Reprise

Reprise de la Ligue 1 : le point sur ce qu’il s’est dit au Conseil d’Etat

04/06/2020 à 18:57

Cet après-midi se tenait la rencontre entre Amiens, Toulouse et Lyon devant le Conseil d'Etat. Les trois clubs ont déposé un recours concernant les conséquences de la décision de la LFP de mettre un terme à la saison.

La Ligue 1 va-t-elle reprendre ? C’est une question qu’il est légitime de se poser aujourd’hui. Les quatre grands championnats ont choisi de reprendre. La France, elle, face à la crise sanitaire, a dit stop le 30 avril dernier. Oui mais voilà, aujourd’hui, certains clubs de Ligue 1 réclament la reprise de la saison en cours. Cet après-midi, Amiens, Toulouse et Lyon passaient devant le Conseil d’Etat pour contester les modalités de fin de saison imposées par la LFP. « Nous sommes dans une situation invraisemblable, par rapport à la décision d’arrêter alors que nous pouvons redémarrer. Je suis consterné », a déclaré Jean-Michel Aulas, le président de l’OL, présent à l’audition.

Jean-Michel Aulas fait volte-face

Le patron du club du Rhône, qui rappelons-le a voté pour la fin des championnats, s’est montré offensif durant cette audition, suivie par une trentaine de journalistes. « Le classement déterminé par un quotient, on n’a jamais vu ça! Jamais! On balaye toute l’histoire, tous les investissements réalisés par Lyon, Amiens et Toulouse », s’est emporté le charismatique dirigeant lyonnais. Pour rappel, l’OL a terminé 7e et ne sera pas européen la saison prochaine à moins de gagner la finale de la Coupe de la Ligue. La présence en Coupe d’Europe est quasi obligatoire pour un club comme l’OL, côté en bourse et qui a fait de lourds investissements ces dernières années pour acquérir son propre stade. De leur côté, Amiens et Toulouse, respectivement 19e et 20e, contestent le quotient mis en place par la LFP pour fixer le classement d’une saison inachevée.

Bernard Joannin (Amiens), également présent, réclame de « l’équité sportive »

Le président d’Amiens SC a également fait le déplacement pour l’ultime chance d’éviter la relégation sans finir la saison. « Ce combat continue, nous sommes contents d’être là parce qu’on nous a imposé d’aller en justice, notre dernier rempart face à cette décision inique du Conseil d’administration de la Ligue. Depuis le début, j’ai dénoncé cette décision contraire aux valeurs d’égalité et d’équité sportive », a-t-il lâché avant l’audience. Durant l’audition, Bernard Joanin a argumenté : « « Les circonstances exceptionnelles peuvent justifier l’arrêt du Championnat, nous ne le contestons pas. Mais les relégations ? En quoi la rétrogradation d’Amiens permet de lutter contre la pandémie du Covid-19 ? »

Le quotient, source du désaccord des clubs

Alors que la LFP a suivi le système de quotient mis en place par la FFF pour le foot amateur, les trois clubs ont tenté de démonter cette décision jugée comme « inégalitaire » et « pas légale » par Toulouse. « Toute compétition sportive est jouée avec un règlement de départ, sur 38 journées dans notre cas. Vous ne pouvez pas en cours de compétition changer les règles. Si le match n’est pas joué en entier, il faut le rejouer dans son intégralité ! Il est plus légal que la Ligue dise : on ne peut pas arrêter le classement. Donc arrêter et bidouiller avec la règle du quotient n’est pas une décision légale. » Du côté de l’OL, on invoque la différence de fonctionnement entre le monde amateur et le monde professionnel pour attaquer ce règlement de dernière minute. « Sur le plan amateur, pourquoi pas utiliser le système du quotient. Mais nous sommes une entreprise cotée en Bourse avec des fonds propres de 400 millions d’euros. Personne n’a retenu ce classement par quotient ailleurs, dans aucune autre Ligue ! », a défendu Jean-Michel Aulas.

Une Ligue 1 à 22 équipes ?

Si la reprise de la compétition n’est pas possible, le club amiénois a, pour tenter de se maintenir en L1, proposé l’idée d’un agrandissement du championnat à 22 équipes au lieu de 20. Or, aujourd’hui, les textes de la convention entre la FFF et la LFP, organisatrice des championnats de Ligue 1 et Ligue 2, prévoient une L1 « entre 18 et 20 équipes ». La Fédération s’est d’ailleurs opposée à cet élargissement pour le championnat de deuxième division malgré un vote favorable de la Ligue. Mais la différence est que la Ligue 2 peut comprendre entre 16 et 22 équipes au niveau des règlements. La LFP a indiqué que cela poserait également des problèmes de calendrier difficile à gérer. En effet, à 22 clubs, il faudrait rajouter quatre journées à un agenda déjà serré.

Le verdict connu la semaine prochaine

Après avoir auditionné les trois clubs de Ligue 1, le Conseil d’Etat devrait dévoiler sa décision lundi ou mardi prochain quant à une éventuelle reprise de la saison. Les trois clubs dispose d’un délai supplémentaire, jusqu’à samedi 13h, pour apporter de nouveaux documents au jude des référés. Selon le journaliste Loïc Briley, présent sur place, le débat quant à une reprise de la compétition est bien relancé.

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