Ligue 1

Girondins de Bordeaux : les raisons du chaos dans le club

03/07/2020 à 17:36

Le feuilleton bordelais dure depuis maintenant quelques mois. Difficile de s'y retrouver avec toutes les péripéties qui concernent le club et la ville. Zoom sur ce qui se trame du côté des Girondins de Bordeaux.

« On a prouvé qui étaient ces gens-là, maintenant, ils doivent reprendre un train vers Paris » exprimait Florian Brunet, porte-parole des Ultramarines. Le climat est sulfureux du côté de la Nouvelle-Aquitaine. De la même manière que le peuple révolté de 1789, les supporters bordelais veulent le retrait définitif de l’actuel président du club Frédéric Longuépée, et de toute sa direction. Pour quelles raisons ? Comment en est-on venu à cela ?

Tout commence avec la revente du club par M6 aux actionnaires américains King Street et General American Capital Partners (GACP), en Novembre 2018. Une vive brise de rupture a soufflé en direction des deux propriétaires du club, un an seulement après le rachat. King Street détient depuis, 100 % des parts de l’institution bordelaise. La raison d’une telle controverse viendrait du fait que GACP, qui était en charge du management, présentait des failles au niveau de la gestion.

Des enjeux économiques trop importants

King Street a présenté une appétence grandissante pour la comptabilité du club. Les supporters ont de tout de suite vu que l’actionnaire américain n’était pas plus intéressé par les statistiques de l’équipe que ses performances en Ligue 1 (7e du classement). En novembre 2019, le déficit de l’enseigne girondine était estimé entre 30 et 35 millions d’euros. Les deux émissaires, Frédéric Longuépée (King Street) et Hugo Varela (GACP) étaient déjà entrés dans une vaste guerre froide. La scission n’a pas eu de cesse de grandir, opposant les deux hommes sur tous les points de vue.

Le directeur sportif Eduardo Macia, titulaire d’un CV solide, est notamment passé par Valence, club dans lequel il a laissé une empreinte conséquente en augmentant la valeur de l’effectif de 45 à 180 millions d’euros. Il a également joué un grand rôle dans le retour en Liga du Bétis, et a participé à la renaissance de la Fiorentina. Aujourd’hui, la situation est cataclysmique pour le directeur sportif des Girondins, annoncé sortant si Paolo Sousa venait à s’en aller.

Un logo à deux millions d’euros

C’est aussi l’un des débats phares de ce feuilleton, et la cause des furies du groupe d’ultras. Un logo renversé qui passe de Girondins de Bordeaux à Bordeaux Girondins. Une modification sensible et significative pour les plus fervents des supporters bordelais. Le coût pharaonique de cette volonté de changer l’identité visuelle, amoindri le budget global selon Gilbert Brisbois, relayant les propos de l’entraîneur portugais en charge des Girondins : « Paolo Sousa n’a pas aimé que le club investisse 2 M € pour changer de logo. Pour le stage de pré-saison à Dinard, il n’y a plus d’argent… »

Las de cette situation, 2500 supporters du club sont venus manifester devant la Mairie de Bordeaux. Accompagné par le ras-le-bol du nouveau maire Pierre Hurmic qui évoque à son tour le discrédit à l’égard de King Street et ses représentants. Le politicien écologiste a toujours contesté le rachat par le propriétaire américain mais aussi la construction d’un stade plus grand (Matmut Atlantique) qui peine à se remplir.

— Pierre HURMIC (@PierreHurmic) June 25, 2020

Sousa aurait annoncé son départ à ses hommes forts

L’information a fait l’effet d’une bombe au sein des travées bordelaises. Le mythique entraîneur a fait part de sa volonté de quitter l’enseigne. Il aurait notamment convoqué ses cadres, à savoir Laurent Koscielny, Benoît Costil, Nicolas De Préville, Jimmy Briand afin de leur annoncer la nouvelle. La mauvaise gestion du club aurait fait claquer des dents le coach principal, à tel point qu’il aurait tenté d’établir un contact avec King Street, afin de remédier à la situation. Pourtant sans aucune porte de sortie connue, le stratège portugais fait fi de l’indiscipline des dirigeants. Autrefois milieu international et double vainqueur de la ligue des champions en 1996 et 1997, Paolo Sousa a côtoyé de nombreuses nations. Entraîneur en Angleterre, Suisse, Italie ou encore en Chine, sa première expérience en France va tourner court.