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Yoann Salmier : « L’AAS Sarcelles ? Mon centre de formation »

29/05/2020 à 17:10

Yoann Salmier sort de deux saisons pleines avec l'ESTAC Troyes en Ligue 2. Le défenseur central de 27 ans a par ailleurs disputé 14 matches de Ligue 1 avec Strasbourg, et pourtant, il n'a jamais fait de centre de formation. Pour Actufoot, le natif de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise, 95) nous retrace son incroyable parcours !

Vous avez commencé le football à l’AAS Sarcelles. Quels souvenirs gardez-vous de cette époque ?

Ce sont les débuts du football, le club de la ville, tu représentes la ville avec une bande de potes. On joue, on s’amuse : ce n’est que du plaisir à cette époque ! Je garde de très bons souvenir de « mon centre de formation ».

Que représente ce club pour vous ?

C’est mon tout premier club, là où j’ai commencé depuis tout petit à faire des sacrifices pour jouer au foot. C’est mon club de cœur.

À l’âge de 15 ans vous avez dû arrêter le football à cause d’un problème de croissance. Pouvez-vous revenir sur cet épisode ?

Oui, j’avais eu un problème à un genou, j’étais plâtré pendant un bon moment cette année-là, le foot c’était mort pour moi ! En plus de ça, j’étais en pleine crise d’adolescence donc j’étais dispersé, je découvrais pleins d’autres choses…

« Djilalli Bekkar a cru en moi et ma poussé à m’améliorer »

Malgré cela, vous avez persévéré et en 2014 vous signez à 21 ans un contrat amateur à Strasbourg. Qu’avez-vous ressenti à ce moment ?

Il y a eu énormément d’étapes avant ça. Mais pour moi le fait d’avoir repris le foot à Saint-Brice en séniors avec le coach Djilalli Bekkar m’a énormément aidé à aller chercher quelque chose dans le foot. Après avoir signé à Strasbourg, j’étais très content par rapport à tous les sacrifices faits auparavant.

Comment cette opportunité s’est présentée à vous ?

Djilalli m’avait mis en contact avec un agent qui m’a inclus dans le deal avec Ernest Seka (un autre joueur professionnel originaire du Val-d’Oise, NLDR). Mais avant de signer, j’ai dû faire mes preuves pendant un mois d’essai.

Djilalli Bekkar a beaucoup compté, racontez-nous…

Il m’a coaché à Sarcelles quand j’étais petit puis en séniors au FC Saint-Brice. En fait, on a évolué ensemble et vécu des bons moments. Il a cru en moi et ma poussé à m’améliorer.

Passer de la DSR au championnat National, en quelques mois, est un très grand saut. Comment l’avez-vous géré ?

Au début, c’était dur : les entraînements, le rythme… Je n’avais pas l’habitude de m’entraîner tous les jours. C’était une autre vie à laquelle j’ai dû m’adapter pour être prêt.

Yoann Salmier
Yoann Salmier a porté les couleurs de Strasbourg de 2014 à 2018.

Vous connaissez deux montées avec le RCSA en trois ans, cela jusqu’en Ligue 1. Chaque saison le club a su élever son niveau et vous aussi, comment expliquez-vous cette capacité d’adaptation ?

Dans chaque division, j’ai dû élever mon niveau. On est obligé pour garder sa place sinon ça va vite dans le foot. Avec énormément de travail, de rigueur et de la discipline.

Pensiez-vous un jour jouer en Ligue 1 ?

Honnêtement, non parce que je me voyais faire de longues études et avoir un travail, vivre tranquillement…

En 2014, vous expliquiez au journal Le Parisien que le fait de ne pas avoir fait de centre de formation a été une chance pour vous. Le pensez-vous toujours ?

Oui et non… Oui, parce que ça m’a permis de travailler et de voir à quoi ressemble la vraie vie d’un travailleur, de se réveiller tôt et de rentrer tard. Et non parce qu’arriver un moment, j’avais des lacunes au niveau tactique, technique un peu et je pense qu’avoir fait un centre m’aurait aidé à ce niveau.

« Je reste le même avec ou sans foot »

En passant du monde amateur au monde professionnel si rapidement, est-ce facile de résister aux tentations ?

Dans mon cas, oui parce que je ne suis pas parti tôt de chez moi pour le foot. J’ai fait des études, j’ai travaillé, j’ai vécu hors du foot. En plus, je suis bien entouré donc hors de question de prendre la grosse tête où faire n’importe quoi avec son argent, devenir ce que je ne suis pas. Je reste le même avec ou sans foot.

Quel type de joueur êtes-vous ?

Un défenseur technique, à l’aise des deux pieds, costaud dans les duels et qui sait se porter vers l’avant.

On prend vraiment du plaisir à être au marquage, à défendre dans un match ?

Oui quand tu stoppes les attaquants, qu’ils n’arrivent pas à te passer, à marquer ou quand tu fais un clean sheet (ne pas encaisser de but lors d’un match, NDLR), c’est un kiff !

Aujourd’hui vous êtes joueur de Troyes, comment voyez-vous la suite de votre carrière ?

J’ai envie de retrouver la Ligue 1 ou tenter une expérience à l’étranger, du type Angleterre ou Allemagne.

Propos recueillis par Farid Rouas.

Crédit Photo : RCSA