Interview exclusive

François Clerc (ex-OL & ASSE) : « Les derbys qui marquent sont ceux que l’on gagne »

24/01/2021 à 10:30

Passé par l'OL, où il glana trois titres de champion de France (2006, 2007, 2008), et l'ASSE, l'ancien international François Clerc occupe aujourd'hui la fonction de président du FC Andrézieux-Bouthéon (N2). Pour Actufoot, il évoque ses nouvelles responsabilités et se remémore son passé de joueur à quelques heures d'un derby très particulier.

Un pronostic à nous livrer pour le derby de dimanche ?

Il est toujours difficile de faire un pronostic mais étant donné les forces en présence et les dynamiques, nous voyons bien que l’OL est dans une meilleure forme que l’ASSE. Malgré la défaite à domicile face à Metz qui est venue mettre un terme à une série exceptionnelle depuis la fin du mercato, Lyon est logiquement favori pour ce derby. Les meilleurs joueurs sont restés et les recrues ont apporté une qualité supplémentaire. En face, Sainté est en difficulté cette saison, l’équipe a du mal à gagner des matches et subit actuellement l’impact du covid. Ils sont dans une position d’outsider. Après, sur un match tout est possible. Un derby est toujours particulier, des faits de jeu, des décisions arbitrales, peuvent bousculer les pronostics. Je le regarderai avec plaisir, même si sans les supporters la rencontre perd un peu de son charme.

Je me souviens notamment du 1-1 à Geoffroy-Guichard où Benzema égalise sur coup franc dans le temps additionnel

Un souvenir de derby à nous partager ?

Comme je dis souvent, les derbys qui marquent sont ceux que l’on gagne. Il y a toujours beaucoup de tension. Les moments qui suivent sont sympas. Avec Lyon, j’ai eu la chance de tomber dans une période de domination où nous n’en perdions pas. Nous les remportions même fréquemment, avec quelques matches nuls aussi. Je me souviens notamment du 1-1 à Geoffroy-Guichard où Benzema égalise sur coup franc dans le temps additionnel (ndlr : le 27 janvier 2008). A Sainté, l’écart était moins important avec l’OL, les deux équipes se tiraient plus la bourre que lorsque je jouais à Lyon et j’ai pu en remporter quelques uns aussi.

Avez-vous gardé des contacts au sein des deux clubs ?

Bien sûr. Il y a de moins en moins de joueurs avec lesquels j’ai joué à mesure que les années passent mais je connais encore beaucoup de monde au sein des deux staffs.

Envisagez-vous de nouer des partenariats entre ces deux clubs et le FC Andrézieux-Bouthéon ?

Actuellement, nous n’avons noué de partenariats avec personne. Mais comme nous sommes aujourd’hui un club attractif, nous envoyons chaque année et de plus en plus régulièrement des jeunes joueurs à l’OL ou à Sainté. C’est aussi une fierté pour nous.

Quelles fonctions occupez-vous aujourd’hui au sein du FC Andrézieux-Bouthéon ?

Je suis le président de la société, qui englobe les équipes premières, en collaboration avec Philippe Pradier, le président de l’association. Au quotidien, je suis très régulièrement au club pour m’occuper de la gestion quotidienne. Même s’il n’y a pas de matches en ce moment, il y a toujours quelque chose à faire.

Cela va faire bientôt deux ans que vous occupez ces fonctions. Comment s’est passé l’adaptation à ce nouveau costume ?

Bien. Il y a beaucoup de choses à gérer dans un club qui compte entre 500 et 600 licenciés. Nous avons permis aux jeunes d’évoluer aux meilleurs niveaux régionaux, voire plus haut comme cette année avec les U17 Nationaux. Je peux m’appuyer sur les salariés et les bénévoles qui m’aident beaucoup. C’est un travail qui me passionne et une belle aventure pour le moment.

Le FC Andrézieux-Bouthéon se porte plutôt bien en championnat après un début de saison compliqué, quels sont les objectifs de l’équipe-fanion en N2 ?

Nous avons été en difficulté lors du début de saison. Mais les modifications dans l’effectif et le changement de système nous ont fait beaucoup de bien. La mayonnaise a pris. Nous étions sur une bonne dynamique avant l’arrêt des championnats. Nous sommes dans une poule très relevée et c’est une belle satisfaction d’être revenu dans le premier tiers du classement. Il y a très peu d’écart entre le premier et le cinquième. L’objectif à terme est d’aller voir plus haut mais, pour moi qui redécouvre ce niveau, je sais qu’il faut rester patient et garder de l’humilité. C’est la cinquième saison consécutive du club à ce niveau-là, nous sommes avec des équipes mythiques, qui ont déjà évolué en Ligue 1, des gros budgets aussi. Nous avons de l’ambition mais nous ne nous donnons pas d’objectifs inatteignables. Restons dans l’ombre et continuons de travailler.

Je me satisfait aussi que la Fédération ait pu négocier avec l’état le maintien des tours amateurs pour ne pas transformer cette Coupe de France en Coupe de la Ligue

Comment avez-vous reçu l’annonce du maintien du 6ème tour de Coupe de France pour les clubs amateurs ?

Pouvoir rejouer, c’est toujours une bonne nouvelle. Trois mois sans compétition, ça commence à faire un peu long. Maintenant, même si nous espérons pouvoir reprendre aussi le championnat dans un deuxième temps, nous allons nous satisfaire de cette annonce. Je comprends la réaction de certains clubs amateurs qui pointent du doigts les modalités d’organisation de ce 6ème tour. 10 jours c’est court et le protocole sanitaire est lourd, même pour un club comme le nôtre. Mais je me satisfais aussi que la Fédération ait pu négocier avec l’état le maintien des tours amateurs pour ne pas transformer cette Coupe de France en Coupe de la Ligue.

Percevez-vous l’organisation de ce 6ème tour comme un test avant une éventuelle reprise des championnats nationaux, notamment le N2 ?

Je le pense oui. Après je ne suis pas dans les petits papiers de la Fédé donc je ne veux pas non plus dire de bêtises. Mais pour moi, l’idée est de voir comment chacun se comporte sur ce mois de février avant de tabler sur une reprise des championnats. La situation sanitaire reste correcte pour le moment, donc si la Coupe de France se passe bien ce serait super de pouvoir reprendre en N2 pour le mois de mars, en jouant les six matches de la phase aller pour terminer sur des playoffs. Nous reprenons les entraînements normalement cette semaine. Nous avons la chance d’avoir des joueurs disponibles en journée, c’est un grand confort pour éviter le couvre-feu. Reste la question des tests, c’est un peu nouveau pour nous. Cela nécessite de la logistique mais nous nous organisons avec nos bénévoles afin de gérer au mieux cette problématique. En Coupe de France, le protocole implique des tests PCR deux à trois jours avant le match et un antigénique le jour du match pour tous les joueurs inscrits sur la feuille de match.

Propos recueillis par Simon Marachian

Photo : FC Andrézieux-Bouthéon