Interview - L2

Valentin Jacob (Niort) : « Retourner dans le monde amateur, ça remet les pieds sur terre »

15/10/2020 à 18:20

Devenu un des joueurs clés des Chamois Niortais, Valentin Jacob (26 ans), entame sa troisième saison dans les Deux-Sèvres. Le milieu offensif formé à Auxerre, qui a dû faire ses preuves en amateur pour retrouver le monde pro, a accepté de revenir, pour Actufoot.com, sur le début de saison abouti de son équipe en Ligue 2. Entretien. (Photo : Icon - Sport).

Niort était barragiste lors de l’arrêt définitif du championnat 2019/2020 de Ligue 2. Qu’est-ce qui explique selon vous cette 5e position, quelques mois seulement après un exercice aussi éprouvant ?

Une bonne préparation physique et une très, très bonne entente entre joueurs. Ca a bien pris sur les matches de compétition même si ce n’était pas top, au début, sur les amicaux. Et lorsqu’on est tous dans le même état d’esprit, on voit que ça marche.

Y’avait-t-il de la frustration après la fin de votre série d’invincibilité à Châteauroux, vendredi dernier ?

C’est sûr que ca a mis un petit coup derrière la tête après une série de cinq matches sans défaite. Il y avait un peu de frustration mais il y en a toujours, parfois même après des matches nuls ou des victoires.

L’objectif fixé par vos dirigeants est un nouveau maintien en Ligue 2. N’a t-on pas envie d’aller chercher plus haut lorsqu’on est joueur ?

Etant Niort, on doit d’abord jouer le maintien. Mais si on peut jouer les trouble-fêtes pour grimper un peu plus haut, on va le faire hein !

Le coach ? J’ai fait comme tout le monde, j’ai regardé son palmarès »

De par son budget, Niort a peut-être aussi cette étiquette de club voué à lutter pour sa survie dans le football professionnel. Pensez-vous qu’il faille s’en décoller ?

Il faut qu’on arrive à sortir de cette phrase, « Niort, c’est le maintien », et ne pas se dire qu’on est moins équipés que les autres. Si on a la possibilité de finir cinquième, on doit pouvoir se dire qu’on peut le faire.

On vous sent affirmé. Avez-vous endossé le statut de cadre pour cette troisième saison ?

Jeune cadre alors (sourire). C’est vrai que c’est ma troisième saison, j’ai des ambitions collectives et personnelles différentes par rapport aux années précédentes. Je fais partie de ceux du vestiaire qui ont disputé le plus de matches à Niort donc ça compte. On le sent aussi au niveau du coach qui passe par les joueurs qui sont là depuis longtemps, qui jouent un peu plus que les autres. Donc je me sens un peu plus cadre, c’est sûr.

Vous avez découvert Sébastien Desabre cet été, un technicien dont le CV et la réputation se sont forgés à l’étranger. Qu’avez-vous fait au moment de l’annonce de son arrivée ? Quels principes de jeu essaie-t-il d’inculquer au groupe ?

J’ai fait comme tout le monde, j’ai regardé son palmarès. J’ai vu qu’il avait réussi partout où il était passé. Il est venu ici et pour l’instant ça marche bien. On a bien accroché à son discours et le début de saison montre que ses méthodes sont bonnes. Il n’arrête pas de nous dire, et il a raison, qu’une équipe qui est bien physiquement a plus de chances de gagner. On ne doit pas marcher en match, il veut qu’on fasse partie des équipes qui courent le plus et c’est ce qui se passe.

« Caen, un peu notre tournant de la saison »

Vous accueillez Caen samedi (17h), un gros morceau du championnat.

C’est un peu notre tournant de la saison. Gagner pour rester dans la première partie du tableau ou rentrer dans le ventre-mou du championnat même si ce n’est que la 7e journée. Avec un résultat positif, on pourra vraiment dire qu’on fait un bon début de saison.

Quel regard portez-vous sur votre parcours personnel et ce passage au niveau amateur avec Annecy (2016-2018) ?

Retourner dans le monde amateur n’est pas forcément une mauvaise chose. On s’aperçoit qu’on n’était pas vraiment prêt pour le haut niveau et ça remet les pieds sur terre. J’ai signé pro à Auxerre à 18 ans et je me pensais déjà arrivé. Revenir en amateur ça fait mal, mais c’est là qu’on voit aussi si le joueur a une bonne force de caractère et du mental.

Il a fallu manger votre pain noir ?

Un très bon pain noir alors (rires). J’aurais pu tomber sur un endroit bien pire qu’Annecy, qui était un club très professionnel. J’aurais pu partir dès la première saison mais les dirigeants m’avaient fait confiance en me prenant donc je suis resté. On n’était pas loin de monter en National mais on avait loupé l’accession à la dernière journée.

Justement, votre ancien club a réussi à atteindre son objectif l’an passé. Suivez-vous encore son actualité ?

Je suis toujours les clubs par lesquels je suis passé. Dès que je peux, je regarde les matches aussi. L’effectif a beaucoup changé à Annecy mais j’ai encore des contacts avec deux, trois personnes ainsi que dans le staff. C’est pas simple pour eux de ne pas jouer au Parc des Sports qui serait un grand stade pour le National. D’autant plus que les résultats sont un peu compliqués mais ça va revenir, la preuve avec leur dernière victoire (ndlr : 1-3 à Avranches).

Valentin Jacob en bref
-Formé à l’AJ Auxerre
-Rejoint le FC Annecy (N2) à 22 ans en 2016
-Termine meilleur buteur de N2 (15 buts) en 2018 et troisième meilleur joueur Actufoot de la poule B (8 étoiles)
-Signe un contrat professionnel de trois ans avec Niort (L2), jusqu’en 2021
-Titulaire sur les six premiers matches de la saison 2020/2021 en Ligue 2 (2 passes décisives)

 

 

 

 

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