Ligue 1

Valon Berisha se dévoile

21/01/2021 à 17:43

Lors d'un entretien accordé à So Foot, Valon Berisha s'est confié sur son parcours. La guerre au Kosovo, sa place au Stade de Reims, son intégration...

À presque 28 ans, Valon Berisha est arrivé au Stade de Reims, cette saison. Il a atterri dans un pays qu’il ne connaissait pas encore, de quoi faire peur à plus d’un. Ce n’est pas le cas du kosovar. Il se sent bien au sein de l’équipe et du club, un point important pour un nouveau joueur :

« J’ai le sentiment de me sentir chez moi. J’avais besoin d’un peu de temps, lors des premiers matchs, pour mieux connaître mes coéquipiers et en savoir davantage sur mon positionnement. Je trouve que l’équipe joue mieux depuis quelques semaines et je pense que nous devions digérer le début de saison où l’on a mis en place un nouveau système de jeu. […] J’essaie d’être un exemple sur le terrain, mais aussi en dehors, j’essaie d’ores et déjà par exemple d’apprendre le français pour impliquer tout le monde parce que certains joueurs ne parlent pas anglais. Je suis en France, donc c’est à moi de m’intégrer. Pas à eux. »

Né en Suède, il a surtout grandi en Norvège après avoir fui le Kosovo, avec sa famille. Le pays étant en guerre, la situation devenait urgente pour eux. Pour So Foot, il se souvient :

« J’étais très jeune, mais voir mon père pleurer devant les infos, ce sont des moments qui te marquent. Ce qui me reste en tête, c’est la première fois où nous sommes retournés dans mon village, à Kunushec, au sud de la capitale Pristina. Cet endroit, là où l’on vit encore aujourd’hui, est une sorte de jardin secret où je me sens plus libre. Après la guerre, tout était détruit et nous y étions allés pour rebâtir la maison familiale qui avait été entièrement démolie. À ce moment-là, j’avais huit ou neuf ans et j’étais simplement content de pouvoir aider à retaper la maison avec les ouvriers… »

Des essais en Angleterre

Alors qu’il vivait toujours en Norvège, Valon Berisha a eu des offres de Manchester City et Aston Villa. Offres qu’il a décliné.

« Où est-ce que je serais aujourd’hui si j’avais accepté ? Peut-être qu’effectivement, j’aurais réussi. Mais en Norvège, j’avais l’opportunité d’aller au bout de mes études, et pour mes parents, l’école était la priorité. Ils voulaient que j’ai un diplôme pour que je puisse trouver un travail, pour me permettre d’avoir cette perspective de pouvoir poursuivre mes études ou de travailler si je ne réussissais pas dans le foot. » 

Pour finir, le milieu de terrain s’est exprimé sur ses objectifs avant de terminer sa carrière. Tout d’abord avec sa sélection, le Kosovo :

« Mon rêve serait d’emmener le Kosovo à l’Euro ou en Coupe du monde. En club, je joue pour gagner le championnat où que je sois. Ce sera toujours mon objectif, même s’il y a de très très grandes équipes comme Paris, car rien n’est impossible. Si on a une bonne équipe, un bon groupe, il n’y a pas de raison que l’on ne puisse espérer faire comme Leicester. Mais au-delà des victoires, je veux que l’on se souvienne de mon nom d’une façon positive dans le football. »

Valon Berisha a montré toute sa détermination et motivation, faire de grandes choses pour son club comme pour son pays. Un joueur avec de grandes qualités.