Interview

Philippe Ferroni : « Le foot de haut niveau ne serait rien sans les petits clubs »

07/04/2020 à 19:39

Philippe Ferroni, président de l'AS Furiani Agliani, est inquiet comme beaucoup d'autres dirigeants du football français. Il s'est fendu d'un tweet en ce début de semaine pour tirer la sonnette d'alarme sur la situation du monde amateur et s'en explique pour Actufoot.

Président, pourquoi avoir posté ce tweet ?

Je suis simplement inquiet face à la situation qui se profile. On va sûrement me reprocher que ce n’est pas le moment  pour parler de ça. Évidemment le plus important actuellement est que la situation sanitaire s’améliore, mais ça ne m’empêche pas de penser à l’avenir du football amateur et de mon club en particulier.

Vous évoquez un grand danger financier qui guette le football amateur. A quel niveau ?

À tous les niveaux. Si le championnat ne reprend pas, ce à quoi je m’attends, les recettes des entrées, de la buvette (etc.), sont un gros manque à gagner pour un petit club comme le nôtre. Le tournoi que nous organisons habituellement pendant le week-end de l’ascension nous permet de boucler notre fin de saison. Et cette année, tout porte à croire qu’il n’aura pas lieu.

Tous les clubs seront dans le même cas si le championnat ne reprend pas…

Bien sûr, je pense à mon club, mais cette problématique sera rencontrée par tous les petits clubs amateurs. Il ne faut pas oublier que le football de haut niveau n’existerait pas sans les petits clubs. Nous attendons que la Fédération Française de Football prenne des décisions rapidement.

Justement, quelles solutions concrètes attendez-vous ?

Ce que j’attends de la Fédération c’est un geste fort et une prise de décision rapide. Nous avons besoin d’un appui financier pour compenser le manque de la saison actuelle et une aide financière pour la saison prochaine.

« Nous sommes vraiment dans le flou »

Quelle relation entretenez-vous avec la Ligue Corse ? Avec les autres présidents ?

Notre relation avec la Ligue est vraiment bonne, nous échangeons très souvent au téléphone, il arrive même que nous nous retrouvions autour d’un café avec le président. Avec les présidents des autres clubs corses de National 3 (ACA, Gallia et Balagne) nous nous appelons très souvent, presque quotidiennement. Eux aussi sont très inquiets par rapport à la situation.

Vous évoquez les clubs de National 3, y’a-t-il des discussions avec les autres clubs du continent, le projet de créer un collectif à l’instar des clubs de National 2 ?

Non à ma connaissance il n’y a aucune association prévue. Je n’ai d’ailleurs aucun contact avec les autres clubs de National 3.

Pour finir, comment gérez-vous la situation notamment au niveau administratif ?

Beaucoup de nos joueurs sont des bénévoles qui travaillent à côté et pour lesquels nous remboursons les défraiements, mais nous avons tout de même 12 personnes sous différents contrats. 4 en contrat d’apprentissage, 1 contrat fédéral, 3 contrats civiques, 2 CDI (l’entraîneur de l’équipe première et celui de la réserve) et 2 contrats PEC. 12 personnes que nous indemnisons en chômage partiel et pour lesquelles nous attendons un remboursement.
Donc on ne peut pas dire que nous réalisons des économies en cette situation. Nous sommes vraiment dans le flou.