EnquêteSocial/Sociétal

United Colors of… Clubs communautaires (1/2)

24/04/2018 à 17:34

C'est un sujet sensible mais qui ne doit pas être tabou. De nombreux clubs communautaires naissent chaque année en France et certains d'entre-eux se sont même installés depuis des années dans le paysage footballistique français. Mais pourquoi se regrouper par communauté ? Quelle est l'ouverture de ces clubs ? Quelles difficultés rencontrent-ils ? Quelles dérives peut-il y avoir ? Par l'intermédiaire de trois clubs communautaires prestigieux de France, l'UGA Lyon-Dénines avec son président Raffi Krikorian, l'US Turcs Bischwiller représenté par son président Isa Okumus et l'US Lusitanos Saint-Maur symbolisé par son plus ancien dirigeant José De Oliveira, Actufoot tente de répondre à toutes ces questions. Focus, 1ère partie.

Trois clubs, trois histoires…

L’US Turcs Bischwiller

Les Turcs constituent la première population immigrée en Alsace. La ville de Bischwiller, dans le Bas-Rhin, est même surnommée « Turkwiller » depuis les années 1960-1970, quand des Turcs s’y étaient installés car ils avaient été recrutés par des entreprises textiles locales. Depuis cette époque, la communauté turque s’est installée et s’accroît au fil du temps : On compte 1 102 Turcs en situation régulière en 1990 contre 1 376 en 1996.

L’Union Sportive Turque de Bischwiller (l’USTB) se créée en 1975. « En 1970, les premiers turcs sont venus à Bischwiller. Et en 1975, ils ont créé le club. C’était un moyen de rassembler une communauté. » nous explique l’actuel président du club, Isa Okumus. En effet, au départ, le club permet un rassemblement de la communauté mais est surtout considéré comme un facteur d’intégration. Les Turcs qui aimaient le football et qui ne parlaient pas français pouvaient s’y retrouver après le travail à l’usine. L’usine et le club étaient donc les seules véritables institutions d’intégration pour ces immigrés. Mais ce n’était pas la seule raison de la création de ce club. Rejetées par les autres clubs de la ville et des environs, ces populations se sont tournées vers un club “communautaire”.

L’US Lusitanos St Maur

Tout commence il y a un peu plus de quarante ans. La dictature de Salazar asphyxie le Portugal et les immigrés viennent nombreux pour construire les maisons des Français. A l’initiative de José Lebre se crée une association pour se retrouver entre Portugais, pour des moments de détente et d’amusement. L’histoire du club est liée à ce groupe d’immigrants portugais qui ont quitté un pays qui allait mal pour venir travailler en France dans une usine à St Maur dans les années 60. Collègues de travail, amis, compatriotes et amoureux du football ont décidé en 1966 de créer l’Union Sportive des Lusitanos. C’était un « moyen de s’évader et d’atténuer la « saudade » du pays » nous explique José De Oliveira, un des plus anciens dirigeant du club.

« C’est un groupe de copains dans les années 60… Ils jouaient aux cartes et étaient tous passionnés de foot. Vous le savez, le Portugal est reconnu pour sa passion pour le ballon. A l’époque, ils ont donc créé un petit club, la réserve de l’Association des Portugais de France. C’était des anciennes stars du foot portugais qui étaient à la retraite et qui jouaient en France. Plus tard, c’est devenu le Club des Ouvriers Portugais de St Maur et enfin ça s’est transformé en l’US Lusitanos St Maur. » résume José De Oliveira, pilier du club.

L’UGA Lyon-Décines

Le club a été créé par les orphelins rescapés du génocides des arméniens (1915), période ottomane. Les rescapés du génocides se retrouvaient à l’Eglise ou au sein des associations culturelles de bienfaisances et des associations sportives. Le sport était un moyen de s’intégrer dans la société française.

Un groupe de jeunes arméniens forme alors une équipe de football qu’ils dénomment « Homénetmen », puisque la majorité d’entre eux faisait partie de l’Union des Badanis (adolescents). Ils habitaient tous le nouveau quartier de la Soie, en face de l’usine, où bouillonne une vie communautaire intense. En 1946, la fusion avec le club de Lyon allait écrire les nouvelles pages de l’UGA Lyon-Décines.

Club communautaire, ouvre-toi !

Dans le passé, lors de ses premiers pas et dans un contexte où les turcs étaient rejetés des autres associations sportives locales, l’US Turcs Bischwiller affrontait souvent d’autres clubs non seulement sur le terrain de foot, mais aussi en dehors. Des provocations parfois racistes faisaient éclater des bagarres et le club se retrouvait sanctionné par la lafa (Ligue d’Alsace). Dans le livre « Les associations sportives turques d’Alsace – Regroupements communautaires et échanges sportifs » de William Gasparini, on peut lire l’extrait d’un entretien de 2005 où le président de la lafa affirme : « Je m’oppose formellement à la création de clubs communautaires car cela revient à entrer dans une logique de ghetto, aux antipodes des valeurs véhiculées par le sport en général ».

Pourtant, avec le temps, l’US Turcs Bischwiller a su prendre le recul nécessaire pour pardonner. Mieux, le club semble aujourd’hui s’ouvrir de plus en plus aux autres communautés comme nous l’explique l’actuel président du club, Isa Okumus « C’est vrai, au départ, il n’y avait que des personnes d’origine turque. Ensuite, dans les années 80, on comptait au club 5% de licenciés issus d’autres communautés. Après, dans les années 90, il y avait 50 à 60 % de français dans l’équipe. Marocains, Algériens, Alsaciens, Allemands, Turcs… on trouve de toutes les cultures dans notre club ». Pour le patron du club, c’est même le multiculturalisme qui a mené à sa réussite « Il y a quelques années, lorsque l’on est monté en Excellence, il y avait 6 alsaciens dans l’équipe. On a réussi grâce à ce mélange de communautés ! Dans notre club, c’est sûr qu’il y aura toujours des personnes qui parlent turc. Mais, aujourd’hui, la mentalité est française. 90% de nos licenciés parle français et 10% parle turc. Ce n’est plus comme dans les années 70… ».

« On a réussi grâce à ce mélange de communautés ! »

Donner vie à un club en France est plus simple que de le faire durer, de le faire survivre. Et l’US Turcs Bischwiller l’a bien compris « On a environ 200 licenciés au club et on a besoin de tout le monde ! ». En effet, aujourd’hui, les clubs voisins ouvrent eux aussi plus facilement leurs portes aux autres communautés et les français d’origine turque y amènent leurs enfants. Le club de l’US Turcs Bischwiller doit donc lui aussi s’ouvrir pour rivaliser et attirer un plus grand nombre de licenciés. Une chose qui n’est pas simple quand on a l’étiquette turque collée au maillot… « Notre logo, nos sponsors, tous nos équipements, ce sont des turcs qui financent et on voit donc tout de suite que c’est un club turc. Ça posait problème dans les années 80/90, aujourd’hui ce n’est plus le cas. Mais c’est vrai, c’est difficile de ramener des joueurs car on peut se poser des questions. Il y a des jeunes, cela dépend de la manière dont ils ont été élevés, qui peuvent peut-être se poser des questions. Mais ils verront que quand ils seront dans notre club, ils seront peut-être encore mieux accueillis qu’ailleurs » Le président le dit, l’étiquette turque peut freiner l’arrivée d’autres populations, mais le club ne veut pas abandonner son identité pour autant « On veut quand même garder cette étiquette pour l’instant mais c’est une communauté qui joue, le nationalisme n’existe plus ici. Nous, on veut jouer au foot, c’est tout ! ».

L’US Turcs Bischwiller est un club comme un autre, ouvert aux autres communautés et tout y est fait pour que l’intégration se passe bien avec la mise en place de quelques entraîneurs français et d’une éducation aux jeunes qui reprend les règles et les valeurs de la République. Cependant, une différence avec les autres clubs existe et elle est d’ordre religieuse. La communauté qui domine numériquement dans ce club reste la communauté turque, une communauté musulmane et donc… On ne fête pas Noël au club ! « Pour les fêtes et les événements du club, c’est pareil que les autres clubs français sauf qu’on fait ramadan et qu’on ne fête pas Noël, c’est le seul truc différent. On fait une fête en fin d’année mais pas de Noël. Si demain, il y a autant de chrétiens que de musulmans au club, alors ça changera. Mais c’est la majorité qui l’emporte ! Pour l’instant, on ne m’a jamais demandé de faire un Noël, mais si on nous le demande, on le fera » nous signale le dirigeant franco-turc.

« Si un club ne s’ouvre pas, il ne survivra pas ! »

Pour l’US Lusitanos St Maur, l’ouverture s’est faite « naturellement ». José De Oliveira, dirigeant emblématique du club, nous l’explique « L’ouverture du club aux autres s’est faite naturellement car à partir du moment où nous étions Portugais et que nous créions un club des Portugais en France, il était naturel d’accepter ceux qui voulaient venir chez nous comme la France avait accepté de nous accueillir, nous portugais. Ça s’est fait sans aucune arrière pensée. Il est blanc, noir, musulman, chrétien, c’était le dernier de nos soucis ! » Et plus le temps passe, plus les nouvelles générations s’installent et plus le club portugais vire au bleu, blanc, rouge « Aujourd’hui, l’US Lusitanos St Maur est un club a part entière franco-portugais. Plus les années passent et moins cette attitude « portugaise » existera. Le nom de « Lusitanos » restera jusqu’à quand ? Je ne sais pas… Même si les jeunes portugais ont une attache à cette identité portugaise et même s’ils ont toujours un regard sur la sélection portugaise, aujourd’hui les jeunes qui sont nés en France sont Français avant d’être Portugais, sans pour autant renier leurs origines. »

Pour le dirigeant José De Oliveira, plus qu’une envie ou qu’un besoin, l’ouverture est vitale pour un club « Qu’il soit portugais ou autre, si un club ne s’ouvre pas, il ne survivra pas ou il restera jouer en bas du quartier comme celui qui reste seul, chez lui, tous les jours car il n’a jamais ouvert la porte pour rencontrer son voisin. Quand on n’est pas ouvert aux autres, alors on n’a pas de raison d’exister ! Les clubs qui ont voulu rester 100% portugais, arabes, arméniens, où en sont-ils ? Il n’y a qu’en s’ouvrant qu’on peut survivre. L’essence même d’une association est de s’ouvrir aux autres. » Et comme pour l’US Turcs Bischwiller, à un autre niveau, c’est cette ouverture et ce mélange qui ont amené des résultats sportifs positifs au club « Au départ, c’était entre portugais. Plus tard, c’est une structure indépendante qui est devenue un club qui s’est inscrit dans le District Seine et Marne. Ils ont gravi tous les échelons pour arriver dans la saison 1980/1981 à la montée en Ligue en Promotion d’Honneur. A cette époque, il y avait déjà d’autres communautés que les Portugais dans l’équipe. Il y avait des Français, mais aussi des joueurs d’Afrique Noire (portugaise et française, Sénégal et Cameroun). A l’époque, le club était donc déjà ouvert. »

« L’UGA, ce n’est pas un îlot ! »

Comme pour l’US Turcs Bischwiller avec les turcs et l’US Lusitanos St Maur avec les portugais, le club de l’UGA Lyon-Décines a été un facteur d’intégration pour les jeunes arméniens de Lyon. Le président Raffi Krikorian nous raconte « A l’origine, le club voulait regrouper les jeunes arméniens autour des valeurs sportives, pour faire de l’intégration par le sport. Ensuite, on a accueilli aussi les différentes vagues d’immigration qui vivaient à nos cotés : polonais, italiens, espagnols… L’UGA est le reflet d’une association citoyenne qui se fond complètement dans le paysage social et économique de la région. Ce n’est pas un îlot et il n’est pas question de repli communautaire, au contraire nous avons des valeurs d’accueil et de solidarité. La devise du club, c’est « S’élever en t’élevant ». On fait monter l’autre et c’est parce que l’autre monte que nous on monte aussi. »

Depuis 20 ans, la mission des associations sportives a complètement changé : elle est devenue sociale. Le patron de l’UGA Lyon-Décines nous le rappelle  » On a une mission de service public et on est ancré dans la politique de la ville. On n’est pas un club communautaire, on est un club historique, un club qui a une histoire. On a des valeurs, on les accepte ou on ne les accepte pas. Quand une personne d’une autre communauté arrive au club, elle sait qu’elle représente les Arméniens de Lyon-Décines. D’ailleurs, ils sont le nouveau visage des Arméniens de Lyon-Décines. Ils le savent et ça ne dérange personne ! On rigole avec le frère de Benzema en lui disant que son frère est arménien cette saison. Zouma pareil ! On n’a pas d’état d’âme car on n’a pas de problème identitaire. Le club est là pour faciliter l’intégration dans notre pays d’accueil, comprendre les valeurs du pays d’accueil, ce que nous avons fait et maintenant nous diffusons ces valeurs. C’est en cela qu’on a une véritable mission de service public ».

Raffi Krikorian, président de l’UGA Lyon-Décines, nous parle de trois périodes dans l’évolution de l’ouverture des associations sportives arméniennes :

Une première qui correspond aux années de l’entre-deux-guerres, période au cours de laquelle la communauté pensait sa présence en France comme temporaire et espérait un retour dans la patrie d’origine. De ce point de vue, le sport fut un facteur de résistance à la culture assimilatrice de la République.

Une seconde phase, qui s’étend de l’immédiat après-guerre jusqu’aux débuts des années 1960, voit la division du mouvement associatif. Les pratiquants abandonnèrent ces structures communautaires pour rejoindre des clubs fondés sur d’autres principes. L’État en France encourageait cette intégration. Aussi, les conflits idéologiques et l’intégration croissante des sportifs d’origine arménienne condamnaient les clubs arméniens à une disparition progressive. Pour faire face à cette menace, deux stratégies furent adoptées.

La première consistait à fusionner des sociétés d’une même localité : à Vienne, l’Homénetmen et l’Union Sportive Arménienne formaient l’USGA ; à Marseille, l’UGA et Ardziv furent unifiées en 1964.

La seconde poussa les associations à élargir leur base de recrutement. L’UGA de Lyon-Décines, par exemple, voyait le nombre de joueurs arméniens progressivement diminué depuis à la fin des années 1960 : 25% d’Arméniens en 1966, 50% deux ans plus tard. En 1971, l’équipe première comptait cinq joueurs d’origine arménienne. Mais au cours des années 1970, la question arménienne et plus particulièrement la reconnaissance du génocide prenaient une nouvelle dimension. Les nouveaux enjeux réveillaient la communauté arménienne, et par là même son mouvement sportif.

La troisième phase démarre avec le sentiment d’« arménité », néologisme apparu au cours des années 1970 et désignant l’identité arménienne en France, qui animait l’esprit des associations sportives. Il était à l’origine même de leurs renaissances. Réunies autour d’une mémoire commune, elles n’en demeuraient pas moins divisées sur la façon de vivre leur « arménité ». Cette identité se manifestait de plusieurs manières : développement des échanges sportifs avec l’Arménie soviétique ; venue de joueurs professionnels arméniens en France ; intégration des Arméniens en provenance des pays du Moyen-Orient ; participations aux différentes commémorations comme celle du 24 avril, en mémoire aux victimes du génocide des Arméniens ; tournois sportifs intercommunautaires pour fêter l’anniversaire des clubs. Cependant certaines associations plaçaient l’arménité au second plan et privilégiaient l’enjeu sportif. Ce culte de la performance obligeait les dirigeants à recruter des éléments étrangers à la communauté, perdant ainsi une certaine identité.

Identité/Performance, un équilibre difficile

L’ouverture et l’intégration de joueurs d’autres communautés ont permis à ces trois clubs communautaires de prendre leur envol sportif, comme si la communauté d’une ville ne suffisait pas sportivement pour gravir les échelons… C’est en tout cas le problème qu’a connu l’US Lusitanos St Maur et que nous explique son dirigeant José De Oliveira « Jusqu’à la première division de district, il s’agissait d’un club de copains portugais. Mais petit à petit le club a gagné en notoriété grâce à une progression constante et peu à peu, la compétition a fait son entrée. Un beau jour, le club s’est rendu compte qu’il n’y avait pas assez de Portugais pour jouer dans une équipe à ce niveau. Il a donc dû recruter des « étrangers », c’est-à-dire des Français, en fait des Portugais de la deuxième génération qui avaient la nationalité française. » Avant d’ajouter « C’est ce qui a permis la grandeur du club. Les Portugais ont créé mais les Français et les autres ont aidé à la grandeur du club. Les entraîneurs encore plus que tout le reste ! Au niveau des entraineurs portugais, à cette époque-là, nous n’avions pas les cadres qui avait le niveau pour nous emmener plus haut. On est donc allé chercher des Jean-Jacques Dubois ou encore des Noël Tosi… D’ailleurs, Noël Tosi disait « Nos joueurs sont tous dopés à l’EPO, à l’Eau, au Porto et aux Olives ». Ils ont permis à l’époque de nous amener au niveau National. On a réussi à jouer à ce niveau avec un budget de 1M d’euros contre 5M d’euros pour les autres clubs. Qu’est-ce qui a fait la différence ? L’ouverture d’esprit, la solidarité. C’est ce qui a fait que le club en est là ! »

Et donc, la question est : Un club communautaire est-il dans l’obligation de perdre de son identité pour devenir plus performant ? Pour le président de l’UGA Lyon-Décines, la difficulté réside dans ce point-là « Effectivement, c’est le propre équilibre difficile entre l’identité et la performance : c’est là où on se rend compte des limites de l’identité quand on veut atteindre une certaine performance. Au stade de l’école de foot qui est ma priorité, il faut trouver le bon dosage et un équilibre entre l’identité et la performance. La base de tout, c’est ça ! ». Mais pourquoi une communauté telle que la grande communauté arménienne ne suffirait pas à atteindre les sommets ? Le chef des lieux a son idée là-dessus. Pour lui, les très bons jeunes arméniens sont envoyés par les parents dans les autres clubs du coin « Les anciens peuvent nous reprocher qu’il n’y a plus d’arménien dans le club… Mais j’ai envie de dire : Oh les amis ! Ils sont où vos enfants ? »

« Il faut trouver le bon dosage et un équilibre entre l’identité et la performance »

Enjeu de la mémoire, les associations sportives arméniennes léguèrent aux générations successives l’héritage collectif. Elles furent marquées à partir de 1945 par les déchirements politiques et le choix, individuel ou collectif, du culte de la performance qui accompagna l’enracinement des Arméniens en France. Enjeu de représentations historiques et idéologiques, les associations balancèrent alors entre résistance et intégration. Fortement affaibli, le mouvement sportif ne doit sa survie qu’au renouveau de la question arménienne au cours des années 1970. Mais les perpétuels et profonds désaccords s’observent encore aujourd’hui et risquent, à moyen terme, de condamner les associations à une disparition définitive.

Le Club de l’UGA Lyon-Décines pensait pouvoir capitaliser sur la France championne, il aura en fait vécu sur les acquis jusqu’au centenaire du Génocide : résultats sportifs en berne, difficultés financières, valeurs bafouées. Une nouvelle équipe dirigeante fut élue dans l’urgence pour apurer, rassurer, stabiliser et crédibiliser la transition de cette nouvelle saison 2015/2016, une année charnière. Revenir aux fondamentaux pour ne pas disparaître. L’identité et ses valeurs, ce patrimoine en parallèle, qui risque à tout instant d’être sacrifiée au culte de la performance et/ou marginalisée par les autorités locales. Prendre des décisions pour indiquer une ligne conductrice claire, ouvrir des perspectives et installer la sérénité.

Depuis plus de quatre-vingt-dix ans, l’association sportive UGA Lyon-Décines, ses membres et ses amis démontrent leur capacité à dépasser le cadre communautaire, comme l’indique aussi une étude sociologique du Docteur Xavier Breuil, en acceptant les valeurs du pays d’accueil, en les respectant et en les diffusant :

  • une volonté d’intégration dans le tissu sportif, en accueillant l’autre et en le faisant grandir,
  • une dynamique en participant au tissu associatif (sensibilisation à l’Histoire avec le C.N.M.A., les jeux d’échecs avec le tournoi international « trophée de la Mémoire »,etc…),
  • un acteur majeur qui veut tenir toute sa place dans le maillage économique et social local et régional (obtention du titre métropolitain en février 2016 d’Ambassadeur Only Lyon).
Par Keevin Hernandez
Crédits photos : uga.footeo.com / Facebook US Lusitanos St Maur / Facebook US Turs Bischwiller