Interview

Vincent Magniez, l’ange gardien du Championnat de National 1

22/01/2021 à 12:03

Ancien joueur professionnel de Wasquehal, Dunkerque et Bourges, Vincent Magniez évoque sa carrière et ses débuts dans le football, ses premiers pas dans le Nord, à Calais, le lieu de ses racines ainsi que son après-carrière. Il représente aujourd'hui la voix du Championnat de National 1 sur FFF TV avec Emmanuel Moine.

« Je suis un vrai ch’ti, né à Calais » explique Vincent. « J’ai joué à Calais jusqu’en cadets Nationaux avec le Calais Racing Union Football Club, qui aujourd’hui n’existe plus et qui avait joué la finale de la Coupe de France en 2000, perdue face au FC Nantes. Je rejoins ensuite Dunkerque où j’ai passé quatre ans au centre de formation, j’ai été stagiaire professionnel. »

Vincent Magniez, une carrière et quinze clubs

Après cette expérience, Vincent Magniez rejoins Gravelines puis Bourges, Wasquehal et enfin Calais. L’ex-gardien de but s’engage derrière en région parisienne où il rejoint Evry pour trois ans. Après cela, direction Montauban où il reste six mois, puis cap sur les Lilas, Poissy, Issy, Drancy, Fleury et pour finir le Racing club de France à Colombes. C’est au sein du club des Hauts-de-Seine qu’il décide de mettre fin à sa carrière à l’âge de 38 ans, en mai 2012. Vincent Magniez aura connu pas moins de quinze clubs dans différentes divisions. Une longue carrière pour l’ancien portier qui aura joué plus de 600 matchs.

« Avec le recul, je me dis que c’est pas mal. J’ai fait beaucoup de clubs mais ce n’était pas forcément des choix de ma part. J’ai connu des dépôts de bilan donc je n’y suis pour rien. Un gardien qui fait autant de clubs et qui est titulaire, on peut dire que sa carrière est plutôt sympa. Si j’avais été un peu plus sérieux, j’aurais pu aller en Ligue 2 et avoir plus de contrats professionnels. Les choix de la vie, la jeunesse et le manque d’expérience font que j’ai fait ces petites erreurs. Vu ce qui m’arrive aujourd’hui et ce que je fais, je peux dire que j’ai eu une petite carrière. J’ai aussi l’équilibre avec mon activité professionnelle. J’avais passé un bac pro comptabilité à Dunkerque. Je l’ai fait pour faire plaisir à mes parents. Jamais je pensais qu’il me servirait. J’ai des semaines bien remplies mais je ne m’ennuie jamais. »

La rencontre avec Alex Dupont

Sa vie de footballeur accomplie, Vincent se pose un instant et ouvre la boite à souvenirs. Un souvenir ému lui vient quand il évoque son ancien entraîneur disparu l’an passé, Alex Dupont : « J’ai eu la chance de l’avoir comme entraîneur à Dunkerque. On a toujours été en contact. Il est décédé il y a peu de temps. J’ai toujours son numéro néanmoins et tant que je ne changerais pas de téléphone ou que ma liste de contacts ne disparaisse, je le garderais. Sa disparition a été un choc pour moi. C’était un peu mon deuxième papa. Il m’a marqué et m’a beaucoup apporté. Je lui dois beaucoup. »

Il évoque également un souvenir sportif avec Evry : « A Evry, l’équipe était descendue en CFA et avait l’ambition de remonter. Le club a construit avec des petits moyens une équipe de joueurs qui avaient quasiment tous évolués en National. Nous avons fait une grosse saison et terminé vice champion. Nous perdons en finale contre Clermont en play-offs. »

Commentateur du National 1 sur FFF TV

Parallèlement à sa carrière, Vincent se reclasse amateur à 28 ans et commence à travailler à Carrefour comme comptable. « Je bossais et j’avais entraînement tous les soirs. » Vincent ne coupe pourtant pas avec le ballon rond. Après des débuts comme chroniqueur pour L’Équipe TV, il est devenu consultant au sein de FFF TV, la chaîne de la Fédération Française de Football où il commente les matchs de National 1 avec Emmanuel Moine. « Mon président à Poissy était Karl Olive, ancien directeur des sports de Canal +. Je lui dois beaucoup. C’est lui qui m’a mis en relation avec Jacques Vendroux et qui m’a fait rentrer aux Variétés. Karl Olive m’a engagé dans plusieurs émissions sur Cap24 puis sur L’Equipe TV et enfin sur 10 Radio. Je ne pensais pas être consultant un jour » détaille-t-il. Une activité complémentaire à son métier de comptable-trésorier.

Le National 1 est un championnat que Vincent connaît et commente. L’ancien portier porte son regard sur cette troisième division et cette saison 2020/2021. « C’est un championnat que j’ai appris à connaître pour y avoir joué pas mal de temps. La division est beaucoup plus médiatisée actuellement avec FFF TV et Canal + Sport. Ce championnat je l’adore parce que c’est un championnat où on peut voir des anciens joueurs de haut-niveau comme Le Tallec à Annecy. C’est un championnat qui a vu éclore Giroud, Ngolo Kanté, Ribéry, Valbuena ou récemment Édouard Mendy, aujourd’hui à Chelsea. Le National 1 est passionnant, on y voit des pépites. Il y a des clubs de villages mais aussi des clubs qui ont connu le monde professionnel et qui ont beaucoup de supporters. »

 

Par Nicolas Issner & Nicolas Cotten.