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Pierre L’Hotellier : « Vannes aujourd’hui, c’est un peu le fonctionnement d’une start-up »

20/06/2020 à 13:37

Les belles heures des Girondins de Bordeaux, du FC Lorient, des passages au Stade de Reims et dernièrement à l'US Concarneau... c'est en tant que directeur sportif du Vannes OC que Pierre L'Hotellier voit désormais l'avenir à 32 ans. A l'issue d'une saison 2019/2020 en National 2 avortée par la pandémie de Coronavirus, il nous a livré les clés du projet vannetais, entre jeunesse et ambition.

« J’ai bien compris que Maxime « faisait ce qu’il disait » »

La rencontre avec Maxime Ray, président du Vannes OC… décisive ?

Ma priorité, dans un club, est d’avoir la possibilité de se développer. J’ai rencontré Maxime Ray, le président du VOC, qui m’a présenté un projet qui correspondait parfaitement à mes attentes, notamment concernant les aspects sportifs avec de réelles possibilités de développement. Je me suis renseigné sur sa manière de fonctionner, humainement et structurellement. J’ai donc pris part à un projet extrêmement cadré, structuré et j’ai bien compris que Maxime « faisait ce qu’il disait » ! J’ai rapidement pu me rendre compte que c’était très pro notamment avec l’arrivée de Sébastien Harmand, qui s’occupe des aspects administratifs et financiers et qui réalise un travail incroyable. Avec Daniel Boraud, le Vice-Président, ils structurent le club afin que nous ayons une gestion financière saine. Cela permet de maximiser les forces concernant le développement du sportif et du business.

Maxime Ray (38 ans) président du Vannes Olympic Club

Une saison 2019/2020 écourtée par le Covid-19. Quel bilan en faire ?

J’ai eu la chance de connaître deux clubs où la santé financière est excellente : Reims et Lorient, ce qui m’a permis d’acquérir de nombreux réflexes en terme de gestion, de structuration… Ce n’est pas forcément la dépense et les idées les plus chères qui font le résultat. Cette saison, Vannes a connu pas mal de changements et une transition avec un président arrivé en juillet, qui n’a pas eu la possibilité de préparer la saison suffisamment en amont. Des choses ont changé petit à petit, notamment avec la nomination de Pierre-Alexandre Lelièvre en tant que coach principal, après un intérim réussi. L’idée, c’est d’impliquer tout le monde et cette opération sur les maillots en est l’exemple, avec Gabriel, qui s’occupait principalement des tournois du club et qui va prendre plus de responsabilités la saison prochaine. Vannes aujourd’hui, c’est un peu le fonctionnement d’une start-up, avec un jeune président qui donne le cap, qui contrôle mais qui responsabilise énormément.

L’opération sur les maillots du Vannes OC, qu’est ce que c’est ?

« La stratégie de communication se doit d’être dynamique »

Vos différentes expériences (Bordeaux, Lorient, Reims) vous sont elles bénéfiques aujourd’hui ?

C’est vrai que j’ai eu ce bonheur de tomber dans des super clubs professionnels. Lors de mon passage chez les Girondins de Bordeaux pendant deux saisons, c’était l’époque du titre de champion de France, du quart de finale historique en Ligue des Champions contre l’OL juste après ; j’ai vécu une expérience car je m’occupais de la partie merchandising, et là, on était en plein dedans ! Le FC Lorient aussi, où je suis revenu plusieurs fois, d’abord pour des jobs étudiant puis lors d’une année et demie de stage. J’ai eu l’occasion de côtoyer Loïc Fery au début de sa présidence d’observer et d’analyser ce qu’il mettait en place. A Reims, j’ai pu également côtoyer Jean-Pierre Caillot, Olivier Létang et Mathieu Lacour, qui ont sont des personnes extrêmement structurées et qui ont su bâtir des projets avec une réussite certaine. C’est tout ce vécu que j’utilise dans ma fonction !

Un changement de logo il y a quelques semaines synonyme d’une nouvelle identité ?

La réflexion a quand même été globale à ce sujet. Un logo, c’est aussi un moyen de concerner les gens, qu’ils aient envie de s’associer au club pour amener un maximum de monde dans l’aventure. C’est un projet ultra implicatif où on a besoin de toutes les forces vives. Par exemple, un groupe de jeunes supporters s’est formé au cours de cette saison, nous les avons rencontrés, nous avons discuté afin de connaître leurs attentes. Nous avons également beaucoup échangé avec des personnes qui connaissent bien l’histoire du VOC et ce qui revenait à chaque fois, c’est que notre image devait être améliorée. C’était quelque chose qui s’imposait naturellement et la stratégie de communication se doit d’être dynamique et ce logo en est l’illustration. On va annoncer des collaborations comme cela a pu récemment être le cas avec la création de notre équipe E-Sport avec Dylan « NeyzaH » Le Moller, jeune joueur FIFA de 22 ans mais déjà très expérimenté… D’autres collaborations vont arriver aussi. Cela symbolisera cette nouvelle dynamique.

Justement, dans un contexte où « tout » change, comment écrire l’avenir au féminin ?

Tout d’abord, en apportant encore plus d’attention au football féminin. De plus en plus de personnes souhaitent s’impliquer dans le football féminin. Par exemple, Sébastien Harmand, notre Responsable Administratif et Financier, a décidé de s’impliquer bénévolement sur la section féminine en y passant énormément de temps pour structurer les choses. Des créneaux de musculation sont mis en place, un préparateur physique sera à leur disposition… Les choses bougent !!!

Un effectif N2 qui aura un visage complètement différent en 2020-2021 ; des départs, de nombreux renforts… Comment agir en cette période ?

Il faut rendre hommage à notre équipe de recrutement, j’ai la chance d’avoir des personnes qui m’aident énormément et qui bossent énormément. On a avancé avec anticipation, dès octobre, sur des profils qu’on avait identifiés pour apporter un vrai plus. On a visionné énormément de matchs, échangé énormément sur les profils ! Au global, je pense qu’entre nous tous, on doit facilement dépasser les 1000 matchs analysés. Sans ces personnes, c’est impossible d’avoir une telle qualité de travail car ce sont aussi eux qui amènent la matière sur le recrutement. On en avait déjà validé plusieurs profils dès le mois de mars et il faut savoir que tous nos choix prioritaires ont rallié le projet du VOC. On a encore une arrivée de prévue et on ne ferme aucune porte mais notre effectif sera très complet pour atteindre les objectifs fixés sur les prochaines saisons !

De plus, les comptes ont été validés par la DNCG.

Vu la qualité des recrues, on peut se poser la question des moyens mis en œuvre. Il faut savoir que le VOC a réduit sa masse salariale de 20 % par rapport à la saison dernière ! C’est aussi ce travail commun où on a su énormément cadrer les choses pour que le budget soit cohérent, pour que l’impact à venir du Covid-19 ne nous fragilise pas, on a été très vigilant et minutieux afin de ne pas dépasser le cadre budgétaire qui a été donné par le Président et le Vice-Président. Quand on anticipe, on dépense forcément moins !

Une préparation déjà fixée ?

Elle va se faire en plusieurs phases : on a fixé une dizaine de jours pour réhabituer le corps des joueurs à l’effort après ces quelques mois d’arrêt. Nous allons aussi énormément travailler sur la cohésion et l’esprit de groupe car on totalise onze arrivées pour quinze départs et la réussite d’un groupe réside dans ce « vivre ensemble. » La seconde phase, plus longue de cinq semaines, nous permettra ensuite de rentrer dans le vif de la préparation, des matchs amicaux…

Crédit photo : Le Télégramme / Vannes OC