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Didier Ollé-Nicolle (Le Mans) : « Je ne suis pas satisfait de notre phase aller »

08/01/2021 à 15:30

Club relégué de Ligue 2, Le Mans pointe au 8ème rang à la trêve hivernale. L'entraîneur Didier Ollé-Nicolle s'est confié à nous pour évoquer cette première partie de saison en National, dans un championnat relevé.

Didier Ollé-Nicolle, quel bilan tirez-vous de cette première partie de saison ?

C’est vraiment un bilan particulier pour plein de raisons. Déjà parce que c’est une saison qui est particulière avec le Covid, la descente du club du Mans et avec dix-huit nouveaux joueurs de ce fait. C’est une révolution et une adaptation permanente car on a eu huit joueurs touchés dans la phase aller par le Covid donc ça implique une mise à l’isolement etc. C’est un truc auquel on n’est pas habitué. Malgré ça, on n’a pas eu les résultats escomptés. Le Mans se doit de très rapidement remonter en Ligue 2. Il y a le projet, les infrastructures mais on sait qu’il n’y a que deux accessits. Je ne suis pas satisfait de notre phase aller, on est capable de faire, je pense, beaucoup mieux en terme de performances.

Il y a quand même du positif.

Dans les points positifs, sur 16 matchs joués, on en a joué 9 à l’extérieur et seulement sept à domicile. Il nous reste donc dix-huit matchs dont dix à disputer à la maison, donc il faudra être très performants au MMArena. Jusqu’ici on a été plutôt performant à l’extérieur puisqu’on a une seule défaite à Concarneau et on est l’équipe qui a paradoxalement le moins perdu. Huit fois on n’a pas pris de buts, mais à l’inverse, on a fait trop de matchs nuls (dix, ndlr). Il faut que sur la phase retour on en transforme cinq en victoires pour être bien dans les clous. Bien souvent, ça ne tient pas à grand chose entre un nul et une victoire, c’est un peu d’implication, d’efficacité, de confiance etc.

Malheureusement, on a eu aussi six ou sept joueurs cadres qui nous ont rejoint cet été (Coulibaly, Veigneau, Gimbert, Gopé, Bègue…), mais qui ont très peu joué en raison des blessures. Donc, je prends la bouteille à moitié pleine. J’ose espérer que tous ces garçons qui se sont réathlétisés vont pouvoir nous apporter tout leur vécu, leur expérience, leur esprit de revanche sur les matchs retours.

Votre gardien Pierre Patron évoquait récemment du mieux avec un groupe en progression, est-ce également votre point de vue ?

On récupère des garçons qui ont peu joué en ce début de saison. Avec 18 nouveaux joueurs, c’est difficile donc il faut du temps. Dans le sport collectif, il faut travailler pour obtenir des automatismes, de la constance. Effectivement, je sens que le groupe est beaucoup plus cohérent dans la constance. On a fait des bonnes choses. Sur les quatre derniers matches, on a terminé avec deux victoires, deux nuls. J’espère que ça va nous servir et apporter du positif. On a quatre matchs pour commencer où on joue quatre équipes bien classées (Cholet, Quevilly-Rouen, Red Star et le SC Bastia, le top 4 avant la J17, ndlr). Il y a un beau challenge, à nous de relever ce beau défi. C’est parce qu’il est difficile qu’il est très intéressant.

Dans un mois on y verra plus clair. Il faut être capable d’enchaîner sur une très bonne série dans ce championnat, et réduire voire rattraper chacun de nos adversaires directs dans cette courte période. Ca sera très fondateur pour la suite du championnat et on sait que ça va défiler vite entre la Coupe et le championnat. Dans quatre mois et demi tout sera terminé. Ca va être un second semi-marathon, les matches vont s’enchaîner. Il ne va pas falloir perdre de temps. J’espère qu’on va perdre, en cours de route, le moins de joueurs possibles pour aller au bout de notre objectif qui est toujours de se rapprocher le plus possible de la tête du championnat.

Quels sont les points à améliorer dans le jeu ? Le secteur offensif en priorité ?

C’est ça, c’est un domaine où il nous a manqué le plus de joueurs (Gimbert, Bègue, Gopé etc.). Trois des quatre derniers joueurs offensifs alignés sur les deux derniers matchs ont été beaucoup absents. Actuellement ils sont rétablis, j’espère qu’ils vont monter en puissance. Il faut qu’on garde la même solidité globale sur le plan défensif et qu’on améliore notre qualité de jeu qu’on a eu en début de saison. Paradoxalement, on prenait des buts mais on se procurait aussi beaucoup de situations et on était une équipe plutôt très agréable à voir jouer. Après, on est devenu plus pragmatique sur le plan défensif mais moins efficace. Il faut allier les deux : garder cette solidité collective et que ce soit dans le jeu ou dans l’efficacité élever le curseur.

Y aura-t-il quelques renforts ? Si oui, dans quel secteur ?

Très sincèrement, à cette période de la saison je n’y crois pas trop. Les joueurs qui sont performants et qui intéressent les clubs, ils restent. Ceux qui vont sur le marché sont ceux qui n’ont pas trop performé. Après il peut y avoir une surprise d’un jeune joueur, un prêt. Mais aujourd’hui, j’ai plutôt l’idée de travailler et de rendre plus performants les joueurs dont je dispose et voir l’éclosion des jeunes qui ont pas ou peu joué. Je pense à Yoké, Aïko, Glaentzlin par exemple.

Il faudra que quelques garçons, soit des joueurs d’expériences qui ont été blessé soit ces jeunes qui sont en phase de progression, crèvent l’écran et qu’ils passent un cap parce qu’il n’y a pas d’équipe performante sans l’éclosion de quelques talents. On a besoin de l’alchimie de ces deux énergies : de l’expérience qui doit tirer vers le haut et quelques jeunes qui doivent bouger les autres pour s’imposer.

Et du côté des départs ?

Non il n’y aura pas de départ. Je ne veux pas perturber l’équilibre du vestiaire, du groupe. Nous ne laisseront partir personne et, en tout état de cause, personne ne nous a sollicité pour partir. On a un challenge, on l’a débuté ensemble, on doit mieux faire, y compris le staff et moi-même. On est monté dans la même barque, on voit l’horizon mais il est encore loin, l’idée c’est d’y arriver tous ensemble, le mieux possible. Il n’y a pas forcément l’intérêt de récupérer « un naufragé » en route (sourires).

Je veux que les joueurs soient responsables, je compte sur eux. Ils ont ma totale confiance et je n’ai pas envie de chercher ailleurs parce que ce que j’ai sous la main n’a pas totalement atteint son paroxysme, toute sa progression. A moi de mieux tirer partie de leurs compétences et que eux s’aguerrissent, s’épanouissent en sachant qu’ils ont toute ma confiance.

Comment vous et vos joueurs vivez cette absence des spectateurs, surtout au MMArena ?

On a un très bel outil qui pourrait accueillir beaucoup de monde, jouer dans ce stade et cette magnifique ville… C’est une ambiance particulière mais c’est la même chose en Angleterre, en Allemagne, ils jouent aussi avec des stars dans des stades vides et ils gagnent les matchs. Nous, on sait qu’on a un objectif, on n’a pas la pression qui peut parfois être négative, on doit se concentrer que sur notre jeu. C’est ennuyeux parce que c’est moins vivant et ça fait moins palpiter. Ce n’est pas le foot qu’on aime. Sincèrement, je déteste jouer à huis clos car je ne prends pas de plaisir particulier, le seul plaisir que j’ai c’est de voir évoluer mon équipe si elle joue bien. Et j’attends plus, j’ai envie de prendre plus de plaisir sur ces dix-huit matchs qu’il reste. Dans ce métier, on est heureux quand on gagne.

A l’inverse, ce que je répète à mes joueurs, nous on a la chance de faire notre métier, notre passion. Il y a plein de gens qui ne travaillent pas, qui sont dans le malheur, dans la difficulté en fin de mois et en plus, il y a tous les gens qui sont dans les hôpitaux, qui sont malades ou qui ont perdu des proches… Comme c’est la période des vœux, je souhaite à tous d’être cohérent pour terrasser au plus vite ce virus et à un moment donné tout repartira : l’économie, le sport, le foot, du monde dans les stades. Ca sera plus dynamique, ça va arriver.

Billal Brahimi fait un très bon début de saison. Pouvez-vous nous parler un peu de ce joueur prêté par Reims, de ses qualités ?

Au même titre que les autres, je ne veux pas les dissocier. J’ai trois jeunes joueurs qui sont prêtés, Billal Brahimi et Logan Costa par Reims et Mathieu Goncalves par Toulouse. Tous les trois gamins de 20 ans sont devenus pratiquement titulaires. Goncalves en concurrence avec Olivier Veigneau au poste d’arrière gauche, Costa en concurrence avec Choplin et Lemmonier en défense centrale, des garçons d’expérience. Brahimi est lui venu concurrencer des Gimbert, Gopé, Dionisa sur le plan offensif. Les trois dans leur registre se sont imposés. Ils nous font beaucoup de bien. A titre personnel, c’est vraiment du bonheur tous les matins d’entraîner des garçons de ce profil.

Ce soir les hommes de Didier Ollé-Nicolle reçoivent à 20h le SO Cholet (4e) de Stéphane Rossi. Il s’agit du dernier match de la phase aller de N1.

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