Interview exclusiveOMOL

Pascal Olmeta : « Même à Lyon, tu parleras de l’OM ! »

26/02/2021 à 19:00

Transfuge de l'OM à l'OL après avoir gagné la Ligue des champions en 1993 avec le club phocéen, Pascal Olmeta (59 ans) s'est livré avec son franc parler habituel sur ses souvenirs et l'actualité des deux clubs. Deux institutions qu'il a gardées dans le coeur et qu'il sait distinguer, avant le choc des Olympiques (dimanche, 21h).

Qu’est-ce que cette affiche du football français vous évoque comme souvenirs ?

C’étaient les bons moments, l’envie de vouloir jouer ce match à n’en pas dormir là veille ! Il fallait tout simplement gagner pour nos supporters. J’ai senti cette attente aussi bien dans un club que dans l’autre, il ne fallait pas se blesser avant.

Lequel des deux clubs vous a le plus marqué ?

L’OM, parce qu’on a tout gagné. Si je n’avais été que de passage à Marseille sans avoir remporté des trophées, j’aurais peut-être dit autre chose, comme Paris ou Lyon. Il y a toujours un tournant de carrière qui fait que l’on retiendra plus un club que l’autre.

La ville qui respire le plus foot ?

Marseille. La-bas, tu as le soleil, tu ne peux pas passer deux minutes sans parler de l’OM. Même à Lyon, tu parleras de l’OM !

OM-OL est devenu le vrai choc, la vraie rivalité sportive de notre championnat ces dernières années. Quelle saveur avait cette rencontre dans les années 90 ?

C’était encore plus alléchant qu’aujourd’hui ! Non pas parce que la pandémie oblige à jouer dans des stades vides et que c’est catastrophique, mais plus dans l’attente des supporters. Ce désir de se démarquer du choc, de gagner. Je trouve qu’aujourd’hui il y a moins d’envie.

« Je pensais y finir ma carrière (à l’OL) mais bon, ça n’a pas été le cas à cause de deux, trois en**** » Pascal Olmeta

L’OL a-t-il ses chances pour le titre ?

Oui, je l’espère. Je n’oublie pas que j’ai joué à l’OL où j’ai passé quatre années extraordinaires. Je pensais y finir ma carrière mais bon, ça n’a pas été le cas à cause de deux, trois en**** . A part ça, je n’ai pas de regrets parce que derrière, j’ai connu l’Espagne. A Lyon, il y a un président qui a construit son propre stade et j’espère qu’ils seront champions.

Jean Michel Aulas / Pascal Olmeta – 31.10.1995 – Lazio Rome / Lyon – coupe UEFA
Photo Icon Sport

Que pensez-vous du travail de Rudi Garcia ?

J’en pense que s’il pétait moins haut que son cul, ça pourrait aller.

Vous avez déclaré une fois qu’il était le « Zidane de Marseille ». Pourquoi ?

Justement, quand je dis : « péter plus haut que son cul », c’est parce qu’il a un sacré caractère. Et j’espère que va arriver à l’OM l’autre Argentin (Jorge Sampaoli, ndlr). A un moment donné, les joueurs sont comme de grands enfants et si tu ne leur mets pas des petites claques, tu n’obtiendras rien ! Aujourd’hui, ils ont tous un doudou mais un doudou en or. Il faut les secouer. J’ai vu Koscielny gueuler hier ou avant-hier (il a critiqué publiquement l’état d’esprit de certains de ses partenaires, ndlr). Je vais faire aussi faire la comparaison avec Macron qui veut faire des choses mais sur qui on tape toujours dessus. Et Rudi Garcia, avec son caractère, il ne peut pas avancer parce qu’il n’a pas les rênes.

« Lui, si il doit se faire virer un jour, je pense qu’une statue sur la Canebière lui aura d’abord été construite. Si il veut mettre des gifles à un joueur, il les mettra »Pascal Olmeta, à propos de Jorge Sampaoli

Vous espérez donc voir Sampaoli débarquer à l’OM ?

Oh put*** j’espère ! Lui, si il doit se faire virer un jour, je pense qu’une statue sur la Canebière lui aura d’abord été construite. Si il veut mettre des gifles à un joueur, il les mettra et c’est ça le vrai football. Tu as un Zidane qui est très calme et qui prend les joueurs par le cou à l’entraînement et tu as le coach de l’Atletico (Diego Simeone, ndlr) qui te fait bander.

Pour aller à l’OM et y réussir, il faut avoir ce petit grain de folie en soi ?

Oui, car ce n’est pas évident de jouer à Marseille avec l’exigence de ce public. Si tu ne te défonces pas et que tu n’as pas le tempérament pour, le public peut vite te faire dégager de l’OM.

Un peu comme Kostas Mitroglou qui n’a pas eu un grand succès lors de son passage…

Oui (sourires). Mais il n’y a pas que lui, quand tu n’es pas aimé à l’OM, tu n’as pas intérêt à te promener dehors.

Vous disiez vouloir que les anciens de l’OM intègrent la direction, à qui pensiez-vous ?

Je pensais à tout le monde ! Des Manu Amoros, Chris Waddle, Jean-Pierre Papin, Carlos Mozer, tout ces gens qui n’ont qu’une envie : aider le club et le public. L’autre jour, j’entendais un supporter qui disait que le Vélodrome n’appartenait pas aux supporters, mais c’est faux. C’est eux qui font en sorte que le club vive tous les jours et ce sont eux qui vont se saigner pour payer leur carte d’abonnement. Sans public, tu t’emmerdes.

Pascal Olmeta (en haut à gauche), Jean Philippe Durand, Manuel Amoros, Jocelyn Angloma, Basile Boli, Eric di Meco Jean Marc Ferreri, Jean Christophe Thomas et Jean Jacques Eydelie, tous vainqueurs de la C1 avec l’OM en 1993, à l’occasion d’un match de L1 au Vélodrome contre Amiens (2018). (Photo : Alexandre Dimou/Icon Sport)

Bâtir avec ses anciens, c’est ce que l’OL a toujours bien su faire…

C’est certain. Le football n’appartient pas à 100% aux footballeurs, mais disons à 90%. Le vrai langage du foot, c’est ce que tu ressens dans les vestiaires. Et ça, si tu n’as pas été joueur, tu ne peux pas l’avoir.

Le mot de la fin pour vous ?

Que tout se passe pour le mieux dans l’avenir qui s’amène pour nous tous et que nos gamins vivent pour le football. Et que l’OL soit champion, bien sûr.

 

Recueillis par Enzo Briand avec Thomas Gucciardi.

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