Coupe de France8e tour

Ladislas Douniama (US Granville) : « J’avais vu Malcom faire le selfie avec Bordeaux »

04/12/2017 à 16:01

Attaquant de 31 ans, Ladislas Douniama a rejoint Granville mi-septembre 2017. Depuis, il enchaîne les buts pour le club de National 2, comme samedi, en Coupe de France, face à l'AS Vitré. L'ancien joueur de l'EA Guingamp ou de Lyon La Duchère raconte ses premiers mois en Normandie.

Vous voici en 32e de finale de Coupe de France après votre victoire contre l’AS Vitré (2 – 1), dont un but de votre part.

C’était un bon match général. La performance est à noter collectivement. A travers ce collectif, j’arrive à ressortir avec un but.

Votre équipe ouvre le score rapidement.

En première mi-temps, c’est leur équipe qui avait la possession sans être dangereuse. On était bien en bloc. Sur une erreur de leur part, on arrive à marquer ce but qui nous fait du bien. On courrait beaucoup défensivement. Or, on n’aime pas trop ça, quand on est attaquant (sourires). Ce but n’a pas de suite libéré des espaces. En revanche, on a su rester en bloc jusqu’à mon deuxième but, ils ont alors fait des changements et ont beaucoup poussé. Là, ça a libéré des espaces.

Pouvez-vous expliquer votre célébration ?

J’avais vu Malcom à Bordeaux, qui avait fait un selfie tout seul. Je me suis dit que ce serait plus sympa avec mes potes derrière. Je leur ai dit avant le match, que, si je marque, « vous venez, on le fait ». Ils ont dit « garde ton téléphone sur le banc et on en fait une vraie ». Mais il y aurait bien des photographes qui allaient la prendre (rires).

Le seul point négatif, ce sont ces opportunités de 3-0 ratées.

On a eu les occasions pour se mettre plus tôt à l’abri, mais on ne l’a pas fait. On encaisse un but et on se fait peur pendant dix minutes. Mais rien de grave, on maitrisait notre sujet. Avec la conscience qu’on a, on savait que ça allait passer. L’objectif des 32e de finale est atteint. Mais si on parle de parcours, on verra bien où on s’arrêtera. Pour l’instant, c’est une très bonne chose.

Ce soir a lieu le tirage. Que souhaitez-vous ?

On espère un bon tirage (rires). On n’espère pas forcément une Ligue 1. Plus on va loin, mieux c’est. Si l’adversaire est à notre portée, c’est bien. Ou une bonne Ligue 1. Tout est bon à prendre. Quitte à avoir une Ligue 1, je préfère perdre contre le futur vainqueur de la Coupe de France (rires).

Guingamp ?

Ce serait un beau clin d’œil de les affronter. Avec l’UNFP et Arles Avignon, on les avait battu 1-0. Le match avec Arles, on les avait éliminés en Coupe de la ligue sur un but que j’ai marqué. Ce n’est pas un objectif que je me fixe, il n’y a pas de revanche à avoir. Ce serait un match à part pour moi et un très beau match pour les Granvillais. Il y a un bon lien. Ca reste un très bon souvenir. Quand on évoque mon nom, ça se référencie à mon parcours là bas.

En quoi est-ce un bon souvenir ?

J’ai tout construit là-bas, j’y ai signé mon premier contrat professionnel. Mes filles sont nées là-bas, ma femme est de là bas. Et j’y ai connu les premières montées.

Vous voici à Granville depuis la mi-septembre. Comment ça se passe ?

Je me sens très bien. C’est un club sain, avec un président et un coach qui m’ont accueilli dès mon arrivée à l’hôtel. Ca s’est très bien passé. Le relationnel y est. C’est un club familial, qui me rappelle aussi lorsque je suis arrivé à Guingamp. Granville lui ressemble au niveau de l’image. Il y a un bon petit public, très sympa, et j’ai des coéquipiers super, qui m’ont bien accueilli. Il y a de la joie, de la bonne humeur et ça bosse bien.

Ca vous réussit, avec quatre buts en championnat.

C’est vrai, avec dès mon premier match, un but. C’est bien pour marquer le coup. C’est bien pour la confiance, ça se voit jusqu’à aujourd’hui. On se créé des occasions, j’arrive à les concrétiser et ça donne des résultats pour l’équipe.

« Quand tu es dans le groupe UNFP, tu apprends à gérer ta frustration »

Vous êtes arrivés avec Ismaël Gace et Melvin Vieira. Quel est votre rôle ?

Derrière, Ismaël, il ne faut pas se mentir, est indispensable à la défense. C’est un roc, il est costaud. Melvin apporte sa maitrise technique au milieu. Et moi, j’apporte la finition. Sur le terrain, on parle beaucoup et on est écouté.

C’est vous qui avez fait venir Ismaël Gace.

Je lui ai parlé, il est réfléchi aussi. Il n’a pas fermé la porte. Quand on a évolué en pro, on espère toujours jouer plus haut. On ne sait pas de quoi est fait demain. On est à Granville, on ne s’y attendait pas, mais ça se passe très bien, donc on est très content.

Cet été, vous étiez dans le groupe de l’UNFP. C’est frustrant ou ça permet d’apprendre ?

Les deux. Tu apprends à gérer ta frustration. C’est compliqué. C’est un moment qui n’est pas facile. Tu te poses des questions, tu te demandes pourquoi t’en es là, est-ce que t’as encore le niveau pour jouer. T’attends, tu contactes des clubs, certains te disent non, d’autres que tu es trop vieux. On gère la frustration, on prend conscience de la réalité.

Qu’avoir un contrat est d’être privilégié ?

Il ne faut pas cracher dans la soupe, quand on a un club qui propose de prolonger. Avoir un club, c’est une bonne chose. Le plus dur est de trouver un club, même en CFA.

Vous avez douté ?

Moi, je ne doute pas. Je sais ce que je suis capable de faire, ce que je peux apporter. On peut douter si on est faible mentalement.

Vous avez passé une saison à Lyon La Duchère. Quel souvenir en gardez vous ?

Je n’ai pas spécialement de souvenir. C’est une mentalité différente. Lorsqu’on me dit en face, que je suis prolongé, et qu’on ne me recontacte pas, qu’on ne décroche pas le téléphone lorsque t’essayes d’en savoir plus, je suis alors déçu du comportement qu’ont pu avoir les dirigeants de la Duchère.

Vous regrettez ?

Je ne regrette rien du tout. Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Je suis très bien à Granville. Je suis près de Plérin, d’où je suis. Je le vis bien et ça se ressent sur le terrain. Tant mieux.

Auriez-vous aimé continuer ?

Bien sûr, j’aurais aimé rester là bas, car il y a des bons mecs avec qui j’ai pu évoluer avant, comme Farid Talhaoui, qui est passé par Guingamp.

Désormais, vous êtes donc à Granville. Rêvez-vous encore du monde professionnel ?

Quand on joue au foot, qu’on a été en haut, bien sûr, c’est toujours dans un coin de la tête. A 31 ans, on ne sait pas ce qui peut arriver, on se dit que c’est possible, mais il ne faut pas rêver.

Crédit : Capture d’écran US Granville