Football amateurScénario

Playoffs / playdowns : on s’y dirige tout droit !

04/12/2020 à 11:32

A l'initiative de la Ligue Auvergne Rhône-Alpes, l'idée d'un système de playoffs et de playdowns pour clôturer les championnats amateurs semble avoir fait son chemin au sein des différentes instances du football français.

25 week-ends. En tablant sur une reprise des compétitions le 8 janvier, il resterait 25 week-ends disponibles jusqu’à la date butoir du 30 juin. Si l’on ajoute la Coupe de France et les aléas de la météo en hiver, mener les compétitions à leur terme cette saison pourrait s’apparenter à un véritable casse-tête pour les Ligues et les Districts. Quelle solution adopter alors pour réduire le nombre de matches restant à jouer ?

Alors que les dernières annonces gouvernementales laissent présager d’une reprise des championnats amateurs pour le début du mois de janvier, à minima, la solution des playoffs permettrait de faire une économie de huit semaines en moyenne dans des calendriers qui s’annoncent surchargés.

Deux mini-championnats par poules

Interviewé le 19 novembre dernier, Pascal Parent, Président de la Ligue Auvergne Rhône-Alpes de Football, nous avait fourni un premier mode d’emploi : « L’idée serait, dans une poule de 12 par exemple, de faire deux mini-poules de 6, une des six premiers et une des six derniers, et de jouer cinq matches secs. Pour les lieux, c’est à définir. On pourrait imaginer un tirage au sort pour déterminer qui recevrait trois fois et se déplacerait deux fois, ou l’inverse. » L’exemple choisi s’appliquerait évidemment à des championnats à 10, 14 ou 16 équipes.

Plusieurs précisions viennent s’ajouter à ce schéma de base :

  1. La phase aller irait à son terme.
  2. Les équipes conserveraient le total de points obtenu lors de cette phase aller.
  3. Le nombre de montées / descentes dépendrait du niveau et du nombre d’équipes en lice. (exemple : en N2, le premier à l’issue des playoffs accéderait en National et les trois derniers des playdowns seraient relégués en National 3).

Autre façon d’appréhender le système : en y incluant des matches à élimination directe. Cette méthode inspirée de la NBA, le championnat de basket américain, verrait toujours les huit premières équipes qualifiées pour les playoffs, et les huit dernières pour les playdowns, avec une prime aux mieux classés :

  1. Les compteurs sont remis à zéro à l’issue de la phase aller.
  2. En conservant l’exemple du N2 : le 1er recevrait le 8ème, le 2ème le 7ème, le 3ème le 6ème, le 4ème le 5ème. A l’issue de ces quatre rencontres, les vainqueurs s’affronteraient en demi-finales, puis une finale déterminerait l’identité du champion, promu à l’échelon supérieur.

Un bémol persiste dans ce cas : comment déterminer le nombre d’équipes reléguées à l’issue des playdowns ? Dans plusieurs ligues, et selon les échelons, ces barrages de descentes pourraient ne sauver personne en fonction des résultats du dessous. En R1 Méditerrannée par exemple, le passage à des poules de 14, au lieu de 16 cette saison, prévoit un nombre de relégations important. Quel serait alors l’intérêt de disputer des matches si toutes les équipes se savent condamnées ? La FFF devra fixer un cadre précis pour adapter la formule aux particularités des différents niveaux.

Un consensus à trouver

Beaucoup plus incertaine, cette formule peut séduire : « Cela redonnerait un peu de vie au championnat et attirera du monde. De l’intensité, de l’injustice totale aussi parce que vous pouvez être premiers toute l’année et ne pas monter. Du foot comme on aime. » s’enthousiasme Kamy Aghey, entraîneur de l’Etoile Sportive Trinité Lyon (R2).

Mais existe-t-il vraiment un consensus général autour de ce système ? Pas si sûr. Quand certains coachs mettent l’accent sur son côté spectaculaire, d’autres, à l’instar de Fred Ménini, entraîneur de la R1 de l’AS Monaco, gardent un avis bien tranché sur le sujet : « Je suis complètement contre. Ça serait des matchs à 8 points et ça ressemblerait à mon sens plus à du catch que du football… Il y aurait beaucoup trop de pression sur ces rencontres. Je n’imagine même pas l’horreur pour les arbitres… De plus, il y a des championnats où il peut y avoir 4 à 6 descentes et donc certains playdowns seraient déjà joués ou presque. Dernier point, certaines équipes sont déjà condamnées à être dans la 2e partie. Il faut être réaliste, et jouer 4/5 mercredis pour équilibrer tout ça en étant organisé sur un plan géographique. Sinon, je ne vois pas à quoi aurait servi le questionnaire de la ligue en avril dernier. »

L’hypothèse fait partie des trois scénarios retenus par la LFA

Un groupe de travail de reprise des compétitions s’est réuni dans la semaine pour avancer sur les nouveaux calendriers et, ainsi, donner une visibilité plus concrète aux milliers de clubs concernés. L’hypothèse des playoffs / playdowns fait bien partie des trois scénarios qui seront débattus le 11 décembre lors de la prochaine Assemblée Générale de la LFA.

Ces scénarios seront présentés sous la forme de plusieurs propositions, en fonction de la date de reprise et du nombre de journées mises à disposition jusqu’à fin juin. « On ne peut pas faire jouer tous les dimanches, ne serait-ce que pour organiser la tenue des matchs en retard. En général dans un calendrier, on a trois journées et une journée de rattrapage », nous expliquent nos sources. « On a deux soucis : respecter les joueurs en les faisant jouer un maximum au football et leur assurer des compétitions justes quant aux résultats et à l’équité. » La piste des playoffs / playdowns semble remplir les critères évoqués, la balle est désormais dans le camp de la LFA.

☟ CONTINUEZ VOTRE LECTURE ☟