Confinement

La suspension des championnats divise les entraîneurs de N2

30/10/2020 à 15:31

Depuis minuit, le confinement est à nouveau la norme en France. Cela a par conséquent un impact sur le football amateur y compris pour la 4ème division (N2) qui tend à se professionnaliser.

Le confinement a débuté à minuit et le football amateur s’est mis en pause. Hier matin, la FFF a acté la suspension des compétitions jusqu’au 1er décembre. Cette décision, prise à la suite des annonces d’Emmanuel Macron, n’a pas manqué de faire réagir les entraîneurs de N2. « Je pense qu’il y a des choses plus importantes que le football, c’est un bien pour tout le monde », lance Jean-Louis Montero (Olympique Saint-Quentin). Son équipe, en manque d’efficacité devant le but, est pour le moment dernière du groupe B. Malgré cela, l’entraîneur se veut confiant. « C’est un coup  d’arrêt. On est mal classé mais dans le jeu on fait partie des meilleures équipes de notre championnat. Cette coupure va nous permettre de récupérer des joueurs blessés », nous explique-t-il.

Ce matin, dans l’Equipe, David Giguel (FC Rouen) fustigeait, lui, l’arrêt temporaire des compétitions alors que le National, la D1 Féminine et D1 Futsal peuvent eux continuer. « Ce n’est pas cohérent, on fonctionne comme un club de National au minimum », s’est emporté le technicien des Diables Rouges. Avec près de 95% des personnes du club rémunérés, le FC Rouen est un club structuré qui aurait souhaité que « la poursuite de l’activité professionnelle » voulue par le Président de la République soit appliquée aux clubs de National 2.

« C’est une grosse déception car le groupe vit bien. Il va falloir encore se détacher, se séparer. Même pour nous, dans la vie de tous les jours, ça va être compliqué de faire à nouveau des attestations pour sortir une petite heure », indique Luigi Alfano, coach du SC Toulon. De la déception, il y en a aussi chez les joueurs à l’image de Junior Burban, attaquant de l’AS Saint-Priest : « Personnellement je réalisais un bon début de saison. Nous étions 8ème avant l’arrêt des championnats et nous étions sur une bonne lancée ces derniers temps. Donc c’est décevant de ne plus pouvoir prendre des points pour remonter au classement. » Joueurs et staff vont devoir continuer à travailler mais séparément durant ce prochain mois au minimum.

Un suivi des joueurs compliqué

Stoppés en pleine saison (9ème journée), les clubs de la 4e division vont devoir s’adapter et trouver des solutions pour maintenir en forme leurs troupes. « On se dit qu’on va certainement passer l’hiver premier, ironise Baptiste Ridira, coach de Saint-Pryvé Saint-Hilaire. On peut dire qu’on sera champion d’automne mais c’est anecdotique au vu de la grave crise sanitaire. » Leader du groupe A de N2 et invaincu en championnat, le club du Loiret réalisait en effet un très bon début de saison.

« C’est très préoccupant sur le plan mental, on l’a déjà vécu pendant 4 mois. Etre séparé de nos joueurs, notre groupe, ne pas pouvoir suivre de visu les joueurs, c’est quelque chose qui est angoissant pour nous, entraîneurs. On a tendance à vouloir maîtriser un maximum de choses même si on ne peut pas tout contrôler. L’ensemble de l’entraînement va se transformer en travail invisible pour nous », analyse le technicien. « Les joueurs ont un programme. Pas de soucis de ce côté-là, on a un préparateur physique qui est très bien. Nos joueurs ne resteront pas sans rien faire », précise Luigi Alfano (Toulon).

Si chaque club va mettre en place des exercices individualisés, le suivi de chaque joueur s’annonce tout de même très compliqué. « Au retour de préparation, en échangeant avec beaucoup de collègues au téléphone, on avait trouvé que les joueurs avaient des difficultés dans le traitement de l’information, dans la vitesse d’enchaînement, dans la capacité à gérer les informations notamment sur les jeux réduits ou les séquences jouées. On avait plus ou moins réussi à rattraper ça durant une préparation longue et progressive. Et malheureusement, c’est un travail qui va falloir refaire », déplore Baptiste Ridira. Comme lui, beaucoup espèrent pouvoir vite reprendre le chemin des terrains. « Ce serait bien qu’on reprenne le plus vite possible, ça voudra dire que tout va bien pour tout le monde et que le virus s’est calmé », commente pour sa part Patrice Eyraud, coach de Marignane Gignac (N2 C).

Des installations sportives fermées

Dans certaines villes, les maires ont renforcé les mesures gouvernementales par des décrets locaux en interdisant l’accès aux terrains et gymnases de leurs villes. « La ville d’Aubagne a fermé ses installations à minuit donc impossible de s’entraîner. Les joueurs auront un programme de maintien à respecter », a confié à Actufoot 13 Eric Rech, le coach du promu en N2. « C’est frustrant pour les passionnés de sport mais c’est comme ça. Si cela peut sauver des vies, c’est la priorité », assure l’entraîneur qui travaille dans les hôpitaux.

Si l’accès aux installations sportives risque d’être compliqué, la pratique sportive n’en reste pas moins autorisée. Elle est même recommandée mais encadrée. Celle-ci doit se faire en individuel ou avec les personnes d’un même domicile à moins d’un kilomètres de chez soi. Les sportifs devront également présenter une dérogation manuscrite ou numérique en cas de contrôle au risque d’écoper d’une amende de 135 euros. « Dans notre métier, il faut apprendre à relativiser pour justement garder une bonne santé mentale, un dynamisme de vie propice à un retour à la normale », conclue Basptiste Ridira. Tous attendent désormais des bonnes nouvelles de l’évolution de la crise sanitaire afin de pouvoir reprendre le chemin des terrains puis dans un second temps la compétition. Les sports collectifs, à l’exception des professionnels, sont interdits jusqu’au 1er décembre minimum.

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