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Robin Lapert « J’ai envie de tenter la Draft pour essayer d’atteindre la MLS ! »

30/05/2020 à 16:13

Parti il y a deux ans grâce à FFFusa, Robin Lapert revient sur cette aventure qui se poursuit dans une très grande université américaine.

Robin, quel a été votre parcours en jeunes ?

J’ai commencé à l’âge de 4 ans, dans le club à côté de chez moi de Montivilliers. Je suis parti aux municipaux en U17 National et en suite je suis parti au centre de formation du Havre AC. J’y suis resté 3 ans, une avec les U19 Nationaux et deux avec la CFA. Ils ne m’ont pas proposé de contrat pro, c’est pas pour autant que je voulais lâcher. J’ai donc rejoint Arras, également en CFA. J’ai seulement fait la pré-saison avec eux car j’avais eu l’idée de partir aux Etats-Unis durant ma dernière année au HAC. Mon objectif c’était de réussir en France comme beaucoup mais ça ne s’est pas fait. L’idée m’est venu de tenter l’expérience et de partir aux Etats-Unis.

Pourquoi avez-vous choisi de tenter la détection FFFusa ?

J’étais en CFA, je me suis dit l’expérience d’aller aux Etats Unis est là, peut-être que dans deux trois ans ça sera trop tard. Là-bas, ça marche avec l’école. J’avais obtenu mon baccalauréat et je m’étais dit que si en CFA ça ne marchait pas, je pourrai en retrouver une à mon retour. J’avais un profil athlétique qui plaisait bien à la mentalité américaine. Je trouvais que je stagnais un peu en France donc j’ai tenté en me disant : « Si ça marche tant mieux, sinon, je reviendrai en France. »

Comment s’est déroulée la détection ?

Il faut savoir que des personnels de FFFusa passaient dans les centres de formation pour présenter leur projet, notamment pour les joueurs non conservés. J’ai donc participé une détection à Clairefontaine où j’ai été démarché par pas mal d’universités. J’ai trouvé un accord pour aller à Charleston (D2). Là-bas D1, D2, c’est en fonction de la taille de l’université donc il n’y pas de promotion ou descente. Charleston, c’est plutôt une petite université.

Comment FFFusa vous a aidé ?

Je ne connaissais pas du tout le système universitaire américain et le soccer. Ils m’ont aidé en m’éclairant sur le choix à faire et surtout dans les papiers (visa…). C’est assez long et tout seul c’est compliqué. Ils ont également des relations, ils connaissent les coachs et ça leur permet de mieux nous conseiller sur la destination à choisir. Il y a beaucoup de relationnel, on leur fait totale confiance pour le choix de l’université. J’ai fait un bac S avec un anglais correct mais pas super non plus. Ensuite, j’ai passé mon Toefl et aujourd’hui je me débrouille très bien même si au début c’était dur. J’ai aussi tenter cette expérience pour devenir bilingue.

Robin Lapert : « Je me suis ouvert à une nouvelle culture »

Comment ça se passe là-bas ?

J’arrive à Charleston en D2, un bon niveau mais les plus grandes universités évoluent en D1. Il y avait deux français là-bas, ce qui m’a beaucoup aidé à m’intégrer. Ça s’est fait assez naturellement et j’ai été très bien accompagné. Un an après mon arrivée et le titre de champion des Etats-Unis de D2, j’ai rejoint l’Université du Connecticut, entre New-York et Boston, qui, elle, évolue en D1 car c’est une grosse université avec près de 35 000 étudiants.

Quelles sont les différences entre le football français et américain ?

La saison se déroule de début septembre à fin décembre en cas de play-offs. De janvier jusqu’à mai-juin, c’est off-season, avec des matchs amicaux, beaucoup d’entraînement personnel, de la musculation pour préparer la saison qui est courte et intense. Là-bas, il y a deux ou trois matchs par semaine et beaucoup de voyages à travers le pays en avion. C’est un mode de vie différent qui se rapproche de la vie des pros (prendre l’avion, dormir à l’hôtel…). C’est le mode de vie que j’ai en D1 avec le Connecticut, pas avec Charleston lors de ma première saison. Les méthodes d’entraînement aussi sont différentes. On joue deux ou trois matchs par semaine donc il n’y a pas de programme précis comme en France (lundi : récup, mardi : cardio…). Les entraînements sont beaucoup moins intense pendant la saison et plus ludiques.

Ce n’est pas trop compliqué d’enchaîner les matchs ?

Moi, j’ai joué tous les matchs donc arrivé en fin de saison, j’ai naturellement commencé à fatiguer à cause de l’enchainement des rencontres et des voyages. Après, ils sont vachement avancés dans tout ce qui est matériel de récupération. On a des bains froids, des bains chauds, on a des kinés aux petits soins pour nous. Dans l’université, on a aussi un coach athlétique parmi les meilleurs des Etats-Unis, il nous met au mieux de notre forme. On est préparé pendant le off-season pour éviter tout ce qui est blessure et surtout éviter la fatigue.

Comment voyez-vous votre avenir ?

La suite, je la verrai bien là-bas. J’ai encore une saison à faire. Ensuite, j’ai envie de tenter la Draft afin de me faire repérer pour intégrer une équipe pro et atteindre la MLS. Je suis parti dans l’objectif de percer là-bas et je sais que c’est possible. Revenir en France, je n’y pense pas. Je préfère ne pas avoir de plan B, je veux me focaliser sur ce plan A.

Pour être honnête, je ne me voyais pas partir aussi loin, même en France parce que j’étais plutôt maison et je voulais percer au Havre. Mais quand j’ai vu que ça n’allait pas se passer comme ça, je suis parti. Je ne regrette pas du tout ce choix, je me suis ouvert à une nouvelle culture. C’est une expérience énorme, je suis dans des conditions aujourd’hui à la limite égales aux clubs pros de part les infrastructures, de jouer le championnat, de voyager. C’est une très belle expérience.

Crédit photo : Robin Lapert / Université du Connecticut

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