jeu, sa dimension sociale, et de donner une occasion unique aux passionnés de sport de se réunir avec d’autres pour passer un bon moment.

« Le report de l’Euro 2020 nous a permis de nous concentrer sur nos prochains objectifs et nous a appris beaucoup de choses essentielles »David Ozararat, président du groupe SoftConstruct France

Comment évaluer l’évolution du marché du pari sportif sur les dernières années ?

La croissance du marché des jeux en ligne se poursuit en 2019. Le Produit Brut des Jeux (PBJ) de l’ensemble du secteur progresse de 18% et s’élève à 1,4 milliard d’euros, soit son niveau le plus important depuis 2010. Le marché est trusté par un quart des plus grands acteurs, 20% sont partagés par un deuxième quart, ainsi la deuxième moitié des acteurs se partagent les 20% du marché restants.

En moyenne depuis le lancement de Vbet, quelle somme mise un parieur ?

La mise moyenne d’un parieur en France est assez haute. Elle est estimée entre 30 et 35 euros.

Quelle influence ont eu la suspension des championnats et l’arrêt de la saison 2019/2020 de la Ligue 1 moins d’un an après le lancement de la plateforme ?

Il n’y a pas seulement eu l’arrêt du championnat de Ligue 1, mais la suspension de la Ligue des Champions, le report de l’Euro de football et bien d’autres. Nous avions prévu une campagne publicitaire, comme beaucoup, pour l’Euro 2020, mais l’arrêt des sports ne nous a pas permis de la lancer. Nous avons donc décidé de lancer cette campagne pour la nouvelle saison de football en France. Cette situation nous a permis de nous concentrer sur nos prochains objectifs et nous a appris beaucoup de choses essentielles pour le futur. Le « restart » s’est donc très bien passé pour VBET avec une campagne d’envergure en septembre/octobre 2020.

« Pendant l’arrêt, les tendances des paris étaient : football en Biélorussie, baseball en Asie, football australien »David Ozararat, président du groupe SoftConstruct France

Quel est le club français qui est le plus ciblé par les paris ?

C’est difficile à dire car l’ensemble des clubs et des journées de championnat sont ciblés. Les plus connus le sont davantage car ils représentent ce que l’on appelle les « gros matchs ». Mais de nombreux plus petits clubs disputent des matches à fort enjeux aussi selon les journées et les rencontres, et certains clubs ont des communautés tellement engagées que les paris dépassent parfois ceux du top 5 du classement. Je dirais que cela dépend du triptyque « intérêt pour le club – dimension de l’enjeu – conviction sur le pronostic ».

Au moment du premier arrêt, beaucoup de parieurs se sont tournés vers des championnats moins réputés, comme le biélorusse. Quelles ont été les tendances de votre côté ?

Les tendances ont été plus ou moins les mêmes pour chaque opérateur : football en Biélorussie, baseball en Asie, football australien, etc.

Est-ce que l’été dernier, avec le format particulier de la Ligue des Champions, a permis de relancer la dynamique autour des paris sportifs ?

Oui bien sûr. La reprise de la Ligue des Champions était très attendue par les joueurs français et a apporté le retour d’une bonne dynamique.

 « Il y a plusieurs indices qui peuvent nous faire penser qu’un joueur a des problèmes de jeux. »David Ozararat, président du groupe SoftConstruct France

Quels sont les avantages des clients VIP et comment sont-ils traités ?

Comme tous les autres clients, les VIP bénéficient d’avantages qui récompensent leur fidélité.

A partir de quel degré peut-on considérer qu’un parieur devient accro ?

VBET s’engage à promouvoir le jeu responsable auprès de ses clients ainsi que la sensibilisation au jeu de hasard problématique et à en améliorer la prévention, ainsi que la prise en charge. Il y a plusieurs indices qui peuvent nous faire penser qu’un joueur a des problèmes de jeux. Ce sont des indices qualitatifs et quantitatifs liés au comportement de jeu, aux dépôts et au retraits, ainsi qu’aux changements dans ceux-ci. Le jeu responsable sur VBET repose sur trois principes fondamentaux : la sécurité du joueur, la sécurité du jeu et la protection contre la dépendance aux jeux.

A quel moment alertez-vous les autorités de régulation quand vous avez une suspicion sur un match ?

Au moment où l’on a des doutes sur un match et où nos spécialistes sont interpellés par des informations douteuses. Nous alertons alors notre régulateur qui dispose lui aussi d’un service de veille très efficace.

« VBET et l’AS Monaco partagent des valeurs communes, une dimension internationale, un état d’esprit conquérant, ainsi qu’une volonté forte de s’imposer dans un environnement très exigeant. »David Ozararat, président du groupe SoftConstruct France

Quelle proportion représente le football par rapport aux autres sports ?

Le football représente plus 50% des mises. Parfois plus de de 60%.

Vous avez signé un contrat de sponsoring pour deux saisons avec Monaco. Pourquoi vous êtes-vous tournés vers ce club, et qu’est-ce que cela apporte ?

VBET et Monaco partagent des valeurs communes, une dimension internationale, un état d’esprit conquérant, un goût pour l’innovation, la remise en question, la passion pour le football, ainsi qu’une volonté forte de s’imposer dans un environnement très exigeant. VBET souhaite offrir une expérience communautaire, divertissante et récréative et créative à ses joueurs. La créativité justement, comme l’AS Monaco, VBET en a fait la clé de sa réussite et cherche continuellement sa performance tant sur le terrain qu’en dehors. En s’associant à une marque de qualité comme l’AS Monaco, VBET entend bien affirmer sa marque sur le marché français.

Avez-vous d’autres projets pour les mois, les années à venir ?

Cette année sera riche en sport, avec notamment l’Euro de football, les Jeux Olympiques, les championnats du monde de handball, la coupe du monde de rugby à XIII, et pour lesquels nous prévoyons de nombreux projets.

Propos recueillis par Harry Hozé