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Goran Jerkovic : « En Asie, les salaires sont énormes »

19/01/2021 à 18:53

Pour relancer sa chronique Expat', Actufoot est parti à la rencontre de Goran Jerkovic, le lyonnais formé à Cannes qui a connu 10 pays dans sa carrière de footballeur. Belgique, Lituanie, Thaïlande, Iran, Bahreïn, Malaisie ou dernièrement le Laos, l'attaquant de 34 ans nous raconte son parcours.

En 2020, vous étiez encore un joueur du Lao Toyota, club du Laos. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Actuellement je suis sans contrat, toujours à la recherche d’un nouveau challenge. C’est très difficile avec le Covid. Je suis en Europe en ce moment, je recherche activement. Si je ne trouve pas durant ce mercato je vais être obligé de prendre une retraite forcée.

Vous avez 34 ans, vous avez encore un peu de temps avant d’arrêter…

Oui, je me sens super bien ! Après, je suis réaliste et je sais comment est le marché, la situation. Je connais bien le marché asiatique vu que j’y suis depuis pas mal d’années et c’est très difficile. Je n’ai pas joué depuis quelques mois, même si je m’entraîne tous les jours, je me prépare si je dois partir maintenant. C’est une situation très compliquée, je me suis donné un dernier mercato. En espérant trouver quelque chose…

Goran Jerkovic continue de s’entraîner en cas de nouveau défi.

Vous parlez du Covid et de la situation en Asie. Comment ça s’est passé là-bas. Où et comment l’avez-vous vécu ?

Il y a un an exactement j’ai signé au Laos. Juste avant de partir, ils parlaient déjà de ce début de virus qui aujourd’hui a touché la planète entière. Ma famille vient avec moi à chaque nouveau club, je leur avais dit « restez ici, on verra d’ici un mois ce qui va se passer et si c’est bon vous viendrez me rejoindre ». Ça s’est aggravé, c’est arrivé en Europe. Nous, au Laos, on commençait à jouer l’équivalent de l’Europa League en Asie. On a joué 3 matchs et du jour au lendemain tout a été stoppé et les frontières bloquées. Aucun touriste ne pouvait rentrer. J’étais enfermé durant 3 mois là-bas, sans ma famille. J’ai raté les deux premiers vols de rapatriement et le troisième je l’ai pris. Ça n’a pas été facile.

« Il y a quinze ans, je ne m’imaginais pas vivre en Asie »

Où vivez-vous aujourd’hui ?

Je suis en Serbie (Goran est franco-serbe). J’ai deux domiciles, un à Lyon et un en Serbie. Je devais venir en France au mois de novembre et m’y installer car j’avais un petit projet là-bas, mais à cause du Covid tout est fermé. En Serbie, c’est beaucoup plus souple donc j’y réfléchis ici le temps que ça s’améliore.

Lors de votre incroyable parcours, vous avez vécu dans 10 pays en tout en plus de la France. Vous aviez prévu tout ça dans votre carrière au départ ?

Non, je n’avais jamais prévu tout ça. Encore plus il y a une quinzaine d’années quand on s’amusait du footballeur français qui allait jouer en Asie. On ne me parlait même pas de cette option à cette époque. Aujourd’hui, on me dit « t’as un contrat en Corée ou au Japon », j’y vais. Le monde du football a changé. Il y a quinze ans, je ne m’imaginais pas vivre en Asie, changer de pays, voir d’autres cultures, d’autres championnats et, en plus de ça, le vivre très bien. Quand on m’a proposé de jouer en Asie j’y ai très longuement réfléchi et j’y suis allé. J’y suis resté 8-9 ans. C’est une carrière de « seconde zone » comme on les appelle, mais une très belle carrière. Je suis content de ce que j’ai fait.

Goran Jerkovic sous les couleurs de East Riffa au Bahreïn lors de la saison 2019-2020.

Par rapport à tous ces différents voyages et ce parcours, ce n’était pas difficile de construire une vie de famille ?

Très difficile, non. À mes 16 ans, je suis parti de chez moi pour le centre de formation de Cannes, donc très tôt j’ai été habitué à vivre seul. Durant une dizaine d’années j’ai vécu en solitaire jusqu’au jour où j’ai décidé de fonder une vie de famille. Petit à petit, on prend de l’expérience, on mûrit et on décide de passer le cap. Ça ne m’a pas empêché de le faire là-bas ! Ce n’est pas un souci, c’est la vie, il faut s’adapter. Ma femme et moi, on aime voyager donc ça n’a pas été une barrière. Ça a été simple. Mes enfants ont 3 et 4 ans et ont déjà visité beaucoup de pays, j’espère qu’ils continueront. C’est un mode de vie qui m’a plu, j’aime ça.

Une destination vous a plus marqué qu’une autre ?

Toutes les destinations étaient très belles ! Après, le Bahreïn c’est comme Dubaï, c’est le même niveau de vie. J’ai joué plusieurs fois là-bas donc je connais à peu près. Pour la famille, c’était vraiment mieux de vivre là-bas. La Thaïlande c’est différent, c’est vraiment touristique. Ça m’a un peu gavé parce que tout le monde me considérait comme un touriste alors que j’étais sous contrat de travail et actif là-bas. C’était un peu embêtant pour moi. L’Iran j’ai bien aimé ! C’est ce qui m’a marqué le plus. Au niveau footballistique, c’est énorme. On connaît l’Iran, très discipliné. Les gens parlent de dictature mais ce n’est pas ça. Ils ont des règles et si tu ne les respectes pas tu es très gravement puni. La mentalité et le mode de vie, c’est à l’européenne. Les clubs de foot sont à l’équivalent des grands clubs européens, tout le monde te reconnaît dans la rue. Les stades sont pleins. C’est l’un des meilleurs championnats en Asie !

« On a fêté Noël au club, ils m’ont ramené des cadeaux et un sapin de Noël »

Justement par rapport à l’Iran, au niveau de la religion, dans un pays musulman, comment s’est passée votre adaptation ?

Je suis religieux, je suis chrétien. Je pensais, au départ, que ça allait être un problème mais ils respectent toutes les croyances. Il y a même des églises. J’ai une petite anecdote à ce sujet. À chaque but que je marquais, je faisais toujours le signe de croix pour le célébrer, je remerciais Dieu. Quelle a été leur réaction ? De mon premier à mon dernier but, ils ont aimé ça. Je leur ai demandé si ça les dérangeait, tout le monde m’a dit que non. Au contraire ! On s’est toujours respecté. Ils sont très croyants, à chaque avant-match un imam venait pour faire un « rite » chanceux. Nous, on a fêté Noël au club, ils m’ont ramené des cadeaux et un sapin de Noël.

Vous avez dit également qu’au niveau du football, c’était un des championnats les plus forts…

Largement. Depuis plusieurs années, je suis activement tous les championnats asiatiques, je n’en loupe pas un. Pour moi, en Asie il y a trois championnats niveau qualité : Corée, Japon et Iran. Les joueurs de chaque pays, les locaux, sont très performants. C’est-à-dire qu’ils n’ont pas besoin de joueurs étrangers contrairement à l’Australie ou au Qatar. Pour moi, ces trois championnats sont au-dessus du lot ! On peut le voir avec le nombre d’iraniens qu’il y a de plus en plus en Europe, pareil pour les japonais et coréens et ils sont très productifs ! Les iraniens se trouvent surtout dans les divisions inférieures au Portugal, Pays-Bas, Espagne… Mais ils terminent très souvent meilleurs buteurs de leur championnat.

Quel est le style de jeu de ce championnat iranien ?

Il est technique et tactique mais moins physique. C’est un championnat solide, ils sont très pointilleux sur les détails. Ils sont également techniques, les joueurs arabes et perses, ce sont des joueurs qui aiment ça, ils sont comme ça ! La seule différence, c’est que les infrastructures ne sont pas encore au niveau du Japon, de l’Australie ou de l’Europe, ils sont en retard par rapport à ça. S’ils avaient ça, ils seraient encore bien meilleurs ! En revanche, j’ai eu des problèmes financiers avec eux donc il faut limite se battre pour avoir son salaire.

Pouvez-vous nous raconter ? Ça vous est arrivé aussi dans d’autres pays ?

Pas dans tous les pays. Je suis allé deux fois à la FIFA et deux fois c’était avec un club iranien. Je savais que j’allais recevoir mon argent mais j’ai eu des soucis. J’ai eu de la chance puisque dans tous les autres pays j’ai reçu mon salaire, sauf au Laos à cause du Covid ils ont baissé notre rémunération. Mais je n’ai jamais eu de soucis ! En Iran, ça arrive à tous les joueurs étrangers. Je lisais dans un journal il y a peu qu’un joueur croate, Hrvoje Milić, qui jouait à Esteghlal, avait démissionné du club parce qu’il ne percevait pas de salaire. Il va aller à la FIFA. Il n’a pas reçu de rémunération durant trois mois donc il est automatiquement libre. C’est ce qui s’est passé avec mon deuxième club en Iran.

« Avant le derby, les gens dorment à l’extérieur du stade »

Comment sont les salaires dans ces destinations « exotiques » ?

Les salaires sont énormes, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai décidé de partir en Asie. En Lituanie, à 25 ans, j’ai fini second meilleur buteur en 3 mois (18 matchs, 18 buts). Après cette saison j’ai reçu beaucoup de propositions en Europe et Asie (Bulgarie, Chypre, Russie, Iran). Je ne voulais pas aller en Iran, mais ils m’ont proposé un contrat qui était énorme. C’était un contrat à 6 chiffres. J’y ai réfléchi et j’ai accepté. Puis ils ont joué la Champions League donc c’était intéressant. En 4/5 mois on a dû jouer une bonne vingtaine de matchs. C’est un rythme comme le PSG ou un club qui joue la Ligue des Champions. On se battait pour terminer premiers à chaque fois. Ça a été une décision rapide, j’ai décidé d’aller là-bas et je ne regrette pas. Ils offrent de bons contrats, tu perçois un pourcentage mais faut se battre pour le reste. Ils font en sorte que tu te lasses et que tu arrêtes de réclamer.

Dans tous ces stades, quelle a été l’ambiance la plus impressionnante ? Là où les supporters sont les plus « fous » ?

En Iran ! Il y a le derby Esteghlal contre Persepolis. Canal+ et Téléfoot, en 2012, devaient même en faire un documentaire. Ils n’ont pas reçu l’autorisation pour filmer malheureusement. Mais le derby là-bas c’est juste énorme ! Il y a un grand complexe sportif où on joue, l’Abadie Stadium, c’est l’équivalent d’un mini centre pour les Jeux Olympiques. Il y a beaucoup de terrains, pour le basket, le cyclisme… il y a un hôtel à l’intérieur, lors de chaque avant-match on y dort. Avant le derby, les gens dorment à l’extérieur du stade. On peut voir des tentes rouges et bleues devant l’hôtel. On jouait vers 19h, à 10h-12h le stade était déjà pratiquement plein. Pourtant, il y avait plus de 75.000 places. Il y avait une partie rouge et une autre bleue. Pour moi, c’était devenu une habitude de ne plus y penser lors du match. Quand t’es dans ton match, qu’il y ait 10.000 ou 100.000 personnes, tu restes concentré sur le jeu.

Vous avez une anecdote sur la « folie » de ces supporters iraniens ?

En Iran, il y a quatre équipes très solides. Une fois, on avait été au nord, proche de la Turquie. Le stade était rouge, rouge, rouge ! La veille du match, il avait beaucoup neigé. On ne pouvait pas jouer. Donc il a été reporté au lendemain. Le terrain était rempli de neige ! Durant tout le match on avait reçu des boules de neige ! (Rires) Le stade ressemblait à un volcan, c’était hallucinant. En Malaisie aussi, ils ont de beaux supporters. En Thaïlande, c’est plus festif, tout est rose chez eux. Que tu gagnes ou que tu perdes, c’est pareil. C’est surtout pour s’amuser. La Belgique c’était sympa aussi.

Goran Jerkovic célèbre un but avec le club thaïlandais du Nongbua Pitchaya FC lors de la saison 2018-2019.

Quand on voit votre parcours, on se dit que vous auriez pu avoir une jolie carrière en France. Pourquoi ne pas avoir tenté ?

C’est vrai. Peut-être pas en France, mais en Europe oui. Quand j’étais au Centre de Formation, je n’ai pas signé professionnel à Cannes donc je suis revenu sur Lyon. Je passais mon BTS là-bas et j’ai reçu une proposition de Belgique, j’avais 20 ans, donc j’ai testé ! J’ai fait une bonne petite saison mais je n’ai pas prolongé là-bas. Mon agent m’a dit que j’allais avoir un meilleur club. Sauf que le dernier jour du mercato, il ne m’a rien proposé, je suis resté sur le carreau durant 6 mois. Puis j’ai reçu une proposition en Lituanie, j’avais besoin de jouer parce que je voulais toujours être joueur professionnel. Après je me suis fait les croisés, j’ai voulu arrêter. C’est une situation qui m’a fait arriver à l’Europe de l’Est. J’avais 25 ans, je ne loupais rien, je me sentais super bien. Donc je me suis dit « soit je reste en Europe et je tente la Bulgarie, l’Ukraine, la Grèce et je tente quelque chose, soit je pars en Asie » là où les chiffres commençaient à être excellents. J’ai donc décidé de partir là-bas, de tenter ma chance à 25 ans. Je me  suis dit « même si dans 2/3 ans je ne vaux peut-être plus rien, autant essayer de prendre le maximum d’argent et de se faire plaisir ». J’aurais pu rester en Europe, ça aurait été sûrement différent, mais je n’ai pas eu cette chance. Je l’ai eu à mes 26 ans, en Thaïlande. Je devais signer à Leicester mais à cause d’une blessure je n’ai pas pu partir.

« J’ai envie de mettre en relation l’Asie et la France »

Leicester était intéressé ?

Oui, c’est une histoire vraie. Après l’Iran, je suis allé à Buriram et là-bas, durant les 6 premiers mois, j’ai tout cartonné. Le président de Leicester était le meilleur ami du président du club thaïlandais, un homme très puissant. Le boss de Leicester était venu assister à la finale de la Coupe en Thaïlande et remettre le trophée. Il est tombé sous mon charme en regardant le match. Leicester était en D2 à cette époque-là, ils voulaient monter en Premier League. Ils me voulaient lors du mercato hivernal. Le Président de Buriram a accepté. Quand il m’a proposé ça j’avais les larmes aux yeux. J’ai appelé mes parents, j’étais comme un fou. Je m’en souviens, le jour même où j’ai reçu ça je me blesse à l’entraînement. Claquage cuisse gauche, pendant un mois et demi je n’ai pas pu jouer. Ils avaient besoin d’un attaquant tout de suite, pour être sur le banc de touche et pouvoir rentrer. Je n’ai pas eu de chance. Le football ça va vite.

Que comptez-vous faire après votre carrière de footballeur ?

Grâce à ma carrière, je veux essayer d’ouvrir les yeux aux joueurs qui évoluent en France. Il y a de plus en plus de joueurs et j’aimerais leur faire comprendre qu’il y a l’Asie où les championnats commencent à se développer. On peut aussi revenir en Europe par la suite. Ça fait peur mais c’est la mentalité française qui fait ça, on aime la sécurité qu’on a ici. Beaucoup de joueurs espagnols partent par exemple. Il ne faut pas avoir de craintes.

Pour vous ça vaut le coup de tenter, il ne faut pas fermer la porte ?

Pour les jeunes, non. Les jeunes doivent rester en Europe, se former et tenter quelque chose. Donner tout ce qu’ils peuvent parce que, pour moi, les championnats européens restent les championnats européens. L’Europe est mille fois meilleure que l’Amérique du Sud, l’Afrique, l’Asie ou l’Amérique du Nord. Tous les joueurs rêvent de jouer en Europe parce que le football est très qualitatif et n’a aucune concurrence. Mais pour les joueurs qui se disent « pourquoi pas essayer en Asie, percevoir un maximum d’argent etc. » on peut le faire, il faut voir comment les aider. Les asiatiques aiment toutes les nouveautés donc c’est quelque chose qu’il faut prendre en compte et voir ce qu’on peut faire avec. C’est ce que je veux communiquer après le football.

Goran Jerkovic évolue en Malaisie au Negeri Sembilan lors de la saison 2016-2017.

Vous voulez faire le lien entre la France et l’Asie ?

Oui, j’ai envie de les mettre en relation. De plus en plus de français me contactent pour savoir comment c’est là-bas. Les jeunes, je vous déconseille, formez-vous en France, essayez de jouer. Si vous voyez que ça ne fonctionne pas, tentez les championnats de « seconde zone » en Europe : la Serbie, la Bulgarie… Par exemple, Damien Le Tallec a joué deux ans à l’Etoile Rouge de Belgrade, il a disputé la Ligue des Champions et a pu revenir à Montpellier ! Quand j’étais jeune, l’Équipe de France balayait l’Estonie 10-0, maintenant on a du mal à leur mettre des buts. Ça s’est resserré, le football a changé. Je sais que le niveau de la Ligue 2 ou le National est aussi élevé qu’un championnat d’Europe de l’Est.

Par rapport à votre carrière de footballeur, qui n’est pas encore terminée parce que vous pouvez encore trouver un club, vous seriez intéressé par un retour en France, même si c’est à un niveau un peu plus bas ?

Quand je suis revenu du Laos, j’étais en France pendant un petit mois. J’ai parlé avec quelques contacts, des anciens joueurs avec qui j’ai joué en CFA. Je leur ai dit que ça m’intéresserait de revenir en France. J’avais même presque signé en N2 en France en septembre, je m’étais dit pourquoi pas terminer comme cela et faire une formation de conseiller sportif par la suite. Puis avec le Covid, les championnats amateurs se sont totalement arrêtés donc ça ne s’est pas fait. J’y ai repensé pour cet hiver, sauf que ça ne risque pas de reprendre avant un moment.

Propos recueillis par Keevin Hernandez

La carrière de Goran Jerkovic

Né à la Croix-Rousse le 10 novembre 1986 dans la Métropole de Lyon, l’avant-centre franco-serbe Goran Jerkovic a été formé à l’AS Cannes. Voici son parcours.

2005–2008 : Lyon Duchère – France
2008–2010 : Charleroi-Marchienne – Belgique
2010–2011 : Žalgiris – Lituanie
2011–2012 : Tauras Tauragė – Lituanie
2012 : Esteghlal – Iran
2012–2013 : Buriram United – Thaïlande
2013 : Bangkok Glass – Thaïlande
2014–2015 : Army United – Thaïlande
2015 : Jagodina – Serbie
2016 : Iskra Danilovgrad – Monténégro
2016–2017 : Negeri Sembilan – Malaisie
2017 : Siah Jamegan – Iran
2018 : Nongbua Pitchaya – Thaïlande
2019 : East Riffa – Bahreïn
2020 : Lao Toyota – Laos

Crédit visuel : Actufoot