Rétro

#Retro : l’OGC Nice vainqueur de la Coupe Gambardella en 2012 !

09/04/2021 à 16:31

Dans ce nouvel épisode de votre série #Retro, Actufoot retourne en 2012 quand les U19 Nationaux de l'OGC Nice ont remporté la Coupe Gambardella. Plusieurs acteurs de ce succès ont décidé de faire un pas dans le passé pour nous raconter les coulisses de cette épopée.

C’était il y a bientôt 10 ans. L’équipe U19 de l’OGC Nice remportait le « Graal » pour la formation française : la Coupe Gambardella. La même année, la même équipe passait également tout près d’être championne de France U19. Une génération dorée qui restera clairement dans l’histoire du club. Une saison intense en championnat, mais aussi en Gambardella où les Niçois après un parcours qui s’apparente à des montagnes russes, iront chercher le titre final au Stade de France. « La consécration de toutes leurs années au centre de formation » et des souvenirs inoubliables qui resteront gravés à jamais des les mémoires de ceux qui l’ont vécu.

« On était des frères »

Logiquement, quand on appelle les acteurs de cette fameuse épopée, les sourires sont présents, les souvenirs fusent, et la mémoire est intacte. Menée par le duo Guy Mengual – Manu Pirès, la bande à Alexy Bosetti, Maxime Silvestri et Mouez Hassen était destinée à réaliser de grandes choses. Comme deux joueurs complémentaires sur le terrain, Fabien Dao Castellana et Arthur Leblanc se souviennent de la paire qui faisait jouer l’équipe. « Guy était vraiment plus dans l’affectif et plus déconneur, mais il savait serrer les poings. Manu, c’était notre coach en U17 donc on connaissait bien son caractère ». Quand il fallait pousser la soufflante dans les vestiaires ou à l’hôtel, il était bien présent. Comme un père avec ses enfants, toujours derrière eux, à les pousser dans leurs retranchements.

« On n’avait pas les meilleurs joueurs mais la meilleure équipe »

D’autant plus que ce titre était le seul qui manquait au palmarès Niçois. Fabien Dao Castellana, capitaine de l’époque se souvient que c’était l’un des objectifs en début de saison et que l’équipe ferait tout pour « ramener la Coupe à la maison ». « Au début de l’année, on s’était fixé des objectifs et la Gambard’ était clairement dans nos têtes. On savait qu’on avait l’équipe pour le faire et on ne s’est pas trompé ». « On n’avait pas les meilleurs joueurs mais la meilleure équipe. On était des frères », s’exclame Arthur Leblanc dit le Boucher. Cette équipe, c’était une famille.

Une génération fantastique

De la cage à la pointe de l’attaque, personne n’a oublié les noms qui composaient cette formation. « Il y avait déjà une grosse ossature puisqu’on se connaissait pour la plupart. On était un vrai groupe, une vraie famille » se souvient Alexy. Que ce soit, Hassen « le chat » ou Cardinale et Hernandez,  les ambianceurs, en passant par la paire Leblanc-Rougeaux dit « le Boucher et le Ruskov », jusqu’à Castellana « le capi » et Bosetti « le Goleador », l’équipe se comprenait par cœur. Sans même un mot sur le terrain. Menée par un duo de choc sur le banc qui a plus que participé à cette victoire. « Le titre, ils l’ont aussi gagné », s’exclame Arthur Leblanc. « C’était pour eux la récompense de tout ce qu’ils nous ont apporté pendant nos magnifiques années au centre. Sans eux, je suis sûr, je suis même certain, que l’on n’aurait pas été au bout ».

Guy Mengual dans les bras de Lucas Rougeaux.

En première ligne, les défenseurs avec la paire Rougeaux-Leblanc. « Lucas, c’était mon coéquipier de chambre, on se comprenait par coeur et franchement, on était très complémentaire. Moi j’étais plus dans le découpage, lui plus dans la finesse », sourit Arthur Leblanc. Au milieu, Dao Castellana le leader technique et capitaine, « guidait le jeu », pendant que Dada récupérait tous les ballons. Devant Alexy Bosetti, « ne s’arrêtait pas d’enfiler ». Jo’ Amavi « était une bête mentalement ». Neal Maupay, « c’était un crack ». Constant, « un phéno ». Si chacun avait son rôle, le groupe ne faisait qu’un. « Il y avait des super joueurs et des super mecs surtout. Même ceux qui n’ont presque pas joué ont gagné ».

Les montagnes russes

Le parcours de cette fameuse équipe aura été long avant d’arriver à atteindre le Graal. D’autant plus que les joueurs étaient concentrés également sur le titre de champion de France, dans une lutte acharnée contre Montpellier. « Il ne faut pas oublier que la réserve jouait aussi le maintien », se remémore Alexy Bosetti. Il fallait donc gérer entre maintien de la réserve, et lutte pour les deux titres en U19. Pourtant en Coupe tout aurait pu s’arrêter dès le premier tour. Face à Ajaccio dans un stade de La Plaine en fusion, les deux équipes doivent se départager aux penalties. « Si tu vois la physionomie du match, on doit gagner 3 ou 4 à 0, mais les pénos, c’est les pénos », assure Fabien Dao Castellana.

Les joueurs communient après la victoire face à Ajaccio.

Le Gym est sur le point d’être éliminé et le joueur corse se présente devant Mouez Hassen. « Ce fou, il a tenté une panenka », en rigole Alexy Bosetti. Une panenka qui finira sur la barre et offrira une place au second tour aux hommes de Mengual et Pirès. « En réalité, on a très mal commencé la compétition », se souvient le défenseur et vice capitaine. Car le second tour rime également avec rebondissement. En terre marseillaise, à Gignac, les Niçois sont accueillis comme il se doit, se souvient le numéro 9.« C’est comme si on jouait contre l’OM. Le stade était bouillant. Dans les tribunes, le père de Cardi s’était presque battu, et il y avait eu de grosses échauffourées sur le terrain ».

Après les Corses, c’était donc un nouveau derby que devaient s’adjuger les Niçois. Mais tout avait encore très mal commencé. À la mi-temps, le Gym est mené 1-0 et Lucas Rougeaux n’est plus sur le terrain, exclu. « À la mi-temps, le vestiaire a tremblé tellement Manu Pirès nous a hurlés dessus », se remémore Arthur Leblanc. Une soufflante qui a porté ses fruits. Puisque le Gym obtiendra trois penalties en seconde période et le match se terminera à 9 contre 10 (4-1). S’ensuit une victoire facile avec un effectif réduit à Louhans-Cuiseaux (4-0). Trois piqués, un penalty, l’attaquant niçois a régalé ses coéquipiers et s’offrait un beau quadruplé. « Ce match parait peut-être anodin mais il y avait énormément de malades, le match avait été reporté à cause des intempéries. Mais on n’a fait le taf et on menait rapidement au score », explique le quadruple buteur niçois.

Avant la dernière ligne droite

Comme il n’y a rien de mieux qu’un bon derby, qui de mieux que les Monégasques pour affronter les Aiglons en 8es. La génération de Carrasco & co faisait également partie des meilleures de France et les deux équipes se connaissaient rondement bien. Devant plus de 1 000 spectateurs, le derby de la Côte d’Azur prenait tout son sens. Dans une ambiance rarissime pour un match de jeunes, les Niçois allaient s’imposer au terme d’une très grosse bataille (2-1). « On avait l’habitude de jouer Monaco, mais je n’avais jamais vu le stade de La Plaine aussi rempli, c’était incroyable », s’exclame Arthur Leblanc qui était dans les tribunes, blessé, lors de ce match.

Pour fêter ça, les Aiglons auront le droit à un quart de finale au Stade du Ray. Face à Troyes, Fabien et sa bande ont surclassé leurs homologues. Galvanisés par un public exceptionnel, ils prenaient rapidement l’avantage. Et Bosetti s’offrait une panenka devant la Populaire Sud pour clôturer la rencontre (3-1). « J’avais raté deux penalties les semaines passées et je me suis dit que j’allais la tenter devant le public, c’était un régal », sourit l’attaquant.

Les U19 fêtent la victoire face à Troyes avec la Populaire Sud.

Place à la demi-finale et un déplacement en terre nantaise. Une équipe au complet et une finale à aller chercher. Arthur Leblanc se souvient d’un match difficile dans des conditions particulières. « Il y avait beaucoup de vent, Alexy était cuit physiquement et on jouait un peu en terre inconnue. On n’affrontait presque jamais Nantes ». Mais grâce à un nouveau but du goleador niçois, les Aiglons vont s’imposer sur la plus petite des marges et donner rendez-vous à Saint-Étienne en finale. Mais avant tout, il fallait fêter ça se souvient Bosetti. « Après la victoire, on était parti en virée nocturne à Paris et qu’est-ce qu’on a rigolé ! C’était vraiment magique ».

L’heure du sacre

Après deux finales perdues (1981, 2002), l’OGC Nice se devait de mettre la main sur l’un des rares trophées hexagonaux qui manquait à son palmarès. Et l’heure de la revanche avait sonné pour Fabien Dao Castellana. « On avait à coeur de remporter ce match contre Sainté après nos deux défaites contre eux en championnat. Plus rien ne pouvait arrêter notre équipe, j’en étais certain ». Mais pourtant tout n’était pas parfait avant de jouer ce match. Arthur Leblanc, se souvient avoir été malade comme un chien la veille de la rencontre. « J’avais attrapé une grosse grippe, je n’étais pas bien du tout. Avant le match, je me rappelle avoir discuté avec les coaches. Ils me disaient : t’es sûr que tu veux jouer avec un air plutôt sérieux. Je disais oui, ce match-là, je ne peux pas le rater ».

L’équipe de la finale. (Debout : Amavi, Constant, Leblanc, Rougeaux, Hassen. Accroupi : Dao Castellana, Hernandez, Bosetti, Fofana, Dada, Silvestri)

Pareil pour Alexy Bosetti. Blessé aux ischios, sa titularisation était également compromise. Mais la mentalita Nissarda primait avant tout pour ce genre de rendez-vous. Et pourtant la veille du match, il ne touchait même pas encore le ballon. « On était parti la veille pour faire la visite du Stade. Je me rappelle que Pirès me lâchait des regards terrible dès qu’il voyait un ballon dans mes pieds à l’entraînement (rires) ».

Place au match et au foulage de la pelouse du Stade de France. Un moment inoubliable et dur à décrire. « En réalité, un match reste un match, mais ce qui m’a surtout impressionné, c’est tout ce qu’il y a autour. Le stade, les couloirs, le tunnel, le protocole », explique Arthur Leblanc. Et comme par pure magie, les deux buteurs de la rencontre ont été les deux incertains. Leblanc, malade, ouvrait la marque de la tête à la 9e minute. Bosetti, à moitié blessé, tirait lui son épingle du jeu sur un cafouillage et inscrit le but du break à la 19e.

Un 10e but, un record en Gambardella, qui offrait la victoire finale aux Aiglons pour la première fois de leur histoire. « On restera à jamais dans la légende du club comme la seule équipe qui a remporté ce fameux trophée. Nous serons à jamais les premiers », clôturent Arthur, Alexy et Fabien. À un an du dixième anniversaire de cette victoire, le joueur du Puy se sent déjà prêt à faire la fête avec ses « frérots« . « On va organiser un truc l’année prochaine, c’est obligé ! Il va falloir qu’on fête ça comme on l’a fait en 2012 en tout cas ».

Ethan Raccah

Crédit photo : OGC Nice média