Coupe de FranceDemi-finale

FC Chambly, en mémoire du père

13/04/2018 à 17:28

Fondé en 1989, le FC Chambly disputera une historique demi-finale de coupe de France mardi soir face aux Herbiers, à Nantes, dans un stade de la Beaujoire plein à craquer. Un moment exceptionnel mais aussi rempli d'émotions pour tout un club, un président et un entraîneur en particulier...

Une immense joie conjuguée à une terrible douleur. Le 28 février 2018 restera à tout jamais un jour à part dans l’histoire du FC Chambly. Alors que l’équipe fanion, pensionnaire de National, obtenait une historique qualification pour les demi-finales de la coupe de France après avoir battu 1-0 le RC Strasbourg (Ligue 1), tout un club apprenait le décès de Walter Luzi. Le fondateur du club et père du président et de l’entraîneur s’éteignait le soir d’une retentissante performance.

Fondé en 1989, le club qui dénombre cette saison presque 700 licenciés a vite grandi. « Pour nous, la DH, c’était notre Graal. On partait de la cinquième division de district », sourit Fulvio Luzi (54 ans), le patron du club depuis 2001 et ex-entraîneur entre 1989 et 2001. Pour mieux gravir les échelons. Jusqu’à effleurer du bout des crampons la Ligue 2 et échouer finalement d’un rien dans cette quête en mai 2017. « On est un club très ambitieux qui se remet sans arrêt en cause, ajoute le dirigeant, ancien journaliste au Parisien de 1982 à 1993. On ne se repose pas sur nos lauriers. Bien souvent après des victoires, les choses qui n’ont pas été bien faites ressortent immédiatement plutôt que le positif. » « Jouer une demi-finale de coupe de France, c’est une fierté, confirme Bruno Luzi (52 ans), coach depuis 2001. On est un jeune club de même pas 30 ans. On ne se rend pas compte mais ce n’est juste pas rien. Pour l’instant, on est dedans mais on n’arrive pas à prendre du recul pour bien analyser. »

« Il faut pouvoir survivre à ça »

Implanté au sein d’une « petite ville dortoir »« il n’y a pas de grandes entreprises », le club phare de l’Oise « a toujours de l’ambition » même si, cette saison, il lutte, comme Les Herbiers, pour conserver sa place au troisième niveau national. « La coupe a été une grosse bouffée d’oxygène pour rebondir en championnat mais ça a été pénalisant ensuite. Ça nous a relancé quand on a joué les premiers tours, après ça a été l’effet inverse parce que les joueurs ne jouaient pas en championnat. » L’esprit tourné vers la coupe.

Éliminé en seizième de finale par Lyon en 2016 (2-0) puis par le champion de France Monaco l’année passée (5-4 après prolongation), Chambly est déterminé à aller au bout de l’aventure. « On joue un adversaire de notre calibre. Les deux équipes sont très proches. Le perdant aura beaucoup d’amertume. Il faut pouvoir survivre à ça », sait Fulvio Luzi. « On se prépare normalement pour ne pas se rajouter de pression, indique Bruno Luzi. On arrive sur Nantes dimanche soir. On ne s’entraînera pas à la Beaujoire mais on ira visiter, s’imprégner des lieux la veille du match. Des enseignements ? Pas grand-chose. Ils étaient bien et ils nous ont contré au match aller (défaite 0-2) et on était pas mal et on les a contré au match retour (victoire 1-3) (rires). Comment ça va se passer à la Beaujoire ? Je n’en sais rien. Vous demanderez à Stéphane Masala parce que ça m’intéresse de savoir ce qu’ils vont faire. On ne peut pas prévoir à l’avance. Ce sera un match complètement différent du championnat. »

« On aimerait tant lui dédier la finale »

Avec un enjeu sportif mais aussi financier. « La coupe de France, ce sera l’exploit d’une vie. Mais si jamais on doit descendre, ça m’obligera certainement à licencier des gens, présage Fulvio Luzi. Ça ne nous rapporte pas tant que ça. On donne beaucoup aux joueurs et à l’Urssaf. Par contre, si on va en finale et qu’on est rétrogradé, je pense qu’on pourra garder tout le monde. » Un billet pour le Stade de France pourrait aussi gonfler le moral des troupes au moment de repartir au combat pour le maintien. D’autant que depuis son lancement, le FC Chambly n’a jamais connu une seule relégation. Une fin de saison qui aurait passionné Walter Luzi.

Alors, mardi soir, au moment de pénétrer dans l’arène nantaise, l’émotion devrait être grande. « On aimerait tant lui dédier la finale. Mon frère et moi, on y pense grandement », ne cache pas Fulvio Luzi. « Ça serait symbolique de pouvoir aller au Stade de France pour lui », murmure, pudiquement, Bruno Luzi. En mémoire du père.

Charles-Henri Chailloleau

Visuel : Actufoot / Crédit Photos : FC Chambly