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« J’irai entraîner chez vous ! » : le projet humanitaire qui dépasse les frontières

06/03/2018 à 18:35

Vous connaissez sans doute ce baroudeur à chemise rouge, Antoine de Maximy ? Mais si ! Ce grand voyageur à l'origine de l'émission documentaire "J'irai dormir chez vous"... Sachez qu'une version "foot" est en train de voir le jour avec Romain Garcia qui lance "J'irai entraîner chez vous !".

Le projet « J’irai entraîner chez vous !» est le fruit d’une réflexion entamée depuis plusieurs années par Romain Garcia, un entraîneur du SMUC (club universitaire marseillais) qui est né à La Réunion et qui a vécu en Nouvelle Calédonie pendant plus de 15 ans. Le jeune voyageur avait envie de lancer un projet pour « sortir de cette image qu’on a du foot amateur et professionnel en France et le découvrir autrement ». Une image qui, pour lui, n’est pas celle du vrai football « Il y a beaucoup à faire ailleurs ! Il n’y a pas que le foot en France et le foot business… Il y a un foot qui est censé être plus naturel, un foot qui, je pense, est plus humain avec un sens relationnel plus important que ce qu’on peut connaître dans le foot amateur. »

« J’irai entraîner chez vous », c’est quoi ?

Comment avoir cette idée d’aller aux quatre coins du monde pour jouer au foot avec différentes populations ? Romain Garcia, en grand passionné, nous répond simplement « J’ai un peu hérité ça de mes parents… Ma mère était agent de voyage et mon père, un ancien footballeur professionnel passé par l’OM ou encore le FC Rouen. Ils m’ont fait vivre à La Réunion et en Nouvelle Calédonie. J’ai grandi dans l’interculturalité, dans le mélange, la mixité et le partage et ça a forgé mon caractère. Aussi, j’ai beaucoup baroudé. Quand je suis devenu étudiant, j’étais en Europe et j’ai donc pu voyager pour pas très cher. J’ai dû faire plus de 25 pays au total… »

C’est un projet qui prend en compte les inégalités avérées des différents peuples de notre planète, et le football, comme un moyen de procurer du bonheur, et par conséquent améliorer la vie au quotidien des civilisations les plus démunies « Le projet, c’est presque le même concept que l’émission « J’irai dormir chez vous » diffusée sur France 5 ! Il y aura beaucoup d’improvisation et de spontanéité une fois sur place. Par rapport à ce reportage, j’aurais comme outil le ballon qui me facilitera les rencontres avec les populations. C’est un tour du monde humanitaire d’un an où je vais aller à la rencontre des populations les plus reculées et les plus isolées du monde et qui n’ont pas la même vision du foot que nous » nous explique l’initiateur du projet.

Un projet caritatif et sportif, OK ! Mais comment ? Quelles actions seront effectuées une fois sur place ? Jouer au foot, très bien, mais de quelle manière et pourquoi ? Pour Romain Garcia, il s’agira de « découvrir plusieurs visions du football et d’intervenir en s’adaptant à leurs visions et à leurs pratiques du sport. » L’objectif du voyageur-footballeur sera donc de travailler sur la cohésion, sur la convivialité, sur le plaisir et de « s’adapter à tout cela de façon ludique ». En effet, ce passionné de ballon rond ne compte pas venir pour proposer un entraînement basique, ce sera d’avantage un partage dans les deux sens, un échange « Le but, c’est qu’ils apprennent de moi sur un plan plus théorique et fédéral. Je m’inspirerai beaucoup du Programme Éducatif Fédéral. Par contre, je vise aussi certaines tribus, villages éloignées et écoles et parfois je ne partirai donc pas sur ce modèle-là. Je m’adapterai aux personnes que j’ai en face. Je ne viendrai pas avec un plan d’action et des grilles d’entraînement. Ce sera improvisé, dans un climat différent de ce qu’on peut connaître du foot amateur. C’est ce qui me plaît, c’est justement ce football un peu atypique. Ils apprendront de moi comme j’apprendrai d’eux ! »

Avant de partir…

Même si Romain Garcia compte improviser et s’adapter une fois sur place, un aussi long voyage et si long parcours, ça se prépare !

Le Brésil, l’Argentine, le Chili, la Bolivie, le Pérou, la Nouvelle-Calédonie, le Vanuatu, l’Australie, l’Indonésie, le Laos, la Birmanie ou encore le Népal, le voyage durera 12 mois et passera par minimum 12 Pays. L’organisation est donc très complexe même si, comme nous l’explique le nouveau Antoine de Maximy, « Ça pourrait être hyper simple si on me disait tu as 50.000 euros et un seul interlocuteur. Sauf que là, j’en ai beaucoup… C’est très long et je prends ça sur mon temps de sommeil. » Pourquoi tant d’énergie dépensée ? Tout simplement parce que ce passionné croit en son projet « Je le fais parce que je me dis que ça va marcher et que je vais pouvoir vivre une aventure extraordinaire que peu de personnes vont vivre dans leur vie. Je m’investis énormément. C’est une force de caractère qui se forge par le foot : ne rien lâcher et aller jusqu’au bout ».

Romain Garcia devrait donc commencer son périple en Juillet 2018 « J’ai fixé une date en juillet car sinon les partenaires ne font que décaler les rendez-vous et que pour la recherche de financement c’est compliqué… » nous explique l’aventurier. La difficulté pour organiser un tel projet est démentielle, surtout pour un seul homme « J’ai beaucoup de mails, de dossiers, je rencontre beaucoup de personnes. Je n’ai pas toujours des réponses positives… Il y a une certaine attente avant que ça se déclenche au niveau des partenaires. Mais je ressens que quelque chose va arriver positivement car le travail paye toujours. Puis le projet plaît ! Des partenaires financiers et moraux se raccrochent au projet et cette date fixée (Juillet 2018) va permettre d’accélérer les choses dans les prochains mois. Je pars positif dans ce que je fais et je me donne tous les moyens pour y arriver. Attention, je ne suis pas seul, on m’aide aussi beaucoup ! »

Deux partenaires majeurs vont permettre à cette histoire de s’écrire. Il y a d’abord l’association Parnas’ qui est là pour développer les projets jeunes que ce soit au niveau culturel ou sportif « C’est un gros projet international qu’ils ont envie de soutenir. Comme ils sont dans le conseil, ils sont toujours là et ils m’orientent sur ce qu’il faudrait faire sur le plan administratif ou encore de la communication. » Il y a aussi le District de Provence qui est un nouveau partenaire qui soutient le projet « Ils vont m’aider dans le réseau et dans la diffusion de la communication. » Quoi qu’il en soit, le projet plaît à tout le monde et, tout naturellement, les proches de l’entraîneur du SMUC ont envie de mettre la main à la pâte « Des personnes essayent de m’aider, pas forcément financièrement mais en me donnant des contacts sur l’itinéraire que j’ai fixé. Ils me transmettent des adresses de clubs, des hébergements, des noms de médias. J’ai un vrai soutien de mon entourage, de mes amis et de certaines associations » précise Romain Garcia.

Un aventurier, ça ressent de la peur ?

Au programme pour notre aventurier du football, un itinéraire qui comprend trois zones du globe : l’Amérique du Sud, le Pacifique et l’Asie Centrale. Au début, ce n’était pas vraiment le parcours imaginé comme nous le précise notre globe-trotteur « Au départ, je voulais faire un projet qui mettait en avant les pays qui ont subi des catastrophes naturelles. L’idée me plaisait énormément mais le parcours me coutait beaucoup plus cher. Et comme c’est la 1ère édition, il fallait être cohérent dans ce que je demandais… » Mais pourquoi avoir choisi ce parcours alors ? Par sécurité se justifie Romain Garcia « Ce sont des pays où j’ai des contacts comme des guides que ma mère m’a conseillé, des clubs, des associations, une académie privée en Guyane qui m’invite et qui me fait visiter le pays et me montre les endroits où il faut que j’intervienne… Je connais toujours au moins une ou deux personnes dans chaque endroit où je débarque, ça me donne une certaine sécurité. J’y vais pour faire du foot, pas pour risquer ma peau ! Il faudra être vigilent sur tous les dangers et ces personnes-là pourront m’aider. »

La crainte… Cette peur de l’inconnu avant d’entamer une longue aventure. Même si Romain Garcia a l’expérience du voyage, le doute et les questions restent présentes… « Il y a quelques jours, j’ai fait 7 vaccins pour ne pas tomber malade pendant le voyage, même si ce ne sont pas les vaccins qui feront la différence. C’est tout une hygiène de vie qui rentre en compte. Bien sûr, j’ai peur de tomber sur des farfelus alcoolisés qui ne comprennent pas le projet par exemple. J’ai aussi la crainte qu’on me vole mes affaires ou qu’un avion ait des problèmes… Il y a aussi cette barrière de la langue. Je pars au Brésil et je ne parle pas le portugais… Mais je me dis que le football peut être notre langue universelle. »

Mais pour Romain Garcia, pas question de s’imaginer des choses. Le baroudeur Réunionnais le sait « Quand on prépare des voyages dans sa tête, on est toujours surpris une fois sur place. On peut s’attendre à tout comme à pas grand chose. Dans les pays où je vais aller ils ont ce côté solidaire, un bon accueil et si on est dans l’apport de quelque chose qui leur convient alors ils auront un bon regard. Je pense que je serai bien accueilli. Quoi qu’il arrive je ne forcerai rien et je laisserai l’improvisation me raconter une histoire. Il y a peut-être des choses auxquelles je m’attends mais il y a aussi des choses imprévues et c’est ce que je recherche : de l’aventure ! »

Ne pas venir les mains vides…

Pourquoi aller à la rencontre de toutes ces populations ? Quoi leur apporter ? Romain Garcia cherche un échange avant tout « Tous connaissent le foot même si leur sport numéro 1, c’est peut-être leur sport traditionnel. Jouer avec une noix de coco ou une canette peut faire office de ballon… Ces personnes-là n’ont pas forcément besoin de moi. J’y vais pour un échange : eux ont besoin de moi, mais moi aussi. Je veux surtout apporter un peu de plaisir, de joie dans des populations délaissées où on vit la misère. J’essaierai de travailler avec eux sur une cohésion intergénérationnelle, une cohésion de ce sport, une cohésion entre eux et de leur apporter les valeurs de ce sport. Le but sera de leur faire oublier les moments compliqués qu’ils peuvent vivre au quotidien. Avec un ballon on peut faire énormément de choses… J’aimerais aussi faire des dotations matérielles comme des ballons ou des chasubles par exemple. Mais cela dépendra du budget… J’espère que d’ici là j’aurais un partenaire comme Décathlon qui m’enverra le matériel. Cela permettrait à ces populations de garder un héritage positif de ma venue et continuer la pratique du foot avec un vrai ballon. »

Romain Garcia, le nouvel Antoine de Maximy ?

Peut-on parler d’un nouvel Antoine de Maximy ? Quels sont les points communs et les différences avec l’émission « J’irai dormir chez vous » diffusée sur France 5 ? Le point commun principal réside dans la passion du voyage « Il est plutôt dans le voyage, plutôt dans ce côté baroudeur, en mode globe-trotteur, un peu comme moi. Le voyage organisé, je ne dis pas non, mais ce que je cherche c’est de l’imprévu, un voyage en solitaire. Ce sont ces imprévus qui vous permettent de faire les plus belles rencontres et les plus beaux voyages. Les sensations sont là car on va vers les personnes le plus naturellement possible. » Autre point commun, le périple sera filmé et diffusé… Avec un peu moins de matériel tout de même et dans un but non-commercial « Lui il est là pour s’autofilmer. Pour moi aussi, il y a cette volonté de m’autofilmer pour montrer mon voyage, mes rencontres, mes interventions, les différences de culture via des vidéos. Mais, dans ces vidéos, il y a un aspect commercial et une grosse équipe de production derrière ça. Moi, c’est plus pour montrer les codes sociaux, la vérité dans le football, pour dire que le football n’est pas forcément un sport « hyper-marketé » mais un sport qui a de vraies valeurs. Je suis un peu plus dans le caritatif par l’outil du football. Lui, son outil, c’est de dormir chez les gens, moi c’est l’idée de faire du foot dans certains coins du monde. » Il faut dire que l’initiateur de « J’irai entraîner chez vous » n’a pas fait référence à Antoine de Maximy au hasard. En effet, en grand fan du routard, il nous révèle « J’apprécie beaucoup le personnage, et je tenais à le remercier pour ses reportages auxquels j’adhère totalement et qui nous font voyager de notre canapé ».

Crédit photo : Activmag.fr

Notre aventurier partira avec une GoPro, un appareil photo performant et un ordinateur portable. Il espère aussi pouvoir faire un peu plus, un peu mieux… « J’aimerais bien avoir un petit drone, ce qui permettrait de prendre des images plus impressionnantes qui rendront les vidéos plus attractives. » Le montage, lui, sera fait par un jeune marseillais spécialiste de la vidéo, M. Melodri. Il y aura 12 petits reportages d’un format de 8 minutes par vidéo et par pays. L’association Parnas’ qui comprend des musiciens, permettra la création de musiques originales spécialement conçues pour ces petits films. Ces vidéos permettront de montrer « le pouvoir du foot sur le plan de la communication et de l’échange ainsi que de montrer que le foot n’est pas un sport uniquement médiatique, marketing ou commercial, c’est une discipline qui a des fondamentaux, des valeurs. Quand on voit la joie de 10 gamins qui jouent au ballon alors que chez nous il leur faut des tas de choses comme une Playstation et encore ils ne sont pas contents avec ça… »

« J’irai entraîner chez vous » cherche un joueur pro !

Romain Garcia espère grâce à ce périple trouver un parrain « J’espère qu’un ou deux joueurs professionnels voudront parrainer le projet. Avoir un Dimitri Payet qui est originaire de La Réunion comme moi m’aiderait beaucoup dans la réalisation de mon projet ».

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