N2 (D)13e j.

Ludovic Saline (ASM Belfort) : « On mérite d’être là »

29/11/2018 à 14:36

L'ASM Belfort pointe à la 4e position de N2 (D). Un rang qui permet à Ludovic Saline et ses coéquipiers de se mêler à la lutte pour les premières places. Mais, à l'heure de recevoir son ancien club, Schiltigheim, le milieu de terrain, passé par la Serie C italienne, se veut humble. Interview

Comment abordez-vous les trois derniers matches avant la trêve ?

On est content de ce qu’on fait pour le moment, jusqu’à maintenant. On n’est pas trop mal en terme de résultats. L’état d’esprit est bon. On est concerné, d’autant que, depuis Créteil, on sait qu’on avait de grosses échéances, avec, ensuite Epinal, et Schiltigheim, Sainte Geneviève, Croix à venir. C’est un calendrier compliqué. On est prêt, on reste sur deux résultats positifs. Ca nous prouve qu’on n’a pas de sentiment d’infériorité à avoir face à de grosses équipes du championnat.

Vous en doutiez ?

Dans l’équipe, beaucoup de joueurs veulent montrer de quoi ils sont capables. Aujourd’hui, pas mal d’entre eux ont évolué au dessus. On se sent en confiance, on ne craint personne. Mais on n’est que l’ASM Belfort. On n’est pas là pour bousculer la hiérarchie, des équipes sont plus à même de le faire. Nous, on est dans notre objectif, c’est bien.

Le maintien ?

Clairement. C’est prioritaire. Vu la situation du club, comment il s’est sauvé l’an dernier, le changement d’entraineur, le fait qu’il y ait pas mal de nouveaux joueurs, des moyens. Tout le monde n’est pas sans savoir qu’on n’a pas le budget de certaines équipes. Ca ne nous empêche pas d’être compétitif et de montrer chaque week-end qu’on mérite d’être à cette place-là. Ca nous donne envie de continuer.

Comment jugez-vous le début de saison ?

On sait qu’on a des qualités, offensives comme défensives. On est en train de progresser. Il faut se rendre compte qu’on arrive à rivalise sur des matches à enjeu contre d’un peu plus grosses équipes. On parvient à élever notre niveau de jeu. Il faut maintenant qu’on progresse mentalement face aux équipes qui sont derrière. On se sent bien, on n’a pas trop de pression. Il n’y a que les bons résultats qui feront que ça continuera. Si on a trois défaites sur les prochains matches, tout ce qui est mis en place depuis cinq mois sera chamboulé, ce serait dommage. Il faut des résultats positifs pour valider notre première partie de saison correctement.

Vous êtes quatrièmes, c’est inespéré ?

Quand on regarde bien, on a un effectif composé de bons joueurs. Après, le soucis principal, c’est en terme de quantité. Sur la durée, ça peut être un peu plus compliqué. Mais quand on regarde ce qu’on produit, en terme de résultats, on en a de bons contre les gros. On a perdu des points dans les deux dernières minutes sur certains matches puisqu’on encaisse un but contre Bobigny à la 88e et face à Saint-Maur à la 91e. Le calcul est vite fait. Si on avait ces quatre points, on serait en tête. Maintenant, si on nous avait dit, en début de saison, qu’on en serait là, on ne l’aurait pas forcément cru, mais on est des compétiteurs. On est à notre place, on mérite d’être là.

Prochain match, face à Schiltigheim, où vous jouiez l’an passé. C’est spécial ?

J’ai fait une saison là-bas, qui est ce qu’elle est, avec quelques blessures. C’était, pour moi, une redescente en CFA, avec ce que ça entraînait. Il y a eu beaucoup de changements et ça a été une saison mitigée sur le plan sportif, c’est dommage, car ça ne s’est pas trop mal passé. Ca va me faire plaisir de retrouver quelques joueurs avec qui j’ai évolué. C’est sur ça que ce sera particulier de ce côté-là. Avec le coach ? Il n’y a pas de soucis.

Que faudra-t-il faire pour l’emporter ?

Cet été, ils ont mis des choses en place pour attirer beaucoup de joueurs du dessus. Clairement, ils ont un objectif de montée qui n’est pas le nôtre. Ce qu’il faudra mettre en place, c’est être costaud, face à une belle équipe qui joue bien au ballon. Ils ont des failles. Ce sera à nous d’essayer d’en profiter. On est sur deux victoires d’affilée. Un résultat positif serait de ne pas perdre, puisque ça les laisserait derrière nous. Si on peut gagner, c’est un plus. On va jouer face à une des deux meilleures équipes du championnat. Il faut donc remettre les choses à leur place. On n’est pas sur les mêmes objectifs. A eux de venir ici en se disant qu’il faut nous battre.

Comment jugez-vous votre première partie de saison ?

Personnellement, je me sens bien. J’ai eu un petit coup d’arrêt avec une blessure musculaire qui m’a gêné quelques temps. J’ai récupéré, même si je ne suis pas encore à 100 %. Sur le terrain, ça se passe bien, le coach et mes partenaires me font confiance. C’est plus facile de pouvoir exprimer son foot. Et puis, je me sens bien du fait d’être décisif, avec trois buts et quelques passes décisives. C’est encourageant, même si je suis ambitieux. Il faut continuer et faire mieux sur la 2e partie de saison en jouant tous les matches. Si j’y arrive, ce sera très bien pour moi et pour le club.

Depuis 2014, vous avez changé de formation chaque année. Avez-vous envie de vous poser à Belfort ?

Exactement. C’est un peu le discours que j’ai tenu avec le président cet été. J’étais à la recherche d’un environnement qui me permet de me stabiliser un peu. Je ne savais pas si j’allais le trouver. Mais ici, tout est réuni sportivement pour que ça se passe bien. Donc, pourquoi pas… A 29 ans, je n’ai pas envie de changer chaque année. C’était une vélléité que j’avais avant, mais on connait le foot.

Vous ne pouviez pas rester ?

J’aurais pu, mais il y a eu tout ce qui est contractuel, performance sportive, toutes les choses du foot.

Ca vous laisse des regrets ?

Non, car ça m’amène à Belfort où je me sens bien, je suis épanoui. Je ne regrette pas. Le plus embêtant est dans la vie personnelle.

Que vous ont apporté vos différents clubs ?

Chacun m’a offert une vision du foot différente. J’ai pu côtoyer beaucoup d’entraîneurs, de joueurs. Ca m’a apporté un peu de caractère, car, pour pouvoir s’imposer dans une nouvelle équipe, chaque année, ce n’est pas facile. Mais c’était enrichissant. Un peu de stabilité ne fait pas de mal, pour les performances sportives aussi.

Un mot sur votre passage à Pise, en Série C italienne.

J’étais à Concarneau, je sortais du centre de Lorient. Je bossais avec un agent qui avait des contacts en Italie. Ils étaient intéressés par le profil, ils  sont venus me voir. Ils avaient besoin de jeunes joueurs. Le coach adorait mon profil et ce que j’ai pu montrer. J’ai eu une proposition de contrat pro de deux ans. J’ai hésité au début, car ce n’était pas facile de partir à l’étranger. Ca a été une très bonne expérience, j’ai fait une quinzaine de matches. C’est un foot complètement différent. Il y a moins de contacts, c’est plus tactique, plus technique, plus professionnel. C’est avancé à ce niveau là. C’était très bien.

Crédit : ASM Belfort