National 2

Au FC Sète 34, la vie n’est pas un long fleuve tranquille

04/05/2018 à 17:26

Le FC Sète a écrit ses plus belles pages lors de ses premières années d'existence. Faite de (très) hauts et de (très) bas, de titres et de relégations administratives, l'histoire de ce club centenaire est riche même si, bataillant en National 2 depuis quatre ans, il évolue dans l'ombre d'un monde professionnel connu jadis.

Le FC Sète 34 est un vieux monsieur né en 1914. Alors que la Première Guerre mondiale avait contraint l’Olympique de Cette
(1900-1914) à cesser ses activités, des passionnés ont alors décidé de recréer un club baptisé le FC Cette (1914-1928) comme le nom de la ville où est né Georges Brassens s’orthographiait à l’époque. Cette devient Sète en 1928.
« Monsieur Schlegel sera le premier président du club. Victor Gibson, un Écossais ancien joueur de l’Olympique de Cette et passionné du Celtic Glasgow, est à l’origine des couleurs du FC Sète (vert et blanc). Il a fait venir pas mal de joueurs britanniques », raconte Fabio Di Santo. Âgé de 35 ans, cet ancien licencié du club héraultais dans les catégories jeunes est un féru du FC Sète. Créateur de la page Facebook Le FC Sète, plus qu’un club un mythe, il officie en tant que speaker au stade Louis-Michel et œuvre aussi à la communication. « Le professionnalisme est né en France en 1932 et Sète a participé au premier championnat national. La deuxième saison, il réussit le doublé en remportant le championnat et la coupe de France. Il avait déjà gagné la coupe de France en 1930 », poursuit ce « fan de foot » depuis qu’il est « minot ».

En 1939, les Sétois règnent en maître une deuxième fois sur le football français. Emmenés par le franco-hongrois Désiré Koranyi, meilleur buteur de l’histoire du club, ils participent ensuite au championnat en Zone libre et s’inclinent en finale de la coupe de France face au Red Star. La Seconde Guerre mondiale provoque la chute du club. « C’était aussi la fin d’un cycle et il y avait moins d’argent », indique Fabio Di Santo. Après avoir frôlé la relégation en D2 plusieurs fois de suite, le FCS ne l’évite pas en 1953-1954. Un échec auquel n’assisteront pas Emmanuel Gambardella, ancien journaliste et président de la FFF dont la coupe nationale U19 porte son nom, et Georges Bayrou, ex-président, qui donnera son nom au stade du FC Sète, disparus en 1953.

Le retour en Ligue 2

En 1960, le club dépose le bilan et repart au niveau régional avec des joueurs du cru. « En 1962, Sète joue contre Saint-Étienne en coupe de France. Mené, Sète a égalisé et le président de l’époque Louis Michel a fait un arrêt cardiaque au moment du but et est mort », confie Fabio Di Santo. Le nouveau stade de Sète, inauguré en 1990 porte d’ailleurs le nom de l’ancien dirigeant en fonctions entre 1952 et 1962. En 1968, le club remonte en CFA puis retrouve la D2 en 1970 avant de tomber en D3 en 1977 puis de reprendre sa place dans l’antichambre de l’élite en 1983. « En 1989, l’équipe est rétrogradée en D3 alors qu’elle s’est maintenue sur le terrain. Le foot est délaissé. Le club (renommé FC Sète 34) végète ensuite en National puis en CFA. En 2001, le club remonte en National et élimine Montpellier et Cannes, qui étaient en D2, en coupe de France avec neuf, dix joueurs issus de Sète. Le club se refait une santé et accède à la Ligue 2 en 2004-2005 en terminant troisième avec, en grande majorité, des joueurs du cru », retrace Fabio Di Santo.

Pour leur retour dans le monde pro, les Vert et Blanc vivent « une saison 2005-2006 détestable ». Et l’arrivée au mois de janvier de l’international français Franck Sylvestre (ex-Sochaux, Auxerre, Montpellier, Bastia, Sturm Graz) en fin de carrière ne change rien à l’issue. Dans les années 2000, les entraîneurs (dont Ludovic Batelli, Christian Sarramagna, Thierry Laurey…) se succèdent notamment sous la présidence d’Émile Anfosso. Au terme de sa troisième année consécutive en National, le club bien que maintenu sportivement est une nouvelle fois rétrogradé administrativement et placé en liquidation judiciaire. « En 2009, il n’y avait que des joueurs du cru. Le club a dû piocher des joueurs dans le club voisin de la Pointe Courte. Les voyages se faisaient dans des minibus prêtés par un sponsor », glisse Fabio Di Santo. Endetté, le FC Sète 34 repart en DH d’où il ressort trois ans plus tard.

Nouvelle direction

Jean-Marie Berthier arrive alors aux affaires en 2011 succédant à Pierre Di Tucci. « Le maire m’avait demandé de reprendre le club », rappelle le dirigeant qui confie alors les clés de l’équipe fanion à Laurent Scala de retour au club après un passage lors de l’exercice 2001-2002. Sous la houlette de ce binôme, la formation héraultaise remonte la pente en obtenant deux montées (en CFA2 en 2012 puis en CFA en 2014). En 2014, le capitaine et joueur emblématique fidèle de toujours Christophe Rouve – devenu coach adjoint – et ses coéquipiers atteignent même les quarts de finale de la coupe de France mais sortent de l’épreuve battus par Moulins (CFA). Un parcours digne des plus belles heures du club qui ravive des souvenirs.

En National 2 cette saison pour la quatrième année d’affilée, Sète (7e) rentre dans ses objectifs. Et travaille selon ses moyens. « On fait un bon parcours cette année. On essaye de trouver des solutions mais ce n’est pas évident. Pour continuer à avancer, on a besoin d’investisseurs nouveaux. Le National ? Ça serait compliqué. Ça se prépare. Les joueurs sont gourmands (sourire). Il faut se stabiliser au niveau des finances (budget de 800 000 €) mais les sponsors se font rares », constate Jean-Marie Berthier qui vient de s’attacher officiellement les services de Nicolas Guibal, nouvel entraîneur pour la saison prochaine en remplacement de Jean-Luc Muzet. « Nicolas, je l’ai eu comme joueur quand j’étais président de l’AS Frontignan », précise-t-il. Un nouveau technicien recruté pour donner une nouvelle dynamique au FC Sète, club historique où la vie n’est jamais un long fleuve tranquille.

Charles-Henri Chailloleau

Crédit photos : FC Sète