Edito

L’Olympique Aulas contre Qatar Saint-Germain

19/09/2017 à 16:32

Les présidents de Lyon et du PSG ne partiront pas en vacances ensemble, comme on dit. Sur le terrain, Paris l’a emporté 2-0 mais la prometteuse jeunesse Lyonnaise a bien résisté, à l’image de Jean-Michel Aulas.

Dimanche 17 septembre 2017, le PSG avait la France contre lui lors de PSG-Lyon. Les fans des autres clubs s’identifiaient plus au petit poucet lyonnais qu’à l’ogre parisien. C’est bien humain : il est plus logique d’être du côté de celui qui n’est pas favori. Cependant lors du match, Lyon s’est montré souvent très entreprenant quand il approchait la surface de réparation lyonnaise.  A la 68e minute, la frappe lourde de Ndombélé est venue s’écraser sur la transversale d’Areola, archi battu. A un cheveu près, Lyon ouvrait la marque et le match serait devenu différent, au lieu de ça, Paris a marqué deux fois, par le biais chaque fois d’un but contre son camp : Marcelo (75e) et Morel (86e)… Entre-temps, Lopes arrêta un penalty de Cavani que Neymar aurait voulu tirer. Il est évident que la tension entre le Brésilien et l’Uruguayen n’a pas fait du bien à la concentration du tireur. Dans les tribunes, Jean-Michel Aulas était passé par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel : du stress à l’espoir, de l’attente de la bonne surprise possible au coup du sort. Ses jeunes ont failli faire un hold-up chez les stars.

La semaine d’avant-match, fidèle à son habitude, le président de l’OL avait entamé la rencontre dans les médias pour souligner le décalage entre les finances du PSG, sans limite, et celles de l’OL qui n’existent qu’au mérite du président Aulas  et de son staff qui se battent depuis des décennies pour stabiliser leur club dans l’élite. Passé maître en communication, le président de Lyon n’est pas dupe : il sait que le PSG aux mains du Qatar est un club étatique alors que son cher OL n’est que celui d’une ville et un peu d’une région qui s’arrête aux frontières de … Saint-Etienne ! Les deux villes sont les meilleures ennemies de France, dans le cadre du football, s’entend. Le président lyonnais a conscience que Lyon dispute un championnat purement sportif tandis que le Qatar se sert du football pour se construire une image mondiale. S’il fallait faire du curling pour qu’on parle en bien du Qatar, celui-ci n’aurait pas investi un euro dans le ballon rond.

Quand le président de Lyon dit : «C’est bien d’avoir une finale de championnat contre Monaco, car le Qatar ne fait pas partie de la France» (Mai 2016) et «Le PSG ne vit pas de ses propres ressources. Il est subventionné par un Etat qui pollue  une économie traditionnelle», son homologue parisien fait dire par son entourage que Jean-Michel Aulas ne devrait parler que de Lyon et s’abstenir de critiquer le PSG. La fronde anti PSG s’élargit jusqu’en Espagne et en Angleterre. Ces deux pays ne disaient rien quand Silvio Berlusconi faisait la pluie et le beau temps au Milan AC gavé de stars de l’époque dont van Basten. La stratégie n’est pas du tout la même entre les deux présidents rivaux : celui de l’OL veut regagner le championnat (pas facile de se mettre au niveau de Monaco et du PSG) et, but suprême, la C1 (ce qui semble presque inaccessible depuis l’arrêt Bosman)  pour couronner sa carrière au service du club de sa vie ; celui du PSG, lui, a été nommé par l’Emir du Qatar pour faire une publicité mondiale à leur pays et cela passe par la conquête de la Champions League. Il se murmure déjà qu’une fois l’exploit accompli, le PSG pourrait passer aux mains chinoises, après la Coupe du Monde 2022, au Qatar…

Bernard Morlino