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Paul Marie (San Jose Earthquakes) : « Le joueur qui vient aux Etats-Unis sera toujours gagnant »

30/01/2018 à 17:28

Après quelques années en Université américaine, Paul Marie a été drafté par les San Jose Earthquakes. A 22 ans, c'est un challenge de taille, en Major League Soccer, le championnat professionnel américain que le natif de Saint-Aubin des bois (Calvados) s'apprête à vivre. Un moment de rêve pour le défenseur qui, à la fin de son passage au centre de formation du Stade Malherbe de Caen, a fait confiance à FFAUSA. Aujourd'hui, il ne regrette pas.

Vous avez été drafté il y a quelques jours par les San José Earthquakes. Qu’est-ce que vous ressentiez ?

Ça représente le début d’une grande aventure je pense. C’est quelque chose d’exceptionnel de participer à la cérémonie de la Draft. En plus, j’ai été sélectionné au 12e pick (choix) du premier tour. J’en ai encore des émotions…

Vous vous en doutiez ?

FFFUsa, qui me représentait, c’est-à-dire Jérôme, Edouard et Clément ont fait en sorte que je ne sache rien jusqu’à la fin. On ne peut jamais savoir.

Comment avez-vous vécu la soirée ?

Avant que les noms soient appelés, on ressent une grande pression. Nous sommes tous les joueurs, ensemble. Quand ton nom sort, c’est une sorte de relâchement. C’est une émotion qu’on ne ressent pas tous les jours. Ce n’est que le début d’une histoire et la fin d’une autre en université. C’est beaucoup de joie, de bonheur… J’aurais aimé que ma famille soit avec moi, mais j’ai partagé ces moments avec ma femme et mes agents.

Quel est votre parcours ?

J’ai commencé dans des petits clubs de ma région, Saint-Sever Calvados et Villedieu les Poêles. J’ai été repéré pour rejoindre le SM Caen en 14 ans fédéraux. J’y ai passé six années, j’ai eu une sélection en équipe de France U16. A 19 ans, je suis parti aux Etats-Unis, en 2014, en Université. J’ai rejoint une université en Caroline du Sud pour parfaire mon anglais pendant un an. Puis, j’ai rejoint Florida International University (FIU) à Miami.

Qu’est-ce qui vous a poussé à partir ?

Ce qui m’a motivé, c’est que mon frère est très voyageur et très diplômé. On s’est assis avec mes parents et on a réfléchi. J’avais des offres en CFA dans la région. J’avais arrêté l’école pendant un an. C’était mieux de trouver un projet pouvant allier école et football. FFFUsa m’a présenté cette offre. J’avais des bases d’anglais, ça ne m’a pas vraiment inquiété de ne pas parler. Je suis parti dans le projet. Je savais que j’allais apprendre, même si c’est difficile de se faire comprendre les 2-3 premiers mois.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans l’aventure FFFUSA ?

C’est un projet humain et sportif très dur à refuser. Comment un joueur qui se retrouve à la fin de sa période de centre de formation, avec des échéances en terme de choix de vie peut dire non à cette offre ? Si j’arrive à rebondir en réserve ou en National, c’est difficile. Beaucoup de joueurs arrêtent ou travaillent. Alors, je me suis dit : autant se lancer dans un projet qui me donne trois ans pour retenter ma chance dans le monde professionnel et me donne un équivalent de fac, en plus  de l’expérience de venir aux Etats-Unis, de visiter. Encore mieux, on a la possibilité d’aller disputer les matches en avion, d’aller à l’hôtel, d’être traité dans des conditions exceptionnelles. Avec FIU, le plus loin où on peut aller, c’était au Nouveau-Mexique. C’est professionnel !

C’est une chance…

C’est un cadeau ! La plupart des universités cherchent des Français. Elles adorent notre façon de jouer, notre culture du jeu. Elles vont donner une School Scholarship, donc une bourse qui couvre les dépenses. On est nourri, logé, blanchi. On a juste à s’occuper du terrain et des classes.

Comment s’est passé votre séjour à FIU ?

La vie à l’université, c’est super. Je vivais à Miami. Il y a du soleil toute l’année. J’étais dans un superbe appartement, que je partageais. Que dire de plus ? C’est la belle vie !

Aviez-vous conscience de votre chance ?

C’est enivrant. On se rend compte à un certain moment de la chance qu’on a. Au début, c’est excitant, on est foufou. Après, quand on se pose, on se dit qu’on a la chance d’avoir un projet qui tient la route. Les Etats-Unis, ce n’est pas un Eldorado, ce n’est pas non plus le dernier bout de terre pour tenter sa chance.  Dans tous les cas, le joueur qui vient aux Etats-Unis sera gagnant. Il s’ouvre toutes les portes qu’il veut, il va rencontrer des personnes sur son chemin. Derrière, il aura des opportunités, que ce soit en France ou aux Etats-Unis.

Où seriez-vous allé sans cette opportunité ?

Je pense que j’aurais essayé de rejoindre Corentin Rioult, qui était à Granville. Ça aurait été plus difficile pour faire des études. C’était important aux yeux de mes parents et ma famille. Le monde amateur, c’est différent entre le travail, l’entraînement le soir et le week-end. Beaucoup apprécient mais moi, ça ne me mettait pas de la magie dans les yeux. Mais j’ai eu la chance de faire les détections FFFUsa : elles sont parfaites. Je connais comment ça marche, mon coach d’université y va chaque année. C’est encore mieux que quand je suis parti. FFFUSa a un réseau impressionnant : ils arrivent à placer des joueurs de partout. Pour des jeunes joueurs qui ont 18 ans et qui vont se faire rejeter de ces centres de formation, c’est une très bonne opportunité ! Et puis, ça n’engage à rien de faire la détection. Les joueurs vont recevoir des offres de l’université. Derrière, même pour des joueurs de foot qui ne veulent pas passer pro, mais juste pratiquer leur passion, ils peuvent jouer à un bon niveau, passer leur diplôme et se lancer dans la vie active. Je n’ai eu que des avantages depuis que je suis ici, j’ai kiffé.

Place à la MLS, aux San Jose Earthquakes.

Ça a à peine commencé et j’ai déjà un super ressenti. Le stade est magnifique, les infrastructures, c’est le top du top ! J’encourage les gens à suivre FFFUsa et certains joueurs comme moi. On poste des vidéos toute la journée, sur Instagram, pour montrer les infrastructures, comment on est traité, l’ambiance. Ça peut donner envie ! La suite ? Pour l’instant, mon objectif, c’est de m’adapter au monde professionnel, me développer, être performant. J’aurai ce que je mérite ! Je suis très excité de commencer la saison avec San José.

Crédit : DR

 

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