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OM : Michael Cuisance, joueur surcoté ou en manque de repères ?

08/01/2021 à 18:33

Très attendu à son arrivée à l'OM où ses qualités techniques devaient permettre à l'équipe d'André Villas-Boas de s'améliorer dans le jeu, Michael Cuisance démontre toutes les peines du monde à trouver sa place sur le rectangle vert.

Confiance en soi, puissance et élégance caractérisent, selon ceux qui le connaissent le mieux, les qualités de Cuisance. De ce que l’on observe à l’OM jusqu’à présent, cette association de caractéristiques n’a avec le joueur que la rime et la déception est à la hauteur des attentes suscitées par l’arrivée du joueur prêté avec option d’achat (18 M€) par le Bayern Munich. Présenté à son arrivée comme un élément destiné à s’imposer rapidement dans le onze de départ d’André Villas-Boas, le Strasbourgeois de naissance a commencé par mettre des paillettes dans les yeux de son entraîneur, conquis par les aptitudes techniques de sa recrue lors des premières séances à la Commanderie.

Titularisé d’entrée contre Bordeaux, le milieu de terrain a livré une première copie intéressante. La seule avec le match de Nantes au Vélodrome, où il s’est offert sa première passe décisive en Ligue 1 d’un merveilleux extérieur du gauche pour Payet. L’unique vraie action de classe restée dans les mémoires marseillaises du milieu de 21 ans (16 matches toutes compétitions confondues) qui se complique trop dans ses choix et peine à se situer sur le terrain.

Un statut en trompe l’œil ?

Elu meilleur joueur du Borussia Mönchengladbach en 2017/2018 à seulement 18 ans, sacré champion d’Europe avec le Bayern Munich l’an dernier et habitué des sélections de jeunes de l’équipe de France qu’il a gravies facilement des U16 aux U20, Michael Cuisance est un arrivé à l’OM avec un statut. Au moins sur le CV. Et c’est peut-être ce qui est un petit peu lourd à digérer aujourd’hui, lui qui se savait vraiment attendu et désiré par son entraîneur et le peuple marseillais.

Si on se penche d’un peu plus près sur le parcours récent du joueur passé par la formation de Strasbourg et Nancy, on s’aperçoit que depuis sa saison de révélation en Allemagne, tout est plus compliqué. La confirmation n’a pas eu lieu au Borussia qui l’a quelque peu placardisé pour avoir privilégié l’Euro U19 en Finlande à la préparation estivale de son club. Et son premier exercice avec le grand Bayern, malgré un but sensationnel en Bundesliga pendant le restart, fut bien trop famélique (9 matches) pour être réellement considéré. C’est donc dans la peau d’un joueur qui a tout à prouver que le gaucher à la frappe de balle « musicale », selon Hasan Salihamidzic, est arrivé sur la Canebière. Elle est pour l’instant comme Cuisance, en salle d’attente.

Un positionnement à trouver

A sa décharge et cela peut expliquer son rendement médiocre, la recrue estivale la plus attendue de l’OM a été trimballée un petit peu partout sur le terrain. De l’aile gauche à l’aile droite à un poste de numéro 10 qui ne lui colle pas bien à la peau, c’est en relayeur, poste qu’il a trop peu expérimenté sous la tunique olympienne, qui semble le mieux correspondre à ses qualités. « Quand vous avez un joueur, vous devez essayer de vous demander à quel poste le garçon a le plus de chances d’aller toucher le très, très haut niveau et pourquoi pas les A. Et bien avec Michael, je considère que c’est à ce poste. Il est très adroit, a une très bonne frappe mais je crois que pour jouer plus haut sur le terrain, il faut vraiment avoir ça dans le sang, cette envie de marquer, cet instinct de tueur. » confiait dans les colonnes de France Football, Bernard Diomède son sélectionneur chez les U19 des Bleus. Et ce n’est pas les statistiques de son protégé devant le but – 1 but seulement en match officiel depuis ses débuts en pro – qui démontreront le contraire.

Aussi, Cuisance a peut-être manqué sa chance à Marseille. A son arrivée sur la Canebière, le trio du milieu Kamara-Rongier-Sanson, qui avait fait la réussite de l’OM l’an dernier, ne mettait plus un pied devant l’autre. S’il avait été bon d’entrée, l’Alsacien aurait pu s’y faire une place. Depuis, la concurrence a retrouvé un niveau relativement intéressant et Pape Gueye est en train d’hausser le ton dans l’entre-jeu. Pas de quoi améliorer l’horizon à court terme du numéro 17 marseillais. D’après l’Equipe, c’est en mars-avril que l’état-major olympien décidera de lever ou non l’onéreuse option d’achat insérée par le Bayern lors du prêt. En l’état actuel, il libère finalement plus le club allemand d’un poids qu’il n’aide l’OM à remplir ses objectifs.

L’OM doit-il lever l’option d’achat de Cuisance ?

L’avis de la rédaction : Avant de se demander si l’OM doit lever l’option d’achat, interrogeons-nous pour commencer sur les possibilités du club olympien de débourser, dans la période d’austérité qu’on lui connait, 18 millions d’euros pour un seul et unique élément… Si une nouvelle qualification en C1 pourrait certes aider en ce sens, Michael Cuisance va grandement devoir monter en régime dans ses performances s’il souhaite convaincre l’état-major marseillais de le conserver. Tout va très vite en football, qui plus est à Marseille, mais il nous semble pour l’instant impossible d’exploser une tirelire aussi grosse (qui n’existe d’ailleurs certainement pas) pour lui malgré un âge (21 ans) lui octroyant une certaine marge de progression. Bien évidemment, la vérité d’aujourd’hui n’est pas celle de demain et nul doute que si le board de l’OM devait trancher aujourd’hui, la « question serait vite répondue ».