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Label Jeunes FFF : Un succès florissant auprès des clubs

07/02/2018 à 19:00

15 000. C'est le nombre de clubs de football amateur recensés par la FFF en février 2017. 929 d'entre eux ont été "labellisés" par la Fédération Française de Football lors de cette même année. Créés en lieu et place du « Label Ecole de Football » lors de la saison 2015-2016, le « Label Jeunes » rencontre un franc succès auprès des clubs. Il se dissocie en trois niveaux croissants : Espoir, Excellence, Élite. Pourquoi un club décide-t-il de se "labelliser" ? Quels projets mettre en place ? Qu'apportent-ils aux clubs ? Enquête.

Les « Labels Jeunes », symboles de structuration

Valables pendant trois ans, les Labels Jeunes viennent récompenser et certifier le travail des clubs selon quatre axes d’évaluation ciblés : L’associatif, l’éducatif, le sportif, et l’encadrement/formation. Ils sont éligibles à tous les clubs, peu importe leur niveau de compétition. La « conquête » du Label Jeunes permet aujourd’hui de se lancer dans un véritable projet de développement, renommé « projet-club » par la FFF.

« S’auto-évaluer par rapport au travail effectué »

C’est en 2008 que le club de l’AS Lyon-Duchère, sous l’impulsion de son nouveau président Mohamed Tria, a entamé son processus de labellisation. Dix ans plus tard, le club du 9è arrondissement de Lyon est détenteur de la plus prestigieuse des distinctions, le label Elite. Il a, au bout ce travail de longue haleine, multiplié par six, son nombre de licenciés en s’ouvrant essentiellement à la richesse de son quartier : les jeunes. Mohamed Métoui, responsable technique du club rhodanien, explique pourquoi le club s’est lancé dans cette aventure : « Travailler à l’obtention d’un label nous a permis d’avoir une ligne directrice sur la construction de notre projet sportif. Cela permet également de s’auto-évaluer par rapport au travail effectué. C’est fédérateur pour tout un club ». Mais comment entame-t-on un processus de labellisation ? « La première des choses, c’est de s’entourer d’éducateurs compétents pour manager ses équipes. Il faut continuer à faire évoluer leur formation. Ensuite démarre la construction du projet pédagogique, tout le travail de terrain, et la planification des séances d’entraînements ». Quant au projet social et éducatif, l’institution duchéroise prévoit par exemple chaque année un thème en parallèle de la pratique sportive, comme la sécurité routière ou le développement durable à travers des ateliers pratiques et l’intervention de professionnels. En outre, le club entend « concilier performance sportive et exigence sociale », son leitmotiv.

Des distinctions accessibles à tous

On peut être un petit village isérois de 1800 habitants et détenir un label FFF. L’US Reventin et ses 350 licenciés, visaient le label espoir. C’est bien le label excellence (deuxième degré) qui a été décerné à l’USR : « C’est un gage de garantie, de qualité de formation. Une référence pour les parents. Notre modèle, c’est de former nos éducateurs. C’est le jeu avant l’enjeu. On n’est pas un club qui veut monter en seniors, on s’est surtout axé sur les jeunes. Nous avons le respect de l’éducation et de l’environnement. On veut transmettre ces valeurs avant d’apprendre à jouer au foot » explique le président du club, Hervé Rivoire. L’US Reventinoise prouve l’accessibilité de ses distinctions : « On savait le cahier des charges lourd, mais nous n’avons pas rencontré de contraintes. Ce label, c’est une immense fierté. On le met d’ailleurs en évidence, avec un panneau au stade ! (rires) On augmente bien évidemment notre pouvoir d’attraction. Aujourd’hui, on a quarante éducateurs, un directeur sportif, des responsables de catégorie. On veut développer les féminines, le football handicap, cela me tient à cœur. Pour le côté associatif, on a crée un gros tournoi pour la Pentecôte où tous les bénéfices sont reversés à une association. On a acheté un van neuf places, sans oublier les deux terrains synthétiques qui nous ont été livrés. Ça compte aussi pour marquer des points ». De la à viser le label élite ? « Impossible ! » rétorque le président. Il poursuit : « C’est impossible à court terme. Il faut quand même des équipes U15, U17 et U19 en Ligue ! »

 

L’obtenir c’est bien, le garder, c’est mieux !

Un label jeune n’est pas une fin en soi. Il a une durée de vie et s’entretient. A Lyon-Duchère, on a bien conscience que les efforts fournis pendant plus de dix années ne doivent pas s’arrêter là : « On a toujours fait en sorte de contourner les obstacles pour avancer. La difficulté, c’est de trouver la bonne formule sur toutes les catégories pour avoir une équipe cohérente. On n’est pas riche en infrastructure, et c’était notre principale crainte. On a réussi à obtenir ce label malgré les contraintes mais on est au max de ce qu’on peut faire. Si on veut rester à ce niveau, il faut trouver d’autres axes de développement, comme le secteur féminin et ses petites catégories ».

Et les clubs pros dans tout ça ?

Les clubs professionnels sont peu à s’être lancés dans un projet de labellisation. Parmi eux, Guingamp, Amiens, Caen, l’Olympique de Marseille ou encore l’AJ Auxerre. Fabien Cool, coordinateur de l’associaton de  l’AJA explique pourquoi le club de Ligue 2 a décidé de se « labelliser » : « Le club avait à cœur de montrer que tout ne passe pas que par le centre de formation. On essaye aujourd’hui, avec un club en Ligue 2 et un pouvoir d’attraction moindre, d’amener un, deux ou trois joueurs par génération à réussir. Ce label élite représente un tout. Cela permet à l’AJ Auxerre de garder une image au niveau local, et au niveau national. C’est ce qui fait aussi que le club garde une belle côte de sympathie auprès des gens ». Pour autant, le club professionnel n’a pas obtenu son label élite d’un claquement de doigt : « On a rencontré quelques difficultés au niveau des installations et sur le niveau global de l’école de foot. Il a fallu l’enrichir, l’étayer. Mettre en place également de la préparation physique. Pour que le cahier des charges soit validé, il faut effectivement avoir des équipes dans toutes les catégories, des contenus, des installations, des classes à horaires aménagés. On doit être capable de prendre en charge un enfant de 5 ans et de l’amener à minima à évoluer avec l’équipe seniors en amateur ou au mieux à intégrer le centre de formation. Il ne faut pas relâcher les efforts et continuer à prouver aux jeunes qu’ils seront bien accueillis à l’AJA et que le travail y est de qualité. Mohamed Métoui estime que le label n’est pas vraiment destiné aux structures professionnelles : « Aujourd’hui, un club pro qui a la bonne recette n’a pas besoin d’une ligne conductrice venant de la fédé. Un club comme l’OL qui effectue un excellent travail de formation n’a pas besoin de se stabiliser. C’est effectivement plus destiné aux clubs amateurs, cela valorise leur travail. Les clubs professionnels ont leurs propres méthodes ».

 

Le 'Labels jeunes' en bref depuis sa création

Les chiffres :

2015-2016 : 509 clubs labellisés

2016-2017 : 949 clubs labellisés (623 clubs masculins, 326 clubs féminins)

 

Les axes de développement à l'obtention d'un 'Label Jeunes' FFF

Le projet associatif : vise à structurer le club de façon à obtenir une organisation claire, cohérente, performante et sécurisante, dans le souci d’optimiser l’attractivité du club et de développer ainsi le mieux vivre ensemble.

Le projet sportif  vise à définir les formes et les niveaux de pratique du club en adéquation avec les besoins des pratiquants et déterminer les normes d’encadrement ainsi que les climats et les contenus d’entraînement.

Le projet éducatif : vise à renforcer le projet sportif à travers une bonne connaissance et un partage de règles de vie et du jeu au sein et en dehors du club.

Le projet d’encadrement et de formation : vise à évaluer les besoins en termes d’encadrement et renforcer ainsi le niveau de compétences des encadrants du club.

Source : FFF