Affaire Strasbourg - FleuryU19 Nationaux

François Keller (RCSA) : « Je refuse que l’on ne gagne pas proprement »

13/02/2019 à 11:20

Depuis ce week-end, c'est le match de la discorde. Dans les arrêts de jeu de la deuxième mi-temps, Strasbourg marque le deuxième but, synonyme de victoire, contre Fleury. Les Franciliens dénoncent un manque de fair-play des Alsaciens qui n'ont pas rendu le ballon, sorti volontairement pour soigner un joueur blessé. En exclusivité pour Actufoot, le RCSA, par la voix de François Keller, le directeur de son centre de formation, regrette cette action litigieuse. Il va demander à rejouer le match...

C’est l’histoire d’un match qui aurait dû se terminer comme des milliers d’autres chaque week-end, partout dans le monde. Avec un nul, ou un but sur cette fameuse dernière action qui amène la victoire et qui prolonge, si souvent, autant l’allégresse que l’amertume. Et, tout ça, dans les pures règles du football qui anime des millions de passionnés. C’est ce vers quoi la rencontre de la 17e journée du groupe B de U19 National entre le RC Strasbourg et le FC Fleury se dirigeait. A l’entame des arrêts de jeu, le score est de 1-1. « C’était logique, dans l’ensemble », relève le coach francilien, Mourad Jalliti. C’est alors que la partie change de dimension. Le technicien décrit l’action. « À la 91ème, suite à un choc à la tête avec un joueur adverse, notre buteur du jour se blesse sérieusement et nous sortons le ballon en touche délibérément pour lui apporter des soins. Le match s’est passé dans une très bonne atmosphère tout au long de la rencontre. Strasbourg devait, comme cela se passe sur tous les terrains de football professionnels et amateurs, nous rendre le ballon… Mais, à la surprise générale, les Strasbourgeois jouent vite la touche en envoyant leur attaquant dans la profondeur et sur le centre ils marquent à la stupéfaction générale ! » Fleury explose.

Les Alsaciens, malgré les demandes répétées de leurs adversaires de leur accorder une égalisation, conservent leur victoire (2 – 1). Fleury, sa défaite et repart dans l’Essonne avec zéro point. Mourad Jalliti regrette l’attitude de son homologue, au moment des faits. Mis au courant de l’affaire, alors qu’il n’avait pas vu en direct l’action, parce que « pour moi, le match était terminé », François Keller, le directeur du Centre de formation, a accepté de livrer son sentiment. « Je suis vraiment désolé de tout ce qu’il se passe. Marc (Keller, son frère et président de la structure professionnelle) et moi, cela fait sept ans qu’on s’époumone à reconstruire le club, on le fait en essayant de véhiculer des images d’éthique, d’être irréprochable dans la formation et l’éducation de nos joueurs. Tout ce qu’il se passe ne ressemble pas du tout à ce que nous, on travaille au quotidien pour donner une bonne image du club », avance-t-il en préambule. S’il déplore l’attitude de ses joueurs – « j’ai revu les images lundi matin, elles se passent de commentaires, il fallait rendre la balle » -, il met leur réaction sur le compte du manque d’expérience – « on avait une équipe remaniée ».

Déçu de la tournure des événements, car « ça met un discrédit sur le travail qu’on fait depuis des années », le patron de la formation du RCSA a pris, en accord avec sa direction, une décision forte. « On va faire, ce matin, un courrier officiel à la Fédération pour leur demander de rejouer la rencontre. C’est d’ailleurs ce que j’ai dit à l’entraîneur de Fleury, que j’ai eu hier et auprès de qui je me suis excusé », fait savoir François Keller. « J’espère qu’ils tiendront compte de la jurisprudence avec Arsène Wenger à l’époque avec Arsenal (il y a 20 ans jour pour jour), en FA Cup. Qu’on rejoue ce match, ils pourront le gagner, ils pourront le perdre, mais c’est hors de question qu’on l’emporte en ne le faisant pas proprement. C’est dans l’intérêt de tout le monde. J’espère que la Fédération sera indulgente et que ce soit une bonne leçon pour le football. » Et si la Fédération venait à refuser ? « Je ne sais pas ce qu’il nous resterait comme procédure, mais je pense qu’ils doivent accepter ce cas qui est particulier, qui arrive en fin de match. » La balle est dans le camp de la FFF…

Tom Mollaret

Crédit photo : RC Strasbourg