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Herita Ilunga « Nous venons tous du football amateur »

05/07/2017 à 13:00

Ancien joueur professionnel passé notamment par l'AS St Etienne ou West Ham, Herita Ilunga a accepté de se prêter au jeu de l'interview Actufoot. Rencontre.

Herita, pourquoi avez-vous accepté notre demande d’interview ?

J’ai trouvé le procédé assez simple, il y avait une sincérité dans ce projet touchant à la région parisienne.

Pour ceux qui ne vous connaisse pas, pouvez-vous vous présenter ?

Je suis un ancien footballeur professionnel formé à Amiens. J’ai fini ma formation au Stade Rennais où j’ai passé 3 saisons mais malheureusement, je n’ai pas pu signer pro. Par la suite, je suis allé à l’Espanyol de Barcelone pour 3 ans. J’ai ensuite passé un test concluant à l’AS St Etienne où je suis prêté pendant une saison. Nous sommes champions de Ligue 2. Derrière je prolonge pour trois ans. Derrière, je m’engage avec Toulouse un an avec une qualification en Ligue des Champions où on est éliminé par Liverpool. Je vais ensuite 4 ans à West Ham. Je reviens en France où je fais 6 mois au Stade Rennais avant de partir à Carquefou. J’ai terminé ma carrière à Créteil pendant deux ans.

Dans quel club avez-vous pris votre première licence ?

J’avais 12 ans. J’habitais à Sarcelles. J’étais bien devant chez moi à jouer au football avec les copains…

Avez-vous gardé des liens avec Sarcelles ?

Pas beaucoup, j’avais des contacts avec des dirigeants mais pour la plupart, ils sont tous partis.

Amiens a-t-il été votre premier club professionnel ?

Oui. Mon cousin habitait à Amiens et avait des potes au club d’Amiens et m’a proposé une détection. La première année (13 ans) mon père a refusé. L’année suivante, finalement, ma famille adhère. Sans langue de bois, je n’étais pas le meilleur des joueurs. Je réussis parfaitement les tests (techniques, physiques). A la suite de cette détection (50 joueurs : U15-U17), il y a eu seulement 3 retenus dont moi. Petite anecdote qui me revient à l’instant : je n’étais pas prévu au départ pour les observateurs mais Patrick Abraham (toujours au club) m’a poussé à y croire. Ça coïncide avec le nouveau centre de formation à 30-40 kilomètres d’Amiens, où il n’y avait pas trop de relations avec eux. J’ai fait sport études à la Providence. Les six premiers mois ont été difficiles mais après j’ai réussi à m’adapter. J’ai intégré le centre de formation au bout de la 3ième année (à 16 ans). Grâce à Amiens, j’ai connu ma première sélection en U16 avec l’Equipe de France (avec Philippe Mexès, Wilfried Dalmat).

Un mot sur votre ancien club, Créteil ?

Je continue à les suivre naturellement. Il y a eu pas mal de choses négatives qui ont empêché Créteil de rester au haut niveau et c’est dommage.

Un mot aussi sur l’Espanyol de Barcelone ?

Ça vient après l’échec de Rennes. J’arrive jeune, à l’époque ce n’était pas commun. Je suis recruté par Paco FLORES mais il est limogé à l’intersaison et le nouveau coach ne veut pas de moi. Heureusement qu’il y avait mon frère pour me soutenir, pour garder le moral. J’ai beaucoup appris : sur la méthodologie, de la technique à base de ballon. Cette philosophie vous permet d’être en phase avec l’équipe première. C’était un régal !!

Qu’est-ce qui vous a donné envie de persévérer dans le football ?

Énormément de sacrifices ! Je suis quelqu’un qui connaît mes qualités, j’ai mis les ingrédients pour réussir. Et cette passion du ballon, ce rêve, je l’avais depuis tout petit.

Comment jugez-vous le football amateur ?

Il n’y pas plus important que le football amateur. Nous venons tous du football amateur. Malheureusement, nos instances n’aident pas assez le football amateur. Quand tu sors du football amateur, tu ne dois pas être perdu. Et ça vaut la même chose pour le foot professionnel. Il y a tellement de bons joueurs dans le monde du football. Il n’arrive pas encore à se développer.

En quoi le football a-t-il changé depuis votre époque ?

Les joueurs ne sont assez matures pour affronter certaines échéances. Certains clubs signent rapidement des joueurs pour les bloquer. A mon époque, le club ne se trompait pas. Il y a d’énormes moyens financiers pour attirer des joueurs maintenant, pour proposer des outils pour les joueurs.

Si je vous dis « le coach à la casquette » vous pensez à quoi ?

Elie BAUP, c’est lui qui m’a fait débuter en Ligue 1. Dans sa gestion, dans son management, il était très proche du joueur, il savait s’adapter au joueur et avait aussi un second degré. C’était un entraineur qui a énormément compté. Je l’ai retrouvé au TFC et j’y suis allé uniquement pour lui.

Quel conseil pourriez-vous donner pour devenir professionnel ?

Ce n’est pas une course : il faut y croire, travailler, faire les bons choix, faire des sacrifices. Lorsque l’on met tous ces ingrédients, nous sommes rarement déçus !