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Leslie Djhone, une reconversion réussie

09/02/2017 à 17:13

Après avoir travaillé avec le TFC la saison passée, l'ancien champion du monde du 4x100 mètres et d'Europe du 400 mètres, finaliste olympique, a supervisé la préparation estivale des joueurs de David Moriette à Carmaux en PH...

Après avoir travaillé avec le TFC la saison passée, l’ancien champion du monde du 4×100 mètres et d’Europe du 400 mètres, finaliste olympique, a supervisé la préparation estivale des joueurs de David Moriette à Carmaux en PH. Un grand écart pour cet athlète complet qui s’est reconverti dans la préparation physique. A tous les niveaux.

Leslie, comment vous êtes-vous intéressé au football ?
Par l’intermédiaire de Dominique Arribagé, qui m’a mis en contact avec le TFC, avec lequel j’ai travaillé toute la saison passée, avant que Pascal Dupraz arrive avec son staff. Cette saison, j’ai aussi participé à la préparation de l’US Carmaux, en PH, là encore après avoir croisé David Moriette, leur coach. Mais il ne s’agissait que d’une intervention de courte durée, d’un mois à peu près, une mission à court terme.

Pourquoi le foot ?

Parce que j’ai toujours aimé ça et qu’il faut des qualités physiques de vitesse, d’explosivité, de détente, de puissance aussi qui correspondent à ce que j’ai toujours travaillé dans ma carrière d’athlète de haut niveau. Mais je suis aussi intervenu dans le rugby, à titre plus individuel pour m’occuper notamment de Vincent Clerc lorsqu’il jouait au Stade Toulousain.

« Je m’attendais à voir des joueurs qui râlent mais ils ont été très réceptifs »

Quel bilan faites-vous de votre passage avec les pros du TFC ?
Ce fut une expérience extrêmement enrichissante qui m’a fait prendre conscience d’une réalité que je ne soupçonnais pas. A savoir qu’il st très difficile de travailler dans la durée, physiquement, avec un calendrier qui impose de jouer aussi souvent, parfois trois fois par semaine. Dans ce contexte, on ne peut pas parler de préparation physique mais plutôt de récupération. Par rapport à l’athlétisme où les échéances sont éloignées, à moyen ou long terme, et où on peut programmer une vraie préparation, les matchs sont trop rapprochés. Une fois que la préparation de la saison est effectuée, avec un gros travail physique sur plusieurs semaines, on change d’approche. Et lorsque ils ont le temps de travailler entre deux matchs, ils privilégient le ballon, et c’est normal.

De la Ligue 1 à la PH, comment avez-vous adapté vos méthodes ?

Je voulais cerner aussi le côté amateur de la chose… Car l’implication des footeux amateurs peut être aussi importante que chez les professionnels et j’ai bien fait en sorte de ne pas faire de différence car si les objectifs sont différents, ils peuvent être aussi précis. Il faut s’adapter aux conditions, être plus pédagogue pour amener des sportifs qui travaillent toute la journée et viennent se détendre le soir, vers une préparation physique adaptée mais néanmoins sérieuse et rigoureuse. C’est quand même un autre monde qui vous oblige à vous adapter. Au début, ils avaient plus envie de faire l’apéro qu’autre chose (rires) mais au final je pense qu’ils ont bien bossé. Nous avons essayé de travailler sur leurs faiblesses. Je m’attendais à voir des joueurs qui râlent mais ils ont été très réceptifs. Mon parcours de sportif de haut niveau a certainement aidé…

« Pros ou amateurs, la tendance actuelle va vers des préparations individualisées »

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris chez les footeux professionnels ?
Leur rythme de matchs, toute l’année, qui s’enchaînent et les obligent à des cadences assez élevées, autant que leur habileté technique, leur capacité à être bon et précis balle aux pieds tout en allant vite, en étant toujours en mouvement. Les footballeurs sont de vrais athlètes, surtout ceux qui jouent au milieu et à qui on demande de couvrir beaucoup de terrain, qui plus est en Ligue 1 qui est un championnat très physique.
De toute façon, pros ou amateurs, la tendance actuelle va vers des préparations individualisées, parfois en dehors, complémentaires, de ce que proposent les staffs des clubs. C’est de la diététique, de l’hygiène de vie, de la récupération… A tous les niveaux, il est impératif d’en passer par là pour être performant.

Que faites-vous désormais ?

Je travaille dans un centre de préparation physique où on cible sur la qualité, dans le travail de réathlétisation pour des sportifs après des blessures, d’autres qui ont des échéances à préparer, des sportifs amateurs qui veulent progresser. On est sur du renforcement musculaire, sur la perte de poids aussi parfois. Je continue mon apprentissage global, je touche un peu à tout en attendant de voir vers quoi ça peut me mener.

propos recueillis par J.L.B.