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Les grands imbroglios récents du football

21/08/2019 à 16:28

Le football est le sport le plus populaire du monde, et une telle popularité entraîne avec elle des conséquences bien plus complexes. Désormais, il est impossible pour un club ou un joueur de marcher à côté des clous, et le moindre écart de conduite d’un joueur est immédiatement puni par sa direction, tout comme le moindre problème budgétaire d’un club est aussitôt encadré par les gendarmes financiers du football mondial.

Cette rigueur extrême est nécessaire dans la plupart des cas, et permet d’éviter de nombreux abus et malversations, mais elle a aussi entraîné des situations parfois compliquées et de véritables imbroglios, à la limite du grotesque, comme le tout récent événement entre le Red Star et le Gazélec d’Ajaccio lors de la reprise du championnat de National 1.

Faisons désormais un petit retour sur les plus récents imbroglios du football, que ce soit à l’échelle d’un club, d’une rencontre ou d’un joueur. Pour présenter ces cas, plutôt qu’une classique numérotation, nous préférerons utiliser les moments forts d’un tournoi de poker, car bon nombre de ces situations s’apparentent fortement à la folie et à la surprise d’une de ces compétitions. Pour comprendre au mieux les références, il vous sera préférable de connaître les bases des règles du poker.

L’arrivée en retard

Un tournoi de poker est en général une chose sérieuse, et arriver en retard est toujours synonyme d’impossibilité de s’inscrire à celui-ci. La même chose est évidemment vraie pour le football, et un club en a fait récemment l’expérience à ses dépens. Ce n’est autre que le club de Palerme, club devenu tristement célèbre pour ses frasques extrasportives avec son président Mauricio Zamparini, qui virait ses entraîneurs aussi rapidement que l’on change de chemise, en plus de diverses cachotteries administratives. À la fin de la saison dernière, le club est relégué en Serie C, avant d’être miraculeusement remis en Serie B. Zamparini a enfin vendu le club et les supporters se prennent à croire à la fin des ennuis. Problème est que le repreneur n’était pas mieux que l’ancien, puisqu’il n’a pas envoyé à temps les papiers nécessaires à l’inscription du club en Série B. Le nouveau président assure pourtant avoir envoyé la dernière feuille à 23h59, le jour J, soit une minute avant la fermeture. Un amateurisme qui n’a pas duré. Le retardataire est reparti avec ses actionnaires, et c’est finalement de Série D, l’équivalent de la Nationale 2 française, que Palerme repartira cette année. Les galères de ce club mythique sont loin d’être terminées.

Accès à la table finale refusé

La table finale au poker, c’est le but ultime, c’est faire partie des huit derniers qualifiés du tournoi, et donc avoir de bonnes chances de remporter le jackpot. Difficile d’imaginer pourquoi un joueur se ferait exclure d’une table finale pour laquelle il se serait qualifié dans les règles de l’art. Tout comme il était difficile d’imaginer qu’un club pût se voit refuser l’accession à la Ligue 2 après s’être brillamment qualifié en terminant deuxième du National. C’est pourtant la médiatique mésaventure qui est arrivée au club de Luzenac à l’été 2014, se voyant refuser l’accès à l’étage supérieur pour de sombres questions financières et logistiques, et notamment l’absence d’un stade aux normes. Un peu comme si un joueur de poker se voyait refuser de s’asseoir à la table finale pour ne pas disposer de chaussures adéquates. Une injustice aux lourdes conséquences, puisque Luzenac avait fini par être relégué en Division d’Honneur, et aux conséquences judiciaires qui se sont étalées sur de nombreuses années. Pour cette saison, Luzenac évoluera dans la poule B du championnat Régional 1 d’Occitanie, loin des fastes du foot pro où il aurait pu être.

Le bluff raté

Désormais, la table finale a commencé, et les joueurs s’affrontent pour la victoire finale. Il faut donc tenter des coups osés, et rien n’est plus osé au poker que le bluff, mais celui-ci ne marche pas à tous les coups, et les conséquences d’un bluff raté peuvent coûter cher. C’est l’expérience qu’a faite le Gazélec d’Ajaccio en refusant d’aller jouer sur la pelouse du Red Star pour la reprise du championnat de National. Leur espoir ? Que ce bluff mette la pression sur la Ligue qui avait permis à Sochaux de rester en Ligue 2 malgré une première rétrogradation administrative suite à des problèmes financiers. Le but des Corses était de prendre la place des Doubiens dans l’antichambre de la Ligue 1. Mais ce bluff s’est révélé être un coup catastrophique, car la Ligue n’a pas tremblé, et a en prime sanctionné les Ajacciens d’une défaite 3 à 0 sur tapis vert en faveur du Red Star, dont les joueurs avaient passé 15 minutes sur la pelouse en attendant l’arrivée des joueurs du Gazélec, en vain. Une situation rocambolesque qui n’augure rien de bon pour la suite de la saison d’Ajaccio, tout comme un bluff raté au poker entraîne souvent son joueur dans une spirale négative.

Tapis !

Certains bluffs au poker peuvent se dérouler sur bien plus longtemps que sur une seule main. On peut par exemple prétendre être un joueur prudent pendant tout le tournoi, qui ne mise jamais sans une bonne main, avant de soudainement faire tapis avec presque rien lors des dernières parties. Les autres joueurs seront alors pris et supposeront que le miseur dispose de très bonnes cartes puisqu’il n’avait pris aucun risque jusque-là. C’est un peu le coup que tente Neymar depuis le début du mois de juin. À l’aide d’une communication bien établie, de performances en demi-teintes et de retard à l’entraînement, il semble ne plus voir son avenir au sein de l’effectif parisien et joue son va-tout pour retourner en Espagne, tout en affirmant le contraire. Le bluff ne concerne pas que Neymar, mais aussi les dirigeants parisiens qui prétendent vouloir le garder, les joueurs du PSG qui disent souhaiter qu’il reste, et les clubs de Madrid et Barcelone qui nient vouloir le faire venir. Au final, bien malin celui qui pourra dire qui a les meilleures cartes en main et qui n’a rien, mais il faudra attendre la fin du marché estival pour savoir si ce gros bluff au tapis aura été réussi, et qui seront les perdants et les gagnants de la table finale.