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L’ACBB, meilleur club amateur français en matière de formation

22/02/2018 à 17:29

Hatem Ben Arfa (PSG), Allan Saint-Maximin (Nice), Jean-Kévin Augustin (Leipzig) ou encore Georges Kévin-Nkoudou (Tottenham) ont tous un point commun. Passés entre les mains des éducateurs de l'AC Boulogne-Billancourt, ils font partie des nombreux professionnels qui participent à la visibilité et à la reconnaissance du travail réalisé par la section foot du club omnisports dont l'ADN a toujours été la formation. Chaque année, ils sont des dizaines à intégrer les centres de formations de France et d'Europe. Aujourd'hui, la structure amateur de l'ACBB recense près de 1500 licenciés, dont les trois quarts chez les jeunes. Présentation du plus gros club amateur en France. Dossier.

L’ACBB, plus gros club amateur français

Avec 1500 adhérents, le club du président historique, Jacques Migaud (depuis 1987), garant de l’ADN ACBB, est en effet le plus gros club français en termes de licenciés. Seul club d’une municipalité de Boulogne-Billancourt à fond derrière sa section foot, c’est presque naturellement que lui est délivré ce « titre » : « Par rapport à la taille de la ville qui compte environ 115 000 habitants et le fait que l’on soit le seul club de la municipalité, il est logique, que l’on soit le plus gros club de France. Si vous réunissez par exemple les deux clubs d’Aulnay, ça fait 1800 licenciés. Aujourd’hui, nous nous démarquons parce que nous accueillons 100% des boulonnais, de tout niveau et à tout niveau. Des U7 jusqu’à ses 35 ans, le joueur a cette chance de pouvoir rester chez nous et d’évoluer dans son club. Cela nous différencie des clubs professionnels et des autres clubs amateurs » présente Bertrand Rebours, directeur responsable de la formation de l’AC Boulogne-Billancourt

Les différents pôles de la section foot de l'ACBB
– Diablotins – Ecole de foot – Préformation – Formation – Post-formation – Ecole des gardiens (Plus grande Ecole des gardiens en France avec 70 gardiens chaque jour. Ouverte sur l’extérieur, elle est gérée par Pierre Bouju et Faou Amzal) – Pôle féminin (Xavier Putti et Frederic Roubeau) – Cellule de recrutement
Crédit photo : ACBB

Une Ecole de Foot structurée, gage de formation

Les éducateurs, qui sont-ils ?

A l’ACBB, l’Ecole de Foot s’étend sur trois catégories : U10, U11, U12. Les catégories U7/U8 et U9 étant enregistrées dans la section « Diablotins ». 350 joueurs viennent constituer les équipes de l’Ecole de Foot, pilotés par 36 éducateurs aux multiples profils. Et des éducateurs, il en faut vu la forte demande reçue par le club : « L’idée c’est d’accepter l’ensemble des joueurs boulonnais. Il y a une forte demande, il fallait être capable d’assumer tout le monde » explique Ludovic Fortès, le responsable du pole. Mais comment sont-ils choisis ? « Notre premier critère est de trouver un éducateur bien dans sa tête. Car il y a beaucoup de choses à gérer, un planning à tenir, on doit pouvoir compter sur lui. On a des profils différents en fonction des postes. Nous avons des profils uniquement foot, prof d’EPS, chef d’entreprise, ou jeune sans emploi. Par exemple, mon éducateur U10D qui est aussi éducateur U17 DHR, est super diplômé, a été sur la préparation physique au PSG, mais il s’éclate avec ses gamins en équipe D compétition. Il n’y a pas de dévalorisation des coaches. Après, bien sûr, un éducateur veut toujours plus. Ma stratégie c’est de construire une équipe éducative, d’avoir un coup d’avance par rapport à la saison prochaine, en essayant de les faire évoluer. Quand je construis mon organigramme, la notion d’équipe est primordiale. Tout le monde est important. On ne réfléchit pas en terme d’équipe une, deux ou trois mais en terme de génération. On sait que l’équipe A est constituée de bons joueurs, le plus important, c’est qui je mets à la tête de mon équipe B ou C, pour que la pré-formation tienne. Donc on s’adapte à des profils d’éducateurs et on les affecte en conséquence » détaille-il.

L’Ecole de Foot à l’ACBB, ça fonctionne comment ?

Deux sections composent le « deuxième pôle » de l’ACBB. La section pré-compétition, qui ne regroupe que des joueurs 100% boulonnais. Et la section compétition, composée de jeunes boulonnais et de jeunes talents venant de l’extérieur. Encore une fois, pas de dévalorisation. Les deux sections travaillent de la même manière et se tirent la bourre. Concernant le projet technique du pôle, le club francilien adopte une vision « par génération ». L’année sportive est en effet divisée en « périodes » distinctes : Les périodes références et les périodes spécifiques. La première vise à ce que tous les joueurs appliquent les même situations, et se retrouvent dans des contenus communs (« La Techtique », une marque ACBB : Des exercices  exercices techniques où l’on retrouve une incertitude tactique. Faire réfléchir à tout moment l’enfant, et lui proposer des choix, car énormément d’informations à prendre. La deuxième voit l’équipe éducative travailler en fonction de la génération, des fondamentaux (voir ci-dessous), et des principes de jeu établis.

 

Crédit photo : ACBB

 

Des règles de vie dès le plus jeune âge

« Concernant les valeurs, je pense que tous les clubs essayent de faire que les gamins se comportent bien. Ce qui fait la différence, c’est le système de fonctionnement pour les faire vivre » estime Ludovic Fortès. Quatre règles de vie ont en ce sens été instaurées dans les principes pédagogiques de l’École de Foot :

1- Dire bonjour/aurevoir. « Il s’agit d’être pleinement dans le club, avoir ce premier contact avec les différentes entités, que ce soit chez nous, en déplacement ou en tournoi ».
2- Prévenir. « Plus qu’une règle, c’est une relation d’échanges, basée sur la confiance qui doit se créer entre éducateurs et joueurs. Il s’agit par exemple de prévenir si on a un souci pour se rendre à l’entraînement »
3- L’aspect effort. « Les jeunes doivent constamment faire des efforts pour soi tout en ayant l’aspect altruiste. « Quand on nous voit, généralement, on dit de nos joueurs qu’ils sont disciplinés »
4- Hygiène de vie. « On vit dans un club, c’est pas « juste on prend son sac et on s’en va ». Ce n’est pas que le terrain, il y a ce respect du matériel et de l’environnement à avoir » termine-t-il de détailler.

Une philosophie de jeu déjà bien identifiée, la « marque ACBB »

Dès l’École de Foot, les éducateurs tentent d’imprégner « la marque ACBB » à leurs jeunes apprentis :« On part dans l’idée que le joueur a envie de jouer. Ça part d’une projection, construite de derrière. Cela demande une implication, du mouvement, une relation proacative avec le ballon. Sans le ballon, il s’agit être discipliné dans ce que l’on veut faire pour le récupérer. On veut que les enfants donnent du sens à ce qu’ils font, qu’ils aient cette relation joueur-ballon. Nous souhaitons également que le jeune comprenne là où on veut l’emmener. On s’aperçoit effectivement que des joueurs ont une attitude plus intéressée quand ils ont le ballon, d’autres seront plus généreux ou besogneux, d’autres plus habiles, d’autres plus athlétiques. On a la chance d’avoir cette hétérogénéité à l’AC Boulogne-Billancourt » témoigne le boss de l’Ecole de Foot.

Une communication dynamique

Avec 36 éducateurs sous sa houlette, Ludovic Fortès facilite les échanges à l’aide d’outils numériques et interactifs : « On partage tout dans un Intranet (book numérique) On commente, on partage, c’est interactif, remplis par les éducateurs, avec des contenus séances, des bilans de matchs conservés et archivés. Cela permet de formaliser les idées, marquer une cohérence. Pendant les vacances scolaires, je regarde et analyse ce qui a été bien fait, ou mal fait. On a décidé de tout montrer, les gens ont accès à notre démarche ». En effet, L’ACBB dévoile notamment sa démarche sur sa chaîne Youtube (voir ci-dessous) et accorde une grande importance à l’utilisation de ses réseaux sociaux. Du partage, et de la sensibilisation quant aux principes pédagogiques et fonctionnement du pôle. Un luxe pour les parents.

La pré-formation dans la continuité de L’École de Foot

La pré-formation débute sur la catégorie U13 jusqu’aux U15. Des bilans sont réalisés afin d’intégrer chacun des joueurs de l’École de Foot au mieux dans ce nouveau pôle. Deux critères peuvent pousser les éducateurs à ne pas poursuivre avec un enfant : l’assiduité et le comportement. Un enfant qui ne rentre pas dans ces éléments a la possibilité d’enchaîner, peu importe son niveau. Et le jeune poursuit son apprentissage footballistique et humain dans la continuité de l’Ecole de Foot : « Nous essayons de rester dans la lignée du travail effectué à l’école de football (projet humain, projet technique, cadre de travail, etc). De plus, nous avons avec Ludovic des échanges permanents ( je l’ai presque tous les jours au téléphone!) sur beaucoup de sujets communs (éducateurs, transport, parents, gestion humaine, équipements, sponsoring, progression des joueurs, etc..). Je tiens à souligner qu’il réalise un travail d’une qualité assez exceptionnelle » loue Baptiste Pommier, le responsable de la Pré-Formation.

L’ACBB, premier club amateur à remporter la Coupe de France U13

Juin 2013. Les U13 de l’ACBB entrent dans l’histoire. Les petits du club sont les premiers jeunes joueurs amateurs à remporter la Coupe de France U13, en battant le FC Metz en finale (1-0). Le tout en terminant meilleure attaque et meilleure défense de la compétition. L’exploit a renforcé un peu plus l’image du club boulonnais, selon l’entraîneur de l’époque, un certain… Baptiste Pommier : « Je suis effectivement bien placé pour en parler car j’ai eu la chance d’être l’éducateur en charge de cette équipe (génération 2000). C’était un moment très important pour le club, le premier en amateur à remporter ce titre. Cela nous a permis d’avoir une grosse visibilité et reconnaissance nationale. Une juste récompense de l’énorme travail effectué à l’école de football par des éducateurs très compétents ! Cela reste aujourd’hui encore une belle fierté pour le club ».

Crédit photo : ACBB

Des jeunes très biens encadrés

Comme l’Ecole de Foot, la pré-formation est parfaitement structurée. Des responsables de catégorie sont présents sur chaque année d’âge (U13,U14,U15), avec des adjoints sur les équipes élites à onze. Un processus qui sera étendu dès la saison prochaine. En moyenne, le ratio est de un éducateur pour 10 enfants. Un suivi et des preuves de structuration qui ne représentent pas une fin en soi, les Franciliens étant dans une constante recherche de progression : « Nous avons quelques axes d’améliorations sur notre pôle (section sportive, responsable de la préparation physique, généralisation des adjoints, vidéos pour tous, équipements, organisation d’un tournoi régional, amélioration des passerelles entre les pôles, implication des dirigeants, etc… »  continue le responsable de la pré-formation

La « pré-fo » sur trois axes

« A cet âge là, l’enfant est soumis à de multiples bouleversements. D’abord physiques et morphologiques liées à la puberté. Psychologiques et mental, avec le dépassement de soi, les rêves de clubs professionnels. Et sociaux, avec la découverte de l’autre, l’influence des parents, la pression sociale de réussir, la gestion des réseaux sociaux etc.. «  développe Baptiste Pommier. En ce sens, l’AC Boulogne-Billancourt développe son travail de pré-formation sur trois axes :

– avoir un espace de pratique sécurisé et adapté pour offrir les outils d’une progression chez l’enfant
– former des futures adultes et joueurs « made in ACBB » afin d’alimenter le pôle formation
– intégrer des structures professionnelles pour ses meilleurs joueurs

Concernant le dernier point, le responsable de la pré-formation confirme qu’il est impossible d’avoir des certitudes sur l’avenir des jeunes au sein de son pole : « Je ne suis certain de rien ! Il me semble que Nietzsche disait « ce n’est pas le doute, c’est la certitude qui rend fou! » . A une période où le football et les critères de sélection évoluent, à un âge où les enfants changent physiquement (puberté), il serait utopique de penser que tel ou tel joueur finira joueur professionnel. De notre coté, on peut simplement observer qu’un joueur aura des prédispositions supérieures par rapport à un autre via des compétences techniques, physiques, mentales, un bon encadrement familial et un cursus scolaire stable. Mais cela s’arrête là. Il y a une différence profonde entre intégrer un centre de formation et signer professionnel. La concurrence, l’exigence du haut niveau, l’éloignement familial, l’organisation journalière (entraînements/école) sont autant de paramètres à prendre en compte pour une éventuelle réussite sportive ».

Club de formation plus que centre de formation

A l’ACBB comme dans n’importe quel club de football en France, on aime gagner. Mais le travail de formation auprès des jeunes n’est pas lié à une éventuelle pression : « Le plaisir d’être ici réside aussi dans le fait de n’être soumis à aucun objectif sportif chiffré. Les responsables de pôles n’ont pas de pression du résultat ou de performance. A l’inverse d’un centre de formation, qui en plus du désir d’emmener ses jeunes vers le monde professionnel, vise des résultats à la hauteur de ses moyens, le club Orange et Blanc se définit lui-même davantage comme un « club de formation ». Une nuance expliquée par Baptiste Pommier : L’idée est de penser au mot formation dans son aspect global : humain, sportif, social.. Construction de son identité. L’ACBB doit aider le joueur à grandir, à se former, en lui offrant le cadre et les outils nécessaires pour son épanouissement. Nous proposons des stages de toutes sortes. En province, à l’étranger, dans nos structures… ce sont des moments privilégiés où nous formons l’enfant, l’adolescent à sa pratique globale avant, pendant et après le terrain ». Une philosophie partagée par Bertrand Rebours, directeur technique et responsable du pôle formation : « C’est un peu un jeu de mots. On estime qu’on travaille aussi bien que dans un centre de formation, avec de la compétence. Nos éducateurs pourraient très bien être des éducateurs de centre, et les résultats de notre formation également. On rivalise avec eux, mais comme on n’a pas d’hébergements on se dit plus « club de formation ».

« Rester le meilleur club amateur en matière de formation »

A la question d’un éventuel avenir sous le statut professionnel, il coupe court :« Non, on n’a pas cet objectif la. L’objectif, c’est de rester le meilleur club amateur en matière de formation. On est au plus haut niveau amateur, on veut être l’excellence. Si on venait par notre professionnalisme à atteindre le statut professionnel, on ne parlerait plus du même club. Evidemment, on cherche à renforcer la structure, nos finances etc. L’ACBB, c’est l’innovation, mais pas avec l’ambition de se diriger vers le monde professionnel. Ce qu’on souhaite, c’est avoir une démarche de professionnalisation pour les joueurs, être un tremplin. On insiste là-dessus car aucun club francilien ne nous ressemble. Prenez le Red Star, Fleury. Ils veulent le professionnalisme. Des clubs comme Torcy, Monfermeil, Brétigny ne font que des jeunes. Nous, on forme pour notre équipe National 2 ».

Retour au premier plan des U17 Nationaux

A l’ACBB, six équipes sont engagées chez les U16-U17, au niveau national, ligue et district. En fin de saison dernière, les belles performances collectives ont notamment été marquées par celle des U17 DH (Génération 2000) qui ont ré-accédé au plus haut niveau de l’Elite. Une génération qui avait déjà brillé de mille feux quatre plus ans tôt : « L’équipe première en U17 était descendue sur deux fois, on est parvenu à remonter deux ans de suite. C’est effectivement une belle consécration, d’autant plus que c’est la génération qui a remporté la Coupe de france U13 qui a permis de remonter en U17 national cette année » explique Bertrand Rebours.

Il poursuit : « La génération a bien traversé les temps même si certains ont rejoint des clubs pros au fil des années. Le coach des U19, Yacine Fadil, a une grosse part de responsabilité dans la remontée des U17. Sa génération 99 en U19 est celle qu’il a accompagnée et avec laquelle il a tout gagné chez les U15 U16 U17 ».

Pour cette saison 2017-2018, c’est Quentin Thoreau, arrivé en provenance du Stade Lavallois qui pilote le groupe U17 National et sa génération 2001. Sa nomination s’est faite dans la lignée de l’ACBB et de sa marque. « Cette génération a eu beaucoup d’éléments partis en centres (notamment Kephren Thuram, AS Monaco et Equipe de France). Cela permet aux joueurs dans les équipes B et C de l’époque d’évoluer aujourd’hui au plus haut niveau, d’où l’importance d’avoir des équipes B et C performantes » conclut-il

Une équipe U21 pour former au métier

Après huit ans passés avec les U19, Gilles Bibé a dressé un constat qui ne pouvait plus durer. Un fossé semblait s’être créé entre la dernière catégorie jeune et l’équipe fanion du club, qui évolue en National 2 (quatrième échelon National). Ce dernier a donc mis en place une deuxième équipe seniors sous l’appellation »U21″, à l’instar des réserves professionnelles en Angleterre : « J’ai mis en place cette idée, cette antichambre, et en trois ans, on est monté deux fois pour arriver en (R4). On aurait pu faire trois sur trois sans une erreur administrative. Si tout va bien avec la refonte, on sera en R3 la saison prochaine. On donne trois ans aux jeunes pour intégrer la National 2. Ils s’aguerrissent davantage au niveau senior, on les confronte à un peu plus de vice, au métier. C’est là qu’on voit la capacité des jeunes à intégrer la N2 ». 

Et jouer en U21 à l’ACBB ne réduit pas vos chances de signer dans un club pro. Sofiane Dabab en est la preuve. Le jeune défenseur central (17 ans) a tapé dans l’oeil des observateurs d’Amiens (Ligue 1) alors qu’il faisait ses classes dans l’équipe espoirs en Régional 4 (voir photo ci-dessous)

Sofiane Dabab (ACBB) rejoint l’Amiens SC (Ligue 1) Crédit photo : (Capture d’Ecran – Espoirs du Football)

La locomotive : L’équipe National 2

Bertrand Rebours évoque à son tour le groupe U21 : « On veut avoir des tops joueurs dans le programme espoirs. Les U19 jouent actuellement une montée en R1 mais on en fait pas non plus une priorité. Si on était obnubilé par ça, on les mettrait en U19, pas en U21. Le joueur U21 peut avoir 17 ans, mais doit avoir une grosse maturité, physique intellectuelle et mentale. Dans notre cas, ils sont contents d’y évoluer. Si on était en U19 Nationaux, je ne vous dirais peut-être pas la même chose. Mais si on y était, cela ne serait pas viable pour le club. On se ferait piller, on ferait une saison puis on redescendrait. On ne se focalise pas sur une année d’âge, on pense au projet club. La locomotive, c’est la National 2 pilotée par Grégory Benarib. Cela fait 18 ans que je suis là, on a une équipe éducative très stable. On réussit tous à penser « club », à instaurer une philosophie et à ne pas y déroger » nous explique encore le directeur technique du club et responsable du pôle formation

Premier club français en nombre de jeunes présents en centre de pré-formation et de formation en France

« Sur les dix dernières années, si on prend les chiffres, nous sommes le club qui fournissons le plus les centres professionnels (une dizaine par génération). Nous avons par exemple 15 joueurs de la génération 1997 en structures pros. Après, il y a le revers de la médaille puisque c’était celle qui nous avait fait descendre » concède-t’il.

Le recrutement, rouage important du succès Boulonnais

Sur les 1500 adhérents à l’ACBB, 10 à 15% sont issus d’un recrutement extérieur selon Gilles Bibé, recruteur depuis près de quatorze ans au sein de l’ACBB. Ce dernier a créé un immense réseau : « Il s’est mis en place au fil du temps, avec les anciens joueurs passés par le club, ceux qui ont réussi au plus haut niveau mais aussi ceux qui y ont échoué. C’est vrai, que j’ai aujourd’hui un très très gros réseau qui nous permet de faire venir les meilleurs joueurs. Cela nous a par exemple donné la possibilité de faire venir Hannibal (Mejbri) du Paris FC ». Une « pépite » convoitée de près par les plus grandes écuries européennes et qui terminera cette saison son apprentissage à l’ACBB en U15 DH. Avant de rejoindre l’AS Monaco en fin de saison

Convoité par Arsenal, Liverpool, Manchester United, Manchester City, Barcelone, le PSG et l’Olympique Lyonnais, Hannibal Mejbri (U15 DH ACBB) rejoindra l’AS Monaco cet été, où il a signé un contrat aspirant de trois ans

 

Dans son domaine, Gilles Bibé scrute des plus petites catégories, aux plus grandes, pour répondre notamment aux demandes des coaches : « En juin, on fait le point sur les postes ciblés. Cela peut être quatre, cinq ou six joueurs en fonction des équipes. On peut avoir des besoins de dernières minutes au mois d’Août, j’essaye de répondre à la demande. Mais on a quand même une bonne école de foot. On recrute pour combler les manques, pas juste pour recruter ».  Le recruteur attitré de l’ACBB, s’il a les yeux partout, explique que la marge d’erreur est moindre en fonction de l’âge du jeune : « Chez les petits, on observe la technique, les déplacements, l’intelligence mais aussi leur entourage. Il ne faut pas qu’il soit trop embêtant (rires). A 12 ou 13 ans, on ne peut pas dire si un jeune va devenir professionnel. Sur le foot à onze, je vais les voir moi-même, car à 17 ou 18 ans, l’erreur est moindre. S’ils sont plus grands, je les prends avec moi en U21 (groupe réserve seniors qui évolue en R4) ».

Un partenariat exclusif avec l’Olympique Lyonnais

Le 28 janvier 2017, l’Olympique Lyonnais et l’AC Boulogne-Billancourt officialisent leur partenariat, portant sur la formation des jeunes joueurs. En rejoignant le Réseau Sport Excellence de l’OL, qui regroupe l’élite des 29 clubs partenaires du club, des liens pré-existants entre Rhodaniens et Franciliens sont renforcés. En effet, sept joueurs du « cru boulonnais » ont déjà intégré les rangs du sextuple champion de France, parmi lesquels Hatem Ben Arfa, Zakarie Labidi, Olivier Kemen ou encore Myziane Maolida. C’est d’ailleurs l’intégration du dernier cité qui « finalisera », on peut le dire, naturellement, la signature du contrat exclusif entre les deux parties. « On partage les mêmes valeurs que l’OL. On cherchait un partenariat. Avec Lyon, c’est venu à forces d’échanges, notamment avec Patrice Girard (responsable du recrutement de l’OL au centre de formation). C’était aussi une demande de leur part, ils avaient envie de se rapprocher d’un club du bassin parisien. Pour Myziane, peu de gens croyaient en lui. Je l’ai entraîné pendant trois ans, lui était resté à quai pendant que les autres prenaient leur envol. Il a su rester patient » explique Gilles Bibé, référent du partenariat. Il en dessine les contours : « C’est un vrai partenariat avec beaucoup d’échanges. Il y’a bien évidemment la formation de nos éducateurs. L’OL est présent sur nos détections, vient voir nos matches. Je peux vous dire qu’ils connaissent toutes nos équipes une et deux. Ce n’est pas un partenariat juste pour faire de la pub ». En cas de trouvaille, le responsable du recrutement peut prendre son téléphone pour sonder le club rhodanien : « J’ai un joueur de 17 ans en R4 avec un profil intéressant. J’appelle, ils viennent l’observer. S’ils n’ont pas décidé d’aller plus loin pour l’instant, ils ont confirmé que c’était un bon joueur. L’OL est également averti dès qu’un de nos joueurs est sollicité. De quoi se positionner en cas de profil sortant du lot, « même si le choix final appartient toujours à la famille » conclut Gilles Bibé.

Le 11 type des joueurs formés à l’ACBB, réalisé en collaboration avec Gilles Bibé (Responsable Recrutement ACBB)

Titulaires :

Paul Charruau (Red Star, National 1) – Massadio Haidara (Newcastle, Premier League), Adama Soumaoro (Lille, Ligue 1), Vincent Sasso (Belenenses, D1 Portugal), Joshua Nadeau (Hansa Rostock, Bundesliga B) – Paul Lasne (Montpellier, Ligue 1), Elyes Seddiki (MC Alger, D1 Algérienne) – Allan Saint-Maximin (OGC Nice, Ligue 1), Hatem Ben Arfa (PSG, Ligue 1) – Ishak Belfodil (Wolfsburg, Bundesliga), Jean-Kévin Augustin (Leipzig RB, Bundesliga)

Remplaçants :

Marcus Thuram (Guingamp) Georges-Kévin Nkoudou (Tottenham-Burnley), Myziane Maolida (Olympique Lyonnais), Yacine Bammou (FC Nantes), Issiar Dia (Malatyaspor, D1 Turque) Yannick Aguemon (OH Louvain, D2 Belge) Olivier Kemen (OL-AC Ajaccio)…

Visuel Onze de Choc : Crédit Actufoot