PortraitJoueur pro

O Minot Da Costa

18/10/2018 à 17:15

Il ne doit rien à personne. Il est parti de zéro, du monde amateur en District pour s'imposer aujourd'hui en 2018 en pro, en Ligue 1. Celui qui a débarqué du Cap-Vert dans le sud de la France entre le Var et les Bouches-du-Rhône, en novembre 2004, à l'âge de 13 ans, sans parler un mot de français, a réalisé l'impensable. Sa détermination a détruit la frontière qu'il y avait entre son rêve et la réalité. Découvrez la fantastique histoire de Nuno Da Costa, le minot de la côte qui n'avait pas peur du froid strasbourgeois.

« Il est arrivé, on était en 5e. Il avait 13 ans et venait du Portugal. Il parlait donc portugais mais aussi espagnol et anglais. Il était très doué en langues. Le français ? Le premier mois, il savait déjà communiqué. Au bout de 6 mois, il pouvait avoir des discussions. Et après un an, il faisait moins de fautes que ceux qui étaient nés sur le territoire français » nous apprend son pote du collège, Thomas Zrncic. Le petit cap-verdien Nuno Da Costa annonce la couleur. Il n’est pas là pour perdre du temps et il apprend vite. Une nouvelle vie commence alors pour celui qui va devenir plus tard l’un des buteurs les plus prometteurs de Ligue 1. Une nouvelle vie dans un pays qu’il ne connaît pas. Tout reste à faire, ce qui ne fait pas peur au môme. « Il s’est de suite très bien intégré. Je n’ai pas le souvenir qu’il ait galéré pour se faire des collègues. Comment ? Il l’a fait par le ballon. Avec plusieurs amis, on se retrouvait après les cours pour jouer au foot. On faisait des futsal, des foot à 5, des city stades » précise son ami d’enfance.

A cette époque, Nuno fait ses armes en U13 au club de St Zacharie, petit village du Var situé à la frontière des Bouches-du-Rhône. A cet âge, le jeune attaquant est un bon joueur, doué techniquement, mais pas au dessus du lot non plus. « Footballistiquement parlant, il n’était pas au dessus à ce moment-là. Par contre, il était très fort techniquement. Il nous faisait des gestes de fou que personne n’avait jamais vu. On avait beau avoir les jambes fermées, il nous mettait quand même un petit pont. On se demandait par où il était passé… » se souvient Thomas Zrncic. Un peu plus d’un an après, le gamin cap-verdien rejoint son collègue, en – de 15, au SC Auriol. Il va alors prouver que l’on peut compter sur lui dans les matchs importants : « On jouait le match de la montée de Pré-Excellence en Excellence, il fallait absolument gagner pour accéder au niveau supérieur. Il avait marqué le but de la victoire. Il y avait trois joueurs à nous dans la surface, c’était le plus petit… Je me rappelle qu’il avait sauté et qu’il avait mis une tête qui avait terminé au fond des filets. Quand je pense à lui, j’ai cette image qui revient… il flottait dans les airs… il avait une tête de plus que les autres… » se remémore son ancien coéquipier. « C’était déjà un attaquant très fin techniquement, un très bon joueur. Sa nonchalance m’avait marqué. Le fait de jouer à un plus haut niveau après lui a permis de corriger ça. A l’époque, il marquait déjà beaucoup de buts et finissait pratiquement toujours meilleur buteur de l’équipe » nous précise son ancien président au SC Auriolais, Pierre Chesi.

Le félin ne craint dégun !

Devenir professionnel. Depuis toujours, Nuno Da Costa a ce rêve en tête. Et il y croit du début à la fin. Pourtant, en U18, le jeune joueur n’a encore jamais connu un autre niveau que le niveau District. Cette opportunité, celle de jouer en Ligue, il va se la créer tout seul. Tout commence avec Bruno Sardi, entraîneur de la U18 DHR du club de l’ES La Ciotat en 2007. A la recherche d’un attaquant efficace, le coach repère Nuno alors qu’il joue en – de 15, en niveau District, dans le petit club du SC Auriol : « C’était un joueur félin, c’est ce qui m’avait plu. Il avait des qualités de détente horizontale, de détente verticale et de vitesse. C’est ce qui m’avait sauté aux yeux. Athlétiquement, il était vraiment au dessus de la moyenne ». Le jeune adulte se laisse alors convaincre par le technicien et rejoint le club ciotaden.

A son arrivée, le jeune buteur se fond dans l’effectif. Attachant, rieur mais aussi travailleur, Nuno fait l’unanimité au sein du groupe. Il blague, chambre, met la bonne ambiance mais n’est jamais méprisant. Il fait preuve d’un très bon état d’esprit. Bruno Sardi se souvient « C’était un joueur qui était assez sûr de lui. Il était très perfectionniste et avait un super état d’esprit. Et même s’il avait confiance en lui, il n’avait pas cet égo mal placé que certains ont. Il était solidaire et pensait à l’équipe tout en ayant des ambitions qui étaient légitimes ». Avant de commencer la saison, l’entraîneur ciotaden veut apprendre à connaître son effectif. Pour cela, il met en place un questionnaire distribué à chaque joueur de son groupe « Je voulais savoir ce qu’ils pensaient d’eux-mêmes, leurs ambitions, leurs caractères, à quel niveau ils voulaient évoluer plus tard, leurs qualités mentales, leurs zones préférées… Pour Nuno, ça se caractérisait par un petit qui était solidaire. Son objectif personnel, ce n’était pas de mettre tel ou tel nombre de buts mais d’aider l’équipe ». Sûr de lui et de ses atouts, c’est aussi ce qui ressortait de ce questionnaire. Le coach se rappelle, sourire aux lèvres « Il connaissait ses qualités. Il avait écrit : dribbles, vitesse et frappe. Par contre, pour ce qui est de ses défauts, il n’avait pas su répondre. Il avait mis un point d’interrogation ».

Document exclusif : Le questionnaire d’avant-saison de Nuno Da Costa

En jeune adulte qu’il devient, l’avant-centre semble se forger un caractère au sein de sa nouvelle équipe « C’était un gentil garçon qui avait la personnalité qu’il fallait, mais face à la défaite, il était comme tous les gagneurs, le visage très fermé. Par contre, il ne s’énervait jamais sur un terrain. Il ne répondait jamais aux provocations des adversaires » signale Bruno Sardi. C’était aussi un gros travailleur qui aimait les défis. Il voulait se frotter aux meilleurs, c’est ce qui le faisait vibrer : « J’avais une belle équipe avec une belle charnière centrale Bianciotto-Le Goff. Je me souviens qu’il était content quand je le mettais contre Yoan Bianciotto qui était un défenseur central rugueux. Il était demandeur » explique l’ancien coach de Nuno.

Fin de la saison 2007/2008, Nuno Da Costa et les siens remportent le championnat DHR et montent en DH avec, cerise sur le gâteau, la Coupe Pons (Coupe U19 du District de Provence). Ces succès, le jeune attaquant y a largement contribué. Son entraîneur se souvient : « Il y avait un plateau Débutants un samedi et tout le monde était resté au stade car on jouait contre Monaco qui venait avec son centre de formation. On pensait qu’on allait prendre une rouste mais on avait gagné 3 à 2. D’ailleurs, il y avait Germain qui jouait devant à l’époque et il avait été très bon. Nuno Da Costa l’avait été aussi, il avait marqué le but de la victoire ». La saison suivante, en U19 DH, l’ES La Ciotat change d’entraîneur. C’est Reynald Busolini qui prend les manettes de l’équipe. Mais le buteur cap-verdien semble avoir la tête ailleurs. « Il venait, il ne venait pas, il venait, il ne venait plus. Quand j’ai récupéré les U19 DH, c’était l’attaquant attitré. Au départ, il n’y avait pas de soucis, il faisait partie du groupe. Puis, il s’est blessé en début de saison et il n’a pas trop joué. Après, je ne l’ai plus revu. 6 mois après, il signait à Aubagne » explique l’éducateur. Le coach regrette : « J’avais une belle équipe mais Nuno reste un peu ma déception » mais il ne lui en veut pas « Je le voyais l’année précédente jouer et il avait beaucoup de qualités. Il devait jouer au dessus, c’est normal. Il a fait les bons choix. Maintenant, je suis quand même très heureux pour lui car c’était un gamin extraordinaire. De le voir aujourd’hui en Ligue 1, ça me fait bizarre. Je lui tire mon chapeau. Il a eu un gros caractère ».

Un félin à la patte cassée

Le garçon ne vient plus à l’entraînement à La Ciotat. En ligne de mire, le monde seniors. Il veut commencer à percer et pour cela il a besoin de plus de visibilité. Le jeune attaquant va alors tenter un match de détection à l’Aubagne FC qui évolue à ce moment-là en DH. « Il était venu faire un match d’essai. Sur ses premiers ballons, on a tout de suite vu qu’il avait quelque chose en plus. On s’était regardé avec les autres membres du staff et on s’était dit : il faut le faire signer ! » s’exprime son ancien entraîneur Frédéric Cravero.

A Aubagne, l’attaquant de tout juste 19 ans va connaître des débuts difficiles. « Il a eu du mal à s’imposer au début. Les premières années, il était notre joker de luxe. Il était remplaçant mais à chaque fois qu’il rentrait il faisait la différence » nous apprend son ancien coéquipier Thierry Batret. Mais ce qui a réellement freiné le joueur dans son intégration au monde Seniors, ce sont ses multiples blessures. « Lors de son premier match avec nous, face à Orange, en Coupe de France, il met un but venu d’un autre monde, une frappe de 20 mètres qui vient se loger sous la barre. A ce moment-là, je me suis dit : mais qu’est ce que c’est que ce joueur ?! 5 minutes après, il se faisait casser la jambe. Ça m’avait marqué ! Il avait eu du mal à revenir… Surtout que l’année d’après, il se fracture l’épaule… » se rappelle le milieu offensif aubagnais.

Encore une fois, et ce malgré toutes ses blessures, le goleador n’a pas abandonné son rêve. « Il n’a jamais baissé les bras. Lors de ses trois premières années avec Aubagne, il a eu pas mal de blessures. Ça lui a permis de se renforcer mentalement » nous informe le technicien de l’AFC. Pas du genre à jeter l’éponge, le félin cap-verdien continue de travailler. Au départ, le coach Frédéric Cravero le faisait jouer sur l’aile et non pas à son poste d’attaquant axial. Parfois même il redescendait avec l’équipe réserve en PHB. L’entraîneur de l’équipe Deux, Thierry Borello, se souvient « Le samedi, quand il jouait avec la CFA2, il jouait remplaçant et il ne rentrait qu’en 2e mi-temps. Et comme il avait moins de 23 ans, il avait le droit de jouer 90 minutes avec moi le dimanche en PHB. Il avait une super mentalité ce garçon. Il a toujours joué le jeu. Il venait pour gagner, pour aider l’équipe. Pas tout le monde était comme ça ! ». Même son de cloche pour le coach de l’équipe Une « Malgré son jeune âge, il est arrivé avec une certaine mentalité. Il demandait des explications mais il ne boudait pas. Il a toujours travaillé. Je me rappelle avoir eu une discussion avec sa maman. Elle était partie en vacances au Portugal et elle voulait l’emmener avec lui mais lui voulait rester pour s’entraîner. Il m’avait demandé d’appeler sa mère pour la convaincre ».

Nuno, tu tires ou tu pointes ?

Et le travail va finir par payer ! Samedi 4 janvier 2014, 32e de finale de Coupe de France face à la Ligue 2 de Dijon, Nuno Da Costa va marquer le but qui va le révéler aux yeux du grand public. Sur une jolie passe en profondeur de Zenafi, le buteur aubagnais s’en va tromper le gardien adverse, Florent Peraud, d’un piqué magistral. L’AFC s’inclinera aux tirs au but (score final 3-3, 4-5 TAB), mais l’attaquant avait lancé sa carrière. Sans le savoir.

« C’est le tournant de sa carrière. Il commençait à flamber en CFA2. Réussir son face-à-face avec le gardien, c’est bien mais réussir à faire le geste qu’il fait, c’est autre chose. Quand il a vu qu’il pouvait faire ça, il s’est imposé comme leader technique au sein de l’équipe » commente Frédéric Cravero. « C’est l’année où j’ai vraiment pris conscience que c’était un joueur qui pouvait nous faire gagner des matchs. Je me disais à chaque fois, en rentrant sur le terrain, s’il est bon, on va gagner. D’ailleurs, cette saison, on a manqué la montée en CFA de peu. En étant milieu offensif, je savais très bien qu’en lui passant un ballon, il allait se passer quelque chose. Dans l’équipe, on avait tous ce sentiment-là. Il allait très vite dans ses appels de balle, était capable d’éliminer des joueurs dans des petits espaces, de faire des gestes techniques venus d’ailleurs. Je le regardais jouer et je me disais : Qu’est-ce qu’il fait ? Il est fada ! Dans le vestiaire, on le disait tous, il faut passer le ballon à Nuno ! C’était devenu quelqu’un d’important malgré son jeune âge (24 ans). Il avait pris une telle dimension… on avait confiance en lui » raconte Thierry Batret, le meneur de jeu.

Faouzi Djedou, recruteur de Niort, remarque alors les performances de l’avant-centre cap-verdien. Il va l’aider à passer à l’étape supérieure : le monde professionnel. « Quand il est revenu de blessure, Aubagne était 11e de son groupe de CFA2. Il a marqué 12 buts en même pas six mois et ils ont fini 2es. C’est aussi parce que Cravero travaillait bien mais Nuno les a quand même beaucoup aidé dans ce travail de remontada » se souvient-il. « Je l’ai aidé à signer à Valenciennes. Je voulais le prendre à Niort au départ mais on n’a pas pu. On avait trop d’attaquants et trop de joueurs sous contrat. Je suis donc passé par quelqu’un que je connaissais pour l’amener vers le VAFC. Mais Nuno, je l’avais repéré bien avant Aubagne. Son mental était extraordinaire et il avait un gros dynamisme technique au dessus de la moyenne. Ça correspondait à ce que l’on recherche en pro, une vitesse importante, un état d’esprit exemplaire… c’est simple, il avait le comportement d’un pro en amateur » explique l’observateur.

Un minot qui ne va pas à l’OM… Pourquoi ?

2015. L’attaquant de CFA2 signe alors un contrat amateur dans le club de Valenciennes, en difficulté financière, pour y évoluer en Ligue 2. Joueur à fort potentiel, on se demande alors pourquoi Nuno Da Costa n’a pas signé directement avec un club de Ligue 1. La réponse de l’entremetteur niortais, Faouzi Djedou, est claire : « Nuno, au départ, ce n’était pas évident. Un ou deux ans avant, Dijon l’avait déjà mis à l’essai mais il n’avait pas été retenu. Mais comment peut-on mettre à l’essai un joueur comme celui-ci ? Pour les joueurs amateurs, il faut les voir dans leur milieu naturel, et avoir un suivi sur le long terme. Pour moi, les essais en France, c’est de la foutaise. J’avais demandé à 2 ou 3 clubs de Ligue 1 de le prendre en pro mais ils me disaient : « tu comprends, il sort de CFA2. Si je ramène un joueur amateur en Ligue 1 et que ça ne marche pas, je vais me faire virer. » Mais pour moi, c’était du sûr et certain et je l’ai certifié à Valenciennes qui a tenté sa chance ».

« Il avait joué au Sporting Portugal quand il était petit mais c’était un fan de l’OM. Il n’y avait pas d’autres clubs qui l’intéressait. Dans l’équipe, on était tous pour l’OM. Ça nous arrivait même d’aller au stade ensemble. Quand je vois aujourd’hui le nombre de joueurs qui y sont passés et quand je vois les sommes astronomiques mises sur certains éléments, je me dis que Nuno aurait eu sa place à Marseille. Il avait largement les qualités et il ne coûtait pas cher ! Je n’ai pas peur de dire qu’à ce moment-là, il aurait pu apporter un plus à l’OM. C’est dommage que le club ne s’intéresse pas à des joueurs qui sont du cru. Il aurait pu avoir sa chance. On l’a vu cette saison, il est rentré 20 minutes au Vélodrome et il a mis le feu. Il a même marqué. J’espère qu’il viendra un jour, je lui souhaite en tout cas car je pense que pour lui ce serait merveilleux d’évoluer sous les couleurs de son club de cœur. En plus, il a le caractère et les épaules pour supporter ce contexte » confie Thierry Batret qui a joué 7 ans à ses côtés. Le recruteur Faouzi Djedou est du même avis « Je ne suis plus étonné par l’OM. Il n’y a plus aucun provençal. Ils sont allés prendre un défenseur central qui manque de taille à Bergerac, ils sont allés chercher Ayoub Ouhafsa à Colomiers, c’est un bon joueur mais dans la région il y en a beaucoup des joueurs comme ça. Bouna Sarr a eu les épaules alors qu’il venait de National, alors pourquoi pas Da Costa ? Aujourd’hui, il s’impose.  D’autant plus que l’année où il part à Valenciennes, l’OM est en difficulté et est dans une année de transition avec Passi ».


Frédéric Cravero, son coach à Aubagne est un peu plus mesuré « L’OM, à cette époque-là, aurait été trop haut pour lui. C’est trop de pression ! Je ne lui aurais pas conseillé. Il aurait eu beaucoup moins de temps de jeu qu’avec Valenciennes. Ça aurait été un mauvais choix. L’OM est un grand club et il sortait de CFA2 qu’on le veuille ou non. Le travail qu’on avait fait avec lui n’aurait pas été suffisant. On l’avait bien formé pour la Ligue 2 mais je ne pense pas que d’entrée en Ligue 1 il aurait cassé la baraque et encore moins à Marseille ».

Il a du cul, fatche de con !

Un soir de décembre 2015, à Nancy, tout a failli s’écrouler pour Nuno Da Costa. Valenciennes est en difficulté en championnat. Alors remplaçant, il fait son apparition sur le terrain à un quart d’heure de la fin de la partie. Sur une erreur d’inattention, il laisse son latéral s’échapper et centrer. Erreur ! Il permet indirectement à Nancy de marquer le but de la victoire. L’entraîneur du VAFC de l’époque, David Le Frapper, est fou de rage et promet au buteur cap-verdien qu’il ne verrait plus le monde professionnel. « C’est pas possible que les efforts de certains soient gâchés par une personne ! » Il se tourne alors vers moi, me montre le badge de Ligue 2 et me dit : « Tu vois ce badge là ? Tu ne le verras plus. » » raconte Nuno Da Costa à So Foot. Heureusement pour lui, en janvier, Faruk Hadžibegić remplace DLF et les cartes sont redistribuées.

Par la suite, Édouard Butin, attaquant du VAFC se blesse et Nuno profite de la situation. Il marque dix buts en 18 matchs sur les cinq derniers mois et s’affirme comme le meilleur buteur de Ligue 2 en 2016. « Moi qui viens de là-bas, je sais que les supporters de Valenciennes l’adoraient. Son coéquipier Baptiste Aloe aussi me le disait. C’était quelqu’un d’apprécié. Un mec du sud qui vient s’imposer dans le nord qui en plus n’a pas froid, c’est rare ! Les gens aimaient son attitude et son envie » explique Reynald Busolini, un de ses anciens coachs à l’ES La Ciotat. Janvier 2017, Nuno commence à penser à jouer plus haut, en Ligue 1. Six mois plus tard, l’international cap-verdien signe à Strasbourg.

Da Costa a la côte !

« Des joueurs qui étaient dans le dur ont retrouvé la lumière. J’espère que ça va pousser tout le monde vers le haut. On est tous très satisfaits de l’implication et du talent de Nuno Da Costa. Honnêtement, on prie tous les jours pour qu’il ne se blesse pas. Et puis, il a un très bon état d’esprit » souligne Thierry Laurey, en conférence de presse, en début de ce mois d’octobre 2018. A Strasbourg, le minot Da Costa s’est fait un nom. Lors de sa 1ère saison alsacienne, l’année dernière, il marque 6 buts en 27 matchs. Aujourd’hui, pour ce nouvel exercice, il en inscrit 4 et fait 2 passes décisives en 9 matchs. Avec son partenaire d’attaque Lebo Mothiba qu’il avait d’ailleurs connu à Valenciennes, ils représentent 50% des buts du club. Il a fait du RCSA la 4e meilleure attaque de Ligue 1 Conforama avec 16 buts, un record depuis 34 ans.

« Honnêtement, je ne pensais pas qu’il arriverait à ce niveau. Ça part de loin quand même… Quand un jeune joue en U19 DHR, on se projette oui, mais on se dit qu’il jouera en CFA, CFA2 voire National mais la Ligue 1, on n’y pense pas. Par contre, lui y pensait… » Cette phrase prononcée par son ancien éducateur U19, Bruno Sardi, résume bien le chemin de Nuno Da Costa, l’enfant cap-verdien qui a conquis la France du football. Il avait un rêve. Il l’a réalisé. Que tous ceux qui pensent que c’est terminé s’en inspirent ! Un match n’est fini qu’au coup de sifflet final.

Keevin Hernandez