AnalyseLigue 1

Le RC Lens, promu et candidat à l’Europe ? Analyse avec Daniel Cousin

28/02/2021 à 10:48

Du statut de promu à celui de candidat à l'Europe, voilà le grand écart qu'a vécu le RC Lens en quelques mois. Comment en est-il arrivé là ? Analyse avec le meilleur buteur européen des Sang et Or, Daniel Cousin.

« Quand on parle d’Europe,  c’est sur le ton de la blague. Mais c’est vrai que quand on regarde les faits, le RC Lens est 5e et si la saison s’arrête aujourd’hui, on est en Europe. » L’analyse de Steven Fortes, livrée au crépuscule de la 26e journée de Ligue 1, a beau faire preuve d’un pragmatisme sans pareil, il n’empêche qu’elle permet de prendre un peu plus la mesure du chemin parcouru par le RC Lens depuis le début de la saison. Débarquée en L1 avec le statut de promu, et avec comme objectif le maintien au sein de l’élite, l’équipe emmenée par Franck Haise s’est rapidement imposée comme un candidat sérieux à la première moitié de tableau. Et, désormais, à l’Europe.

« Je suis un peu surpris du parcours de Lens et je ne m’attendais pas à ce qu’ils rivalisent avec des grosses équipes, reconnaît Daniel Cousin, ancien attaquant du Racing (2004-2007) et par ailleurs meilleur buteur en Coupe d’Europe avec 9 réalisations. Je suis content pour le club, car Lens est un club de Ligue 1 et n’a rien à faire en Ligue 2. C’est vrai que je suis en partie étonné, mais pour les avoir vu jouer, je peux dire que c’est mérité. »

Un recrutement réussi

Mérité, c’est effectivement le mot. Car le RC Lens s’est donné les moyens de bien figurer au sein de ce championnat. Et cela a démarré bien avant la première journée. « Le recrutement a été fait intelligemment. Les personnes qui en étaient chargées ont recruté des joueurs revanchards, et ça a payé », constate celui qui est aujourd’hui entraîneur du FC Côte Bleue, formation de N3 dans les Bouches-du Rhône. On pense notamment à Gaël Kakuta, l’enfant du RC Lens de retour au bercail treize ans après l’avoir quitté. Mais aussi à Seko Fofana, achat le plus onéreux du club dans son histoire (8,5 millions d’euros), Ignatius Ganago, Jonathan Clauss ou encore Loïc Badé pour ne citer qu’eux. Tous se sont intégrés au sein d’un groupe soudé, généreux et complet.

Une équipe complète

Car c’est l’une des autres – principales – forces de ce RC Lens version 2020/2021 : contrairement à ce qui pourrait être le cas au sein de certaines écuries françaises ou européennes, les Sang et Or ne disposent pas d’un seul ou de deux éléments qui sortent du lot. Au contraire, c’est tout un groupe, un noyau de 19 joueurs qui se retrouve aux entraînements, et au sein duquel chacun tire les autres vers le haut. « Ils jouent véritablement en équipe. S’ils sont autant efficaces, ce n’est pas parce qu’il y a de grand nom, mais parce que l’on sent une réelle unité. J’en discutais avec Alou Diarra (l’entraîneur adjoint, ndlr) récemment, et il me disait qu’il ressentait beaucoup d’enthousiasme et de plaisir aux entraînements », relate par ailleurs son ancien coéquipier.

Une dynamique entretenue

Voilà deux premières raisons qui font que le groupe lensois affiche cette sérénité depuis fin août. Car bien que le Racing soit sur une très bonne dynamique lors des dernières journées (1 seule défaite lors des 8 derniers matches de championnat), il ne faut pas oublier qu’au cours de la première moitié de saison, il a parfois aligné de (très) bons résultats. En témoignent les victoires à domicile contre le PSG (1-0), à Monaco (0-3) trois mois plus tard, ou encore au stade Vélodrome de Marseille (0-1) plus récemment. « Le groupe est toujours sur la dynamique de la montée. Ils sont restés en confiance et on sent beaucoup d’envie », se réjouit encore l’ancien buteur phare des Sang et Or.

Un staff de qualité

Enfin, comment ne pas mettre en avant le travail effectué par le staff du RC Lens et conduit par Franck Haise depuis maintenant un an, quasiment jour pour jour. Intronisé au poste d’entraîneur de l’équipe première le 25 février 2020 en remplacement de Philippe Montanier, l’ancien coach de la réserve (N2), bien aidé par ses adjoints, s’est depuis imposé comme l’un des artisans principaux du renouveau lensois. « Il  a amené son expérience et sans doute quelque chose de différent, de nouveau. A ses côtés, il bénéfice du soutien d’Alou (Diarra), qui est très proche des joueurs. C’est aussi ça qui fait que chacun d’entre eux se sent bien », insiste Daniel Cousin.

Attention au calendrier

Mais si aujourd’hui le RC Lens est 6e de Ligue 1 et est en mesure de viser l’Europe (bien que ce ne soit pas un objectif défini), il faudra tout de même se méfier des échéances à venir. Car certes le club du Pas-de-Calais est sur une moyenne de 1,8 points sur les 5 derniers matches. Certes, à ce rythme, avec potentiellement 61 points en fin de saison, les Sang et Or seront à même de se qualifier pour une Coupe d’Europe. Mais rien n’est dit que cette dynamique soit maintenue d’ici là. D’autant plus que lors des quatre dernières journées, Gaël Kakuta et ses coéquipiers défieront le PSG, Lille et Monaco. Pas une mince affaire.

Et si c’était vrai ?

Qu’adviendrait-il, alors, si une qualification pour une quelconque Coupe d’Europe se concrétisait ? Comment devrait agir le club lensois ? « Il faudra, quoi qu’il arrive, se renforcer. Il faudra des joueurs d’expérience pour permettre de bien figurer dans la compétition. Mais si cela arrive, ce sera magnifique, car le Racing revient de loin », conclut le Gabonnais ayant participé à 18 matches européens avec le RC Lens, dont le dernier, disputé par le club, remonte au 4 octobre 2007 face à Copenhague.

Harry Hozé

Crédit photo : Icon Sport