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Ndary Adopo « Mon parcours jusqu’à Torino a été compliqué »

11/07/2018 à 14:09

Des U19 B de l'US Torcy en début de saison à ses premiers pas en équipe de France U18 dernièrement, Michel Ndary Adopo a connu une accession plus que fulgurante en quelques mois. Pour Actufoot, le milieu de terrain de 17 ans revient sur le chemin qui l'a mené à la signature de son premier contrat professionnel à Torino en avril dernier, son nouveau quotidien en Italie et ses rêves de jeune footballeur.

Pouvez-vous nous retracer votre parcours, de vos débuts en région parisienne à votre signature en Italie ?

J’ai commencé le football là où j’ai grandi, à Bussy-Saint-Georges, de U6 à U13. Puis, je suis parti faire des tests à Torcy afin d’intégrer leur équipe U14 Elite, mais surtout dans le but de rejoindre un club plus exposé. Les essais se sont très bien déroulés, mais lors du dernier match face au PSG je me suis fait les ligaments croisés. J’ai été opéré et pendant 1 an et demi je n’ai plus joué au foot. Dès que j’ai pu remarcher et surtout courir, ils m’ont pris à Torcy. J’ai pu jouer 2 matches en fin de saison avec les U15 DH, puis j’ai grimpé les échelons : je suis passé en U16 Elite, en U17 DH, ensuite en U17 Nationaux, et enfin j’ai alterné entre les U19 DHR et Nationaux. Aujourd’hui, je suis à Torino.

Votre grave blessure vous a-t-elle fait douter quant à vos rêves de devenir footballeur professionnel ?

Après mon opération je ne pouvais plus marcher. J’ai fait de la rééducation pendant 8 mois. C’était compliqué, je ne touchais pas le ballon. J’ai fait beaucoup de natation pendant cette période. C’est dur mentalement, car le football nous fait tous rêver surtout quand on est petit. Je pensais que c’était fini pour moi. Lorsque j’ai repris, je me voyais mauvais, mais bon j’ai persévéré et cela a payé.

Aujourd’hui cette expérience difficile est devenue une force ?

C’est sûr que ça me rend plus fort. Je me dis que je reviens de loin. Ce n’est facile pour personne, chacun à son parcours, mais le mien a été compliqué. J’ai su remonter la pente aussi grâce à mes parents, ma famille et mes amis.

Pouvez-vous nous décrire votre style de jeu ?

Tout le monde me compare à Paul Pogba et à sa façon de jouer. Personnellement, je ne pense pas vraiment, mais si les gens le disent… Je suis milieu relayeur. Je joue beaucoup avec mon corps. Mon gabarit est plutôt avantageux, je mise donc sur la puissance et la technique.

« En Italie on me demande des photos au supermarché »

Tout s’est accéléré très vite pour vous ces derniers mois…

En décembre, j’étais encore un joueur de Torcy. Torino m’a convoqué pour 3 jours d’essais et seulement deux semaines après je suis revenu pour m’engager avant la fin du mercato. Je suis arrivé en Italie en janvier et 3 mois plus tard je signais mon premier contrat pro. Ça va très vite… On m’avait prévenu, mais je n’étais pas préparé mentalement à un changement si radical. À Torcy personne ne me connaissait, aujourd’hui en Italie on me demande des photos au supermarché par exemple. Mais bon, je sais d’où je viens, je garde la tête froide, je ne suis pas encore arrivé à mes fins. Ce n’est que le début…

Quelles différences avez-vous remarqué sur le terrain ?

C’est encore plus physique. Il y a aussi plus de volume de jeu, on court tout le temps. C’est très tactique. On travaille beaucoup le placement à l’entraînement, être au bon endroit au bon moment aussi bien défensivement qu’offensivement. Je pense quand même que le foot français est plus technique, même si c’est vrai qu’en région parisienne on joue beaucoup sur le physique.

Vos débuts avec l’équipe B ont été convaincants, comment l’expliquez-vous ?

J’étais prêt mentalement. Je n’ai pas eu de pression particulière lors de mes matches. J’avais des objectifs bien précis. Ça se passe bien, même si c’est compliqué.

Vous avez également évolué avec les pros…

Oui, j’ai réalisé 6 entraînements avec l’équipe première. Les francophones (Nicolas Nkoulou, M’Baye Niang, Salvatore Sirigu) sont super gentils, ils me parlent. On s’entend tous très bien.

« J’y ai vraiment cru quand mon père m’a appelé »

 

Quelle a été votre réaction à l’annonce de votre convocation en équipe de France U18 ?

Je n’y croyais pas trop… Lorsque l’on m’a annoncé la nouvelle j’étais en extérieur. J’y ai vraiment cru quand mon père m’a appelé. J’étais super content, c’est un rêve pour tout français de représenter le nation. Après comme tous, on rêve un jour de porter le maillot de l’équipe première.

Quelles sont vos ambitions à Torino ?

À mon arrivée à Torino, je me suis fixé pour objectif de signer pro avant la fin d’année. Ça s’est fait un peu plus tôt et j’en suis très content. Maintenant, je souhaite être régulier et exploser. M’entraîner le plus souvent possible avec l’équipe 1 et faire quelques entrées en Serie A.

Quels sont vos rêves de footballeur ?

Ce ne sont que des rêves pour le moment, il faut travailler pour les voir se réaliser. Depuis petit, je suis fan de Didier Drogba, surtout pour sa période à Chelsea. Je sais aussi que le championnat anglais est très physique, alors j’aimerais bien m’y frotter…

Propos recueillis par Julien Guibet

Crédit Photo : Tarragona 2018 / Tuttomercatoweb