TribuneD1 Féminine

D1 Arkema à 10 clubs : les capitaines dénoncent « un football qui recule »

16/05/2021 à 15:05

Profitant de la saison blanche en D2 et, donc, de l'absence de montée vers la D1, la FFF songerait à faire passer la première division nationale féminine à 10 clubs dès la saison prochaine. Une décision qui n'a pas manqué de faire réagir les capitaines des clubs de l'élite

Les capitaines de D1 et de D2 féminine montent au créneau

« Nous n’avons pas atteint le haut niveau pour nous faire la passe à dix. » Parue ce dimanche dans L’Equipe, la tribune cosignée par 30 capitaines de clubs de D1 et de D2 féminines met les points sur les i.  « Nous vivons et vibrons pour un foot performant et percutant, combatif, compétitif et fédérateur. Une D1 privée de deux clubs et une D2 bridée, c’est un football qui recule. La rigidité des règlements ne doit pas nous empêcher de faire preuve de logique. Des décisions de bon sens doivent être prises pour permettre à notre sport d’exister sans hésiter, de s’affirmer sans balbutier, de se projeter fièrement dans  l’avenir » expliquent les joueuses, qui regrette une décision prématurée, si cette dernière venait à être entérinée à l’issue de cette saison.

« Notre sport grandit pas à pas, palier par palier. Lui faire manquer une marche pourrait revenir à sacrifier une génération entière »

« À l’heure où les Championnats européens se professionnalisent et se développent à grande vitesse, le nôtre, avec la décision de priver la D 1 de deux clubs la saison prochaine, montrerait qu’il s’appauvrit et rétrécit ses horizons. On nous demande de jouer à dix contre les meilleures équipes du monde… » peut-on lire plus loin.  « Une D 1 amputée ne contribuera pas à l’éclairage régulier de notre sport. Au contraire. Au lieu d’attirer deux clubs vers le haut, elle tirerait tout le monde vers le bas. En fragilisant des athlètes de haut niveau qui ont besoin de temps de jeu. En fragilisant la D 2, véritable vivier de nos talents. […] Notre sport grandit pas à pas, palier par palier. Lui faire manquer une marche pourrait revenir à sacrifier une génération entière. Donnons-lui plutôt les moyens d’entrer dans l’Histoire » concluent Eugénie Le Sommer (OL), Irène Paredes (PSG), Marion Torrent (Montpellier, en photo) et leurs 27 autres collègues. Si d’aventure, la FFF décidait de faire passer la D1 à 10 clubs dès la saison prochaine, elle ne manquerait pas d’opposantes.

Les capitaines de clubs de D1 et D2 signataires

Charlotte Bilbault (Bordeaux) ; Anna Björk (Le Havre) ; Gwenaëlle Butel (Issy-les-Moulineaux) ; Manon Cazes (Albi) ; Maureen Cosson (La Roche-sur-Yon) ; Marine Coudon (OM) ; Ophélie Cuynet (Dijon) ; Gwenaëlle Devleesschauwer (Lille) ; Solène Durand (Guingamp) ; Charlène Farrugia (Nîmes) ; Noémie Freckhaus (Vendenheim) ; Charlotte Fromantin (Montauban) ; Morgane Gaudin (Strasbourg) ; Christy Gavory (Lens) ; Léa Le Garrec (Fleury) ; Claire Lelarge (Saint-Malo) ; Eugénie Le Sommer (Lyon) ; Charlotte Lorgeré (Nantes) ; Laureen Navas (Grenoble) ; Aude Moreau (Le Puy) ; Irene Paredes (PSG) ; Angeline Quentin (Orléans) ; Justine Rougemont (Metz) ; Maureen Saint-Léger (Nice) ; Tatiana Solanet (Thonon Évian) ; Lalia Storti
(Saint-Étienne) ; Siga Tandia (Soyaux) ; Marion Torrent (Montpellier) ; Gaëtane Thiney (Paris FC) ; Phallon Tullis-Joyce (Reims).