Interview exclusiveLigue 1

Sofiane Diop (AS Monaco) : « J’ai envie de rendre la pareille au coach »

05/12/2020 à 12:15

Titularisé lors de dix des douze matches de l'AS Monaco en Ligue 1, Sofiane Diop (20 ans) fait petit à petit son nid sur le Rocher. Conscient de la confiance que lui accorde Niko Kovac sur le côté droit de son 4-4-2, le milieu offensif, buteur contre Nîmes le week-end dernier, veut continuer à se montrer décisif sans brûler les étapes. Entretien exclusif avec la belle surprise du début de saison monégasque.

Comment décririez-vous vos sensations en ce moment ?

C’est une belle période sur un plan personnel et collectif. En ce qui me concerne, je me sens bien au sein de cette équipe mais ce n’est pas une fin en soi. Il reste encore 25 matches à disputer et il faut continuer à travailler. Je veux poursuivre ma progression et être régulier sur le long terme.

Les trois buts que vous avez inscrits cette saison (à Nantes, à Nice et contre Nîmes) ne sont pas désagréables pour les yeux…  Vous sentez-vous en réussite dans la finition ?

Ah ! C’est une longue histoire (il sourit). La finition n’était pas forcément ma qualité première. Il a fallu travailler dur pour progresser. Ca me sourit aujourd’hui et je continue de bosser au quotidien pour cette réussite. Mais elle représente avant tout un travail d’équipe. Si mes coéquipiers n’amènent pas le ballon jusqu’à l’entrée de surface, je ne peux pas marquer. Dans tous les cas, je les prends ces buts, bien sûr !

Pas plus tard que l’été dernier, votre avenir à l’ASM paraissait assez flou. Peut-on parler de l’arrivée de Niko Kovac telle une bénédiction à titre individuel ?

Tout le monde doit faire ses preuves lorsqu’un nouveau coach arrive. J’ai bossé, ça a porté ses fruits mais je ne m’arrête pas à ça. Je suis content qu’il m’ait donné autant de temps de jeu et j’ai envie de lui rendre la pareille en étant performant sur le terrain. Le coach doit savoir qu’il peut compter sur moi.

Et pour garder votre place aussi, au vu de la grosse concurrence au sein de l’effectif monégasque ?

Que je sois titulaire ou remplaçant, le plus important est d’aider l’équipe. Mon objectif est d’être performant à chaque fois que le coach fait appel à moi. Je pense que le groupe peut viser de grandes choses si on a tous cette mentalité. Il y a une bonne et concurrence saine au sein de l’effectif. C’est grâce à ça qu’on « performera » et qu’on gagnera des matches.

Niko Kovac vous laisse-t-il beaucoup de libertés pour exprimer vos qualités techniques ?

Le coach dit toujours que nous sommes les acteurs. Il ne veut pas commander le jeu. On a une certaine liberté sur le terrain, ce n’est pas un professeur d’école. Il nous conseille beaucoup, donne son ressenti et, surtout, il prend le temps de nous écouter. Il n’hésite pas cependant à arrêter le jeu à l’entraînement pour nous expliquer comment on aurait pu mieux gérer certaines situations. Et il nous questionne sur nos ressentis personnels. C’est une discussion de coach à joueur et je pense que cela contribue à l’obtention de nos bons résultats.

Fait-il partie de ces entraîneurs proches de ses joueurs, ou garde-t-il une certaine distance ?

Il sait faire la part des choses. Par rapport à sa fonction, il souhaite de la rigueur et nous voir tout le temps à 100%. C’est un coach qui aime la discipline. Mais il a aussi cette proximité avec les jeunes car il sait que c’est important de dialoguer avec nous. Les anciens ont aussi leur rôle, c’est un travail d’ensemble.

Qui sont les cadres du vestiaire et que vous apportent-t-il au quotidien ?

Ils nous amènent leur expérience. Je n’ai pas besoin de parler de la carrière de Cesc (Fabregas) ni de celle de Wissam (Ben Yedder). Il y a aussi Benjamin (Lecomte) et Djibril (Sidibé). Ils ont tous des choses à nous apprendre et c’est à nous, les jeunes, de les écouter. C’est une chance de s’entraîner avec eux et on prend tout ce que l’on a à prendre. Ils n’hésitent pas à nous parler sur et en dehors du terrain. Aussi bien pour évoquer des sujets de football que d’autres aspects de la vie.

Jouer dans le couloir d’un 4-4-2 demande beaucoup d’efforts défensifs, notamment à la perte du ballon. Le coach a noté vos progrès dans ce domaine.

Je travaille pour l’équipe. Pour être sincère, j’ai toujours aimé participer aussi à la phase défensive. On sait qu’on doit attaquer et défendre tous ensemble pour être performant dans ce système. De Wissam (Ben Yedder) à Benjamin (Lecomte), tout le monde est important dans l’équipe. Il est nécessaire de tous faire les efforts pour se tirer vers le haut.

La défaite contre Lyon (4-1), à laquelle vous n’avez pris part que 12 minutes, a-t-elle provoqué un déclic au sein du groupe ?

Quand on perd sur un tel score, que ce soit devant Lyon ou n’importe quelle autre équipe, ça fait mal. On s’est parlé, on s’est dit les choses et qu’on ne voulait plus revivre une telle défaite. Le groupe s’est remis au travail et nos efforts portent leurs fruits aujourd’hui.

Et comment le renversement du Paris Saint-Germain a-t-il été vécu ?

C’est bien de gagner contre Paris mais il ne faut pas s’arrêter à ça. Le coach nous a tout de suite remis dans le travail et il a eu raison de le faire. La saison est encore longue, il y a 38 journées. On a savouré la victoire contre le PSG mais on est rapidement passés à autre chose.

Monaco ne joue pas de Coupe d’Europe cette année. Quels sont vos objectifs et ceux du club ? Retrouver la Ligue des champions ? Bousculer le PSG pour le titre ?

Nous prenons chaque match l’un après l’autre. Sur le plan individuel, l’objectif est de répondre présent et de travailler pour l’équipe. J’aimerais avoir le plus de temps de jeu possible mais cela passera par de bonnes performances. Notre but le plus important est de progresser tous ensemble, de garder un état d’esprit au sein du vestiaire et du club. Concernant les objectifs, je pense que les personnes les plus aptes à en parler sont les dirigeants.

Comment appréhendez-vous le choc contre Lille dimanche ?

C’est un beau match à jouer entre deux bonnes équipes, qui ont deux styles et deux philosophies de jeu différentes. C’est pour des matches comme ceux-là que je joue au football. Lille fait un très bon début de saison en Ligue 1 et en Europa League. Ils ont un effectif assez riche qui leur permet de s’appuyer sur de nombreux éléments de qualité. A nous de bosser le plus possible cette semaine* pour essayer de ramener un résultat de là-bas.

Jouer ce match à 13h implique-t-il une préparation différente ?

On avait joué le premier match de la saison contre Reims à 13h. Ce n’était pas commun mais cela reste la routine d’un match habituel. Il n’y a pas besoin de faire une préparation spécifique. On est professionnels. On doit manger et se coucher aux bonnes heures !

*Interview réalisée jeudi après-midi

Recueillis par Thomas Gucciardi