Interview

Foot amateur, élections de la FFF, PSG… Les vérités de Luis Fernandez !

08/11/2020 à 12:00

L'ancien coach du Paris Saint Germain et actuel consultant pour Bein Sports, Luis Fernandez s’est exprimé sur plusieurs sujets pour RGB 99.2 FM et Actufoot. Retrouvez un florilège des meilleurs moments.

Ses débuts aux Minguettes (69), la future élection à la présidence de la Fédération Française de Football en 2021, l’équipe de France sous l’ère Didier Deschamps, le Paris Saint Germain, la formation parisienne ! Mais aussi, Karim Benzema, Kylian Mbappé, Ronaldinho… Extraits.

Son attachement pour le football amateur et ses débuts aux Minguettes

« Je suis quelqu’un qui suit le football amateur depuis pas mal de temps, ayant été un acteur de ce football dans ma jeunesse au sein de mon quartier des Minguettes. J’ai grandi avec tous ces bénévoles de l’AS Minguettes, ces dirigeants, tout le bien qu’ils m’ont donné. C’est pour ça que j’ai un regard bienveillant sur le football amateur parce que j’estime que c’est tout un pays, ce n’est pas que la région parisienne. Tout commence par le football amateur. J’ai beaucoup d’admiration pour les bénévoles, qui font un bien énorme, qui aident les clubs. Sans les Minguettes, je ne serai pas là à te parler au téléphone, je ne serai certainement devenu ce que je suis devenu, et l’international, le capitaine, l’entraîneur du PSG, à Bilbao et même à l’AS Cannes. Ce club fait partie aussi dans lequel j’ai pu me lancer en tant qu’entraineur. Je suis toujours en contact avec eux. »

En atteste son attachement à ses racines, Luis Fernandez est devenu le parrain du FC Vénissieux, né de la fusion des clubs de l’AS Minguettes et de l’US Vénissieux en 2018. (Photo : FC Vénissieux)

Les conséquences du Covid sur la saison de football

« Le football va entrer dans une période un peu difficile et il faut remercier le personnel infirmier pour leur travail et avoir une pensée pour ceux qui nous ont quittés et pour les supporters. Il va falloir remettre, rebâtir. Il faut penser à tous les détails, s’asseoir, échanger. Je suis un passionné lorsqu’il y a du partage. Et mon partage à moi, c’est toute cette diversité qu’il y a dans ces stades, ces communautés avec qui je suis heureux de passer du temps. Il faut recréer du dynamisme, de l’envie. »

Il veut trouver un candidat pour briguer la présidence de la FFF afin que les anciens joueurs soient davantage représentés dans le football français

« Ce n’est pas une question de partir en campagne, c’est préparer, c’est anticiper, c’est l’occasion d’échanger avec les anciens bleus de 1984. Que ce soit l’Allemagne, l’Italie, l’Angleterre, des anciens sont devenus des consultants comme en France mais d’autres ont des activités dans des clubs sportifs, dans des clubs où ils ont eu l’occasion de jouer, de s’exprimer, de réussir. En France, on n’a pas cette culture ! On met de côté le passé. (…) Dans ces pays-là, il y a une culture, un respect de ces anciens qui ont participé. En France, on a peur de prendre leur place, c’est ce qui m’interpelle. C’est pour ça qu’il faut arrêter. Je vais vous donner un exemple, dans le football amateur, il y a des anciens qui ont l’histoire du club, de leur région et qui ont eu un niveau assez élevé dans le football. Si demain, ces personnes-là travaillent pour leur région, pour le football, les parents vont avoir plus de confiance pour mettre leurs enfants dans ces clubs-là »

« Pourquoi le siège de la Fédération Française est à Paris ? Pourquoi ne serait-t-il pas à Lyon, Nantes où à Rennes ? »

« Attention, il y a des gens bien dans le football qui savent parler. Mais par rapport à la culture, au passé, on les fait participer dans les ligues, avec les conseils régionaux. Alors qu’aujourd’hui, ils n’ont pas encore compris. Pourquoi le siège de la Fédération Française est à Paris ? Pourquoi ne serait-t-il pas à Lyon, à Nantes où à Rennes. La Fédération a un devoir, celui d’intégrer les anciens dans chaque région et être un relais pour aider, pour apporter une expérience acquise dans le monde du football. C’est pour ça que je travaille dans ce sens-là. Je ne dis pas que les gens qui sont à la Fédération travaillent mal. (..) J’ai parlé de ce projet avec Michel Platini et il m’a dit « Bravo ». En France, on fait en sorte de te mettre des bâtons dans les roues, pour t’attaquer un peu, te déstabiliser, mais j’ai une chance par rapport à d’autres. C’est que je n’ai pas de casseroles, pas de dossier, je peux faire tranquillement ce que j’ai envie de faire. »

L’équipe de France, Didier Deschamps et le cas Benzema

« Quand je travaillais sur RMC et j’allais voir assez souvent l’Olympique Lyonnais à Gerland, j’ai eu l’occasion de le voir débuter (Benzema) et ensuite de le voir arriver en équipe de France. Il n’était peut-être pas dans les meilleures dispositions. Car le Karim Benzema d’aujourd’hui n’est pas celui d’une époque où il était en difficulté au Real Madrid pour s’imposer, avec un entraîneur comme Mourinho qui essayait de le déstabiliser. Didier Deschamps l’avait assez souvent défendu en allant jusqu’à dire : « Comment peut-on encore mettre en doute les qualités d’un joueur qui est titulaire dans un club comme le Real Madrid ». Deschamps est quelqu’un que j’aime beaucoup. Il n’en n’avait pas après Benzema, au contraire c’était un fervent supporter de Karim mais les fameuses histoires de l’époque ont complètement déstabilisé cette situation-là. Entre-temps, un groupe est né et a eu des résultats. Moi, j’aurais bien aimé que l’équipe de France soit championne du monde avec Benzema ! »

Kylian Mbappé et la tentation Real Madrid

« Pour l’instant non, il est au Paris Saint Germain. Il est jeune, talentueux, il a besoin de s’aguerrir, d’avancer avec un garçon comme Neymar avec qui il entretient une bonne relation. Kylian doit encore grandir, il est jeune et a une marge de progression. A lui de faire les bons choix. Aujourd’hui il est dans un bon club, le Paris Saint Germain ! »

« La formation du PSG est en grand danger »

La formation du PSG, où il a oeuvré

« Il faut se poser les bonnes questions sur la structure sportive pour encadrer, pour accompagner ses jeunes dans les meilleures dispositions. Moi j’ai préféré arrêter car je ne voulais pas être complice ou associé dans une structure qui ne pouvait accepter le travail vis-à-vis des jeunes. La formation du PSG est en danger, il faut faire très attention. Il faut tenir un bon discours. »

En août 2017, Luis Fernandez effectue un troisième retour dans son club de cœur en tant que directeur sportif du centre de formation du Paris Saint-Germain. Une expérience de courte durée pour l’ex-joueur et coach du PSG, en désaccord avec sa direction notamment sur certains recrutements bloquant l’accès à l’équipe première à des jeunes prometteurs du centre

Sa gestion du cas Ronaldinho, personnage devenu « un vrai gâchis »

« Je n’ai jamais de regrets, j’ai fait mon travail, j’ai fait ce que j’avais à faire. J’ai la conscience tranquille, celle d’avoir servi mon club. La première saison, il avait été remarquable. Avec mon staff, on a réussi à en faire un champion du monde. La deuxième année, ses proches quittant Paris pour rentrer au pays, il s’est donné des libertés pour sortir. Et les dirigeants du Barça l’ont déstabilisé pour partir la saison d’après. Le problème cette saison-là, c’est qu’on n’avait pas les moyens d’aujourd’hui. Avec les moyens financiers actuels, on aurait pu le retenir. Le PSG n’était pas encore devenu ce qu’il est devenu à l’heure actuelle. Je n’ai pas de regrets, lui doit en avoir. Lorsque je le vois finir dans une prison avec son frère, j’ai de la peine car ce garçon est un vrai gâchis. La deuxième année, il a choisi ses matches, il a touché les gens car il a marqué à l’aller comme au retour contre Marseille. J’ai eu plusieurs discussions avec lui. J’avais un président qui n’était pas un président de club, Monsieur Perpère (ex-boss du PSG en 1998 et 2003), ce n’était pas l’homme de la situation. L’institution n’était pas respectée à mon époque. »

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Farid Rouas avec Thomas Gucciardi