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Elliot Grandin (Fréjus St Raphaël) « Ma priorité était de revenir en France »

08/02/2018 à 11:32

L'OM, l'OGC Nice, ses passages à l'étranger, sa carrière... Elliot Grandin, nouveau milieu offensif de l’Étoile FC Fréjus Saint-Raphaël, se livre sans filtre.

Elliot Grandin, pourquoi avez-vous choisi de signer avec la N2 de l’Etoile FC Fréjus St Raphaël ?

J’étais en contact avec plusieurs clubs de L2 mais ça a trainé. On arrivait en fin de mercato et le discours du coach m’a tout simplement convaincu. J’avais aussi reçu quelques offres de l’étranger mais ma priorité était de revenir en France. Le coach m’a expliqué le projet et les ambitions du président et ça s’est fait très rapidement.

Quel sont vos objectifs avec le club ?

Je veux apporter le maximum au club, mon expérience et faire monter le club en National.

Dans quel état de forme êtes-vous aujourd’hui ?

Je me sens bien physiquement et mentalement. A Chypre (sa dernière aventure), j’ai fait mes matchs ! Ça s’est super bien passé sur le plan sportif. Le problème, c’était que le club ne payait pas les salaires… C’est pour ça que je suis parti.

Comment se passe votre adaptation à Fréjus St Raphaël ?

Ce sont des joueurs que je découvre. C’est un bon groupe avec de bons jeunes. Au sein du vestiaire, c’est sain. J’ai été super bien accueilli par tout le staff et je me sens relativement bien.

Pour revenir sur votre passé, quels souvenirs gardez-vous de votre période OM ?

J’en garde que de très bons souvenirs. L’OM, ce n’est pas n’importe quoi ! Je suis fier en tant que joueur d’avoir porté le maillot olympien. J’ai côtoyé de très grands joueurs, des internationaux. A cette époque, il y avait une très belle équipe et un très bon coach. Et puis, il y a le Vélodrome et ses supporters… Quelle ambiance, quel stade ! Aujourd’hui, quand je reviens à Marseille, je suis encore très bien reçu. Les gens sont très sympas à Marseille.

Quel est le match qui vous a le plus marqué sous les couleurs olympiennes ?

Mon premier match. J’arrive à l’OM à 19 ans dans un contexte particulier et au final ça se passe super bien sur le terrain. C’est un super souvenir d’avoir marqué mon 1er but avec l’OM dès le premier match. J’ai gardé des contacts avec pas mal de joueurs. Je revois Mamad (Mamadou Niang), souvent Djibril (Cissé), Samir (Nasri). Il y en a d’autres que je croise, mais voilà, j’ai gardé de bons contacts avec eux.

Que retenez-vous de votre passage à l’OGC Nice ?

Mon premier match face à l’AS Monaco. J’ai eu la chance de rencontrer des personnes très gentilles au sein du staff comme le président de Nice avec qui je suis toujours en contact. Ce sont des personnes très accueillantes. J’ai rencontré des joueurs très sympa comme Kevin Anin que je connaissais déjà car il habitait à coté de chez moi. C’était très bref mais c’était bien ! Ce n’était pas évident sportivement car on s’est maintenu lors de la dernière journée, mais l’objectif a été atteint. Ensuite, après ça, je suis retourné en Angleterre.

Comment c’était l’Angleterre ?

L’Angleterre, c’est un autre monde, une autre ambiance. La Premier League, c’est incomparable. Lors de chaque match, tu joues contre certains des meilleurs joueurs du monde, et certaines des meilleures équipes du monde. C’est un championnat très relevé où tout le monde peut battre tout le monde. C’était un plaisir de jouer en Angleterre.

Toutes ces destinations (Bulgarie, Angleterre, Roumanie, Chypre), ça forge le caractère d’un joueur ?

Ça forge ! Ça m’a permis de découvrir différents pays, différentes cultures. Chaque pays a son football. C’était de bonnes expériences autant sur le plan sportif que sur le plan humain. A 20 ans, je suis parti au CSKA Sofia donc ça forge, bien sûr. J’arrive tout seul là-bas et  je ne sais pas parler la langue.J’ai dû apprendre l’anglais et m’imposer puis j’ai été récompensé avec un transfert en Premier League. Ça m’a transformé en homme.

Lors de ces dernières années, vous avez connu la Roumanie et Chypre mais sans jamais retrouver votre niveau. Comment vous l’expliquez ?

Ce qui s’est passé ? J’ai signé à Astra en Roumanie. C’était le tournant de ma carrière. Je n’aurais pas dû faire ça. Je jouais au plus haut niveau en Angleterre, tout allé super bien, mais aller là-bas a été une erreur. Sur le papier, c’était attrayant ! C’est un club qui jouait l’Europa League avec un président millionnaire… Lors de mon premier match, on élimine Lyon de la Coupe d’Europe, ça se passait bien. Après, j’ai déchanté… Il y avait des problèmes de paiements de salaires, les hôtels non payés, les loyers pareil, les voitures de location pas payés non plus. Ils revenaient chercher les voiture des joueurs… Je suis donc rentré en procédure contre le club, ce qui m’empêche de signer ailleurs pendant 1 an et demi. C’était le tournant de ma carrière ! Quand j’ai réclamé mon dû, ils m’ont écarté. Du coup, ça a fait un effet boule de neige… Puis, par choix de dépit, je signe à Shrewsbury Town grâce à mon ancien directeur sportif à Blackpool. Il me dit que le club n’a pas forcément besoin de quelqu’un à mon poste mais que si je veux je peux venir quand même. La procédure se termine, il ne reste pas beaucoup de temps, je prends la décision d’y aller pour ne pas faire une saison blanche.

Et par la suite, l’aventure reprend à Chypre ?

A partir de là, je me dis que je vais retrouver un truc intéressant pour me relancer, je rejoins Ermís Aradíppou à Chypre. Tout se passe super bien sur le plan sportif : je marque mes buts, fais des passes décisives… Mais sur le plan financier, c’est la mafia avec des retards de paiement. Je n’avais pas envie de revivre un truc comme à Astra et donc je décide de partir et de revenir en France, à l’Étoile FC Fréjus Saint-Raphaël, pour avoir une stabilité mais aussi pour me relancer. Ça s’est bien passé à Chypre mais en France les clubs n’ont pas eu l’occasion de le voir. J’espère que ce sera vu et que j’aurais cette stabilité que je recherche.

Aujourd’hui, le foot amateur représente quoi pour vous ?

J’ai connu ça à Caen quand j’étais jeune ! Avant de jouer avec les pros, j’étais avec la CFA. C’est un niveau que j’ai connu dans le passé, il y a très longtemps. Je ne suis pas dépaysé !

Vous avez joué 90 minutes ce weekend. Comment vous êtes-vous trouvé ?

Oui, j’ai joué 90 minutes avec l’équipe. Je me suis senti à l’aise, bien ! Le groupe joue bien et en plus, on a gagné.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

On peut me souhaiter le meilleur, faire monter le club de Fréjus Saint-Raphaël en National. Et après, on verra ce que l’avenir me réserve…