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L’historique des arrières gauches en équipe de France (2/6)

24/02/2021 à 13:23

Le flanc gauche de la défense est un poste à part entière. Propriété d'un gaucher, en théorie, il a vu se succéder bon nombre de joueurs de qualité chez les Bleus, caractérisés par un physique et une technique en phase avec les exigences de ce rôle de latéral. Petit récapitulatif historique.

Avant la Seconde Guerre Mondiale, l’équipe de France évolue en 2-3-2-3 sans latéraux. Dans les années 50, on passe à trois défenseurs et des prédispositions pour le côté gauche apparaissent. Les premiers joueurs marquants au poste se caractérisent par leur polyvalence. Un atout qui s’explique par des schémas tactiques sensiblement différents de ceux en vigueur à l’heure actuelle.

Marche : premier symbole

La première référence au poste n’est autre que Roger Marche. Longtemps détenteur du record de sélections (63), le « Sanglier des Ardennes » occupera le flanc gauche de la défense bleue de 1947 à 1959. Un modèle de constance au haut niveau. Citons également le Lyonnais André Lerond (31 sél. 1957-1963).

Roger Marche (à gauche), le « Sanglier des Ardennes »

Les années 60 sont placée sous le signe de l’expérimentation : Jean Djorkaeff (48 sél. 1964-1972) est amené à quitter son flanc droit pour dépanner à gauche, et l’axial Bernard Bosquier (42 sélections entre 1964 et 1972) jouera sur ce côté lors du dernier match de poule de la coupe du monde en Angleterre face au pays-hôte, futur vainqueur de la compétition. André Chorda fait aussi le job entre 1960 et 1966 (24 sélections), Jean-Paul Rostagni (25 sél. 1969-1973) prend la relève un temps.

Maxime Bossis, d’abord aligné à gauche avant de prendre l’axe

Les années Bossis puis l’installation d’Amoros

Après une pige du Marseillais François Bracci (18 sél. 1973-1982), Maxime Bossis (76 sél. 1976-1986) jouera les coupes du monde 1978 et 1982 à gauche avant d’être replacé dans l’axe. C’est alors qu’une nouvelle génération de latéraux, incarnée en bleu par Manuel Amoros (82 sél. 1982-1992) et William Ayache (20 sél. 1983-1988), se partage les couloirs de la défense lors de la seconde moitié des années 80 de manière indifférenciée, même si le premier cité finira par devenir l’une des références au poste. Ce qui n’empêchera pas d’autres latéraux de saisir leur chance, à l’instar de Jean-François Domergue (9 sél. 1984-1989), appelé de dernière minute pour l’Euro 1984, qui finira par disputer la plupart des rencontres de la campagne victorieuse de l’équipe de France à domicile, ou Thierry Tusseau (22 sél. 1977-1986), qui aura sa chance lors de la coupe du monde 1986.

Manuel Amoros lors de la coupe du monde 1986

L’incontournable Manuel Amoros reste le latéral gauche des bleus au début des années 90. Titulaire lors de l’Euro 92, il est suppléé dans un premier temps par l’ultra-polyvalent Emmanuel Petit (63 sél. 1990-2003) ou par le Marseillais Eric Di Meco (23 sél. 1989-1996), davantage utilisé lors des qualifications pour la coupe du monde 1994 avec la triste issue que l’on connaît, au cœur d’une décennie qui verra débouler un nouveau phénomène originaire du pays basque : Bixente Lizarazu.

Lizarazu : patron d’une décennie

Le gamin des Girondins de Bordeaux met rapidement tout le monde d’accord en entrant dans le onze dès l’Euro 96. Il est le candidat idéal à gauche pour son sélectionneur, Aimé Jacquet, en recherche de stabilité derrière et d’automatisme avec la charnière Blanc-Desailly. Entre 1992 et 2004 , il honorera 92 capes. Ne laissant que des miettes à Pierre Laigle (8 sél. 1996-1998) ou au droitier polyvalent Vincent Candela (40 sél. 1996-2002). Titanesque.

Au mitant des années 2000, il faut trouver le successeur d’un Lizarazu qui a pris sa retraite internationale après l’Euro 2004. Mikaël Sylvestre (40 sél. 2002-2006) et William Gallas (84 sél. 2002-2010) sont essayés, mais c’est le Lyonnais Eric Abidal (67 sél. 2004-2013) qui obtiendra les faveurs de Raymond Domenech et sera titularisé pendant le coupe du monde 2006 et l’Euro 2008.

Eric Abidal et William Gallas pendant la coupe du monde 2006

Evra dans la durée, le renouveau Hernandez

Laurent Blanc fait de Gaël Clichy (20 sél, 2008-2013) l’arrière gauche titulaire des Bleus lors de l’Euro 2012, mais ce dernier ne convainc pas totalement. L’arrivée de Didier Deschamps au poste de sélectionneur l’année suivante pérennise Patrice Evra, déjà titulaire et capitaine des Bleus lors de la Coupe du monde 2010, et Lucas Digne (35 sél. depuis 2014), tous les deux convoqués pour la coupe du monde 2014 puis l’euro 2016. L’ancien latéral mancunien raccroche les crampons après un bon bout de chemin en sélection (81 sél. 2004-2016) mais la succession ne se fait pas attendre. Les Bleus sont champions du monde en 2018 avec le franco-espagnol Lucas Hernandez (22 sél. depuis 2018), excellent durant toute la compétition. Dernièrement, le Madrilène Ferland Mendy a donné satisfaction (7 sél. depuis 2018).

Demain sur Actufoot, nous vous présenterons les forces en présence à ce poste.

Pour en savoir plus sur les spécificités du poste de latéral gauche

Photo : Icon Sport

 

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