CFA 2Groupe D

Eric BRAUN (FC Lunéville) : « À un moment, il faut savoir se retirer »

13/04/2017 à 9:11

Lors de l’arrivée d’Eric Braun au FC Lunéville, le club évoluait en PH. Quatorze années plus tard, les Lunévillois sont en passe d’obtenir leur maintien en CFA 2. Entre temps, le FCL a pu enrichir son palmarès avec trois coupes de Lorraine et autant de trophées de champion. Mais l’été prochain, l’entraîneur passera la main à Rachid Maatar. Avant cela, il s’est confié en toute franchise.



Eric Braun, après quatorze saisons à la tête de l’équipe première du FC Lunéville, vous avez décidé de passer la main l’été prochain. Pourquoi ?

Cela fait déjà un ou deux ans que je commence à être usé et fatigué. Ce poste est très prenant et pour bien figurer en CFA 2, le club doit se doter d’un entraîneur à plein temps. Comme c’est notamment le cas à Forbach, Pagny-sur-Moselle ou même à Jarville. Moi, je n’en ai pas envie mais je n’ai pas non plus les moyens puisque je travaille à côté de mon poste d’entraîneur. Je pense aussi que j’ai fait mon temps, même si les résultats sont très bons cette année. Il faut savoir se retirer à un moment et il me semble que c’est le meilleur moment.

Ce poste d’entraîneur à plein temps pourrait donc permettre au club de passer un nouveau palier ?

Parfois, certains joueurs ne peuvent pas se présenter aux entraînements à cause de leur profession. Avoir un entraîneur à plein temps, cela permet de programmer également des séances le matin pour les joueurs n’ayant pas la possibilité de s’entraîner le soir. C’est donc un passage obligatoire pour que le club puisse continuer à progresser.

Un changement dans la continuité

Les rumeurs circulaient depuis plusieurs jours mais votre départ a finalement été confirmé dimanche soir. Pourquoi avoir décidé d’annoncer cela avant la fin de saison ?

Les joueurs savaient depuis un moment et ils espéraient que j’allais continuer. À côté de cela, le club avait également commencé à engager les discussions avec Rachid Maatar. Cela commençait tout doucement à fuiter puisque les joueurs posaient des questions et même les autres entraîneurs m’en parlaient. Dans le milieu du football, tout se sait très rapidement. De toute façon, le club a souhaité acter les choses rapidement. C’est donc une décision prise d’un commun accord. Au final, c’est un changement dans la continuité.

Votre successeur est déjà connu, puisqu’il s’agit de Rachid Maatar. Avez-vous joué un rôle dans sa nomination ?

Au départ, j’ai proposé que Brahim Boucherab, mon adjoint, prenne la relève, sauf qu’il n’a pas les diplômes nécessaires. J’ai donc proposé de le couvrir et qu’il fasse sa formation en parallèle. Après s’il ne l’obtient pas, dans un an, cela aurait été le même problème. Le club m’a donc parlé de Rachid et sa candidature a été retenue. Il va venir restructurer le club et cela même au niveau des équipes jeunes. J’espère qu’il aura la même réussite à Lunéville, que celle qu’il a pu avoir avec les jeunes de l’ASNL, même si ce n’est pas le même travail.

Une grande saison

Malgré votre départ du banc de touche du FCL, l’aventure avec le club ne se termine pas pour autant…

Effectivement, je ne souhaitais pas trop m’éloigner des terrains. En quatorze années avec l’équipe première, je n’ai jamais loupé une seule rencontre. J’ai donc passé beaucoup de temps au club et je ne voulais juste plus avoir des contraintes horaires. Je souhaitais tout de même rester dans l’encadrement, à un poste qui ne nécessite pas une présence en continu. Je me dirige vers le recrutement, la supervision des adversaires. Chaque week-end, je parcours les stades de première division à CFA, je connais donc tout le monde. Je vais donc me servir de mes yeux et de mes oreilles pour aider le club à grandir.

Pour votre dernière saison en tant qu’entraîneur, le FC Lunéville réalise une saison de qualité…

Oui, nous faisons une grande saison. Au départ, nous visions le maintien avec Arnold Lemb. C’était notre meilleur joueur mais il est parti voir au-dessus après seulement trois journées. Durant ces trois matchs, il a inscrit six buts et alors qu’il reste seulement cinq journées, il est encore le meilleur buteur de l’équipe. Cela prouve son importance. Malgré cela, nous sommes en passe de se maintenir et nous nous dirigeons même vers un maintien au-delà de nos espérances. Si nous l’emportons ce week-end, nous grimperions à la cinquième place et nous serions déjà sauvé à quatre journées du terme de la saison. Par ailleurs, nous avons porté haut les couleurs de la Lorraine en allant jusqu’en 32e de finale de la coupe de France, chose qui n’était plus arrivée depuis 94 ans à Lunéville.

Une dernière non sans émotion

Quels sont les objectifs de cette fin de saison ?

Nous visions le maintien avec les deux équipes et à cinq journées de la fin de championnat, notre équipe réserve possède huit unités d’avance sur Epinal C. Lorsque j’ai pris en main l’équipe fanion, il y a quatorze ans, elle évoluait en PH. Finalement, je vais partir, elle sera en CFA 2 et l’équipe réserve a des chances de rejoindre la PH. Nous sommes également encore en lice en coupe de Lorraine. Terminer par une finale serait donc une fin en apothéose. C’est le meilleur moment pour laisser ma place. Il vaut mieux partir quand on est encore apprécié que lorsqu’il est trop tard.

Durant vos quatorze ans sur le banc, on ne peut que constater votre rôle dans le développement du club…

Avec le FCL, j’ai connu quatre finales de coupe de Lorraine et trois victoires. Mais également quatre trophées des champions pour trois victoires et nous sommes montés de la PH jusqu’à la CFA 2. Je suis donc une personne importante dans le développement du club en tant qu’entraîneur, mais la décision que j’ai prise est mûrement réfléchie. J’arrête, ni déçu, ni amer, ni triste. Evidemment, ma dernière sur le banc de touche ne sera pas sans émotion. Mais dans les années à venir j’espère encore voir Lunéville au-dessus de ce qu’il a déjà fait jusque là.

Quel est votre meilleur souvenir avec le FC Lunéville ?

La Martinique ! (Sans hésitation).

Pourquoi ce séjour en Outre-mer au détriment des différents trophées glanés ?

Ce long voyage a permis au groupe de souffrir ensemble. Là-bas, nous n’étions pas en vacances et nous avons travaillé durement. Cela demandait beaucoup d’efforts. Avec le staff, nous nous attendions à devoir manier le bâton mais durant la semaine, nous n’avons strictement rien eu à redire sur le plan disciplinaire. Même les membres de l’hôtel, habitués à recevoir des équipes venant de métropole, étaient étonnés. Nous étions vraiment dans un cadre idyllique, il y avait tout pour faire la java et pour ne pas penser au football. C’est le point de démarrage de notre très bonne fin de saison. Après, la première coupe de Lorraine, le 32e de finale de la coupe de France, la montée en CFA 2 sont également important à mes yeux. Ici, j’ai une multitude de trophées et de satisfactions.

Propos recueillis par Sébastien Gobbi

Photo : Ligue Lorraine de Football