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Mamadou Keita : « La saison blanche, un mal pour un bien pour le FC Mantois 78 »

10/05/2021 à 17:06

On poursuit aujourd’hui notre rubrique un jour-un club avec Mamadou Keita, le capitaine du FC Mantois 78 (N3). Il revient pour nous sur son club dont il est un pilier depuis 10 saisons maintenant, mais aussi sur son parcours à l’étranger et l’importance du côté social dans le foot.

Mamadou Keita, quel est en quelques mots votre parcours ?

J’ai commencé le foot dans l’agglomération de Mantes, au FC Porcheville avant de partir à l’INF Clairefontaine, génération 88, où j’étais en parallèle au FC Versailles. A la suite de ça, j’ai pu intégrer le centre de formation d’Amiens durant 3 saisons des U16 aux U18 avant de rejoindre Le Mans pour une saison en U19.

Une fois ce parcours de formation terminé, j’ai décidé à 20 ans de commencer ma carrière senior à l’étranger, tout d’abord, en Italie, au Real Castelnuovo en Série C puis deux ans après en Espagne au Real Oviedo notamment pour jouer dans son équipe réserve en division 3. Après cette expérience hors de nos frontières durant 4 saisons, je suis rentré au bercail et quoi de mieux que le club de la ville où je suis né, le FC Mantois 78, pour le faire. J’habite en face du stade et j’y suis depuis 10 saisons maintenant.

Quels souvenirs gardez-vous de ces expériences à l’étranger ?

C’est très difficile pour un jeune joueur de se retrouver en terre inconnue. L’intégration n’est pas simple mais quand tu as faim et que tu es déterminé sur ton projet, tu es prêt à tout. Cela m’a permis d’élargir ma palette footballistique, surtout le foot italien qui est assez spécial tactiquement. Vous savez, la France étant un peu bouchée parfois, il ne faut donc pas hésiter à passer par différentes portes pour atteindre ses objectifs. Personnellement, j’ai franchement bien aimé mais après c’est vrai que j’ai un caractère qui fait que j’ai toujours eu le goût de l’aventure. C’est quelque chose que je conseillerais aux jeunes, il faut beaucoup d’assiduité, de concentration mais c’est à découvrir.

« On ne peut pas être au FC Mantois et ne pas avoir d’ambition« Mamadou Keita

Quel regard portez-vous sur votre club du FC Mantois 78 que vous connaissez par cœur et sur votre effectif N3 ?

Tout d’abord, Mantois, c’est un grand vivier du football et sa place est très importante, que ce soit au niveau social ou sportif. Nous sommes mieux au niveau de la structuration. Il y a eu une transition au niveau des générations qui a commencé dès l’année dernière et cette année c’est encore mieux. Tu ne peux pas être dans un club comme le nôtre et ne pas avoir d’ambition.

C’est clair que cette saison on avait mal démarré mais on sait pourquoi. Arrivé de N2 et reprendre la température de la N3, sur les 5-6 premiers matchs c’était très compliqué, nous avons été surpris du rythme et de l’engagement sur 90 minutes. Il a fallu s’adapter à la division et cette saison blanche est un mal pour un bien car elle nous a permis de nous rappeler qu’il fallait mettre la main à la pâte et pour la saison prochaine, on sait désormais à quoi nous attendre.

Quel est votre rôle au sein de l’effectif ?

Depuis que je suis arrivé, j’ai senti que j’avais un rôle particulier à jouer dans ce club, en partageant mes expériences notamment et honnêtement, je le fais avec plaisir. On peut dire que j’y ai signé un contrat à vie et mon rôle est vraiment dans la transmission. C’est mon devoir d’aider tout le monde à acquérir une culture club, car ici nous sommes un club familial avec beaucoup de joueurs du cru, dans lequel l’identité est donc très importante et il y a beaucoup de valeurs qui doivent être transmises.

« Je serai toujours disponible pour le FC Mantois 78 »Mamadou Keita

On sent que le côté social vous touche énormément, est-ce que cela peut être une idée pour votre reconversion ?

On le voit à travers la crise, le social est primordial, c’est quelque chose de très important. Le club met vraiment en avant le social et l’éducatif, c’est l’essentiel du FC Mantois 78 et j’en suis fier. On est amené à soutenir certaines familles par exemple. Après en ce qui concerne la reconversion, j’ai 33 ans c’est vrai mais j’ai encore toutes mes jambes moi donc j’espère vraiment jouer le plus longtemps possible. Franchement, j’avoue que c’est encore trop tôt pour me projeter dans le futur mais une chose est certaine, c’est que je serai toujours disponible pour ce club là, et peu importe le corps de métier : le bénévolat, l’éducation, le social, la direction…

Quel joueur êtes-vous et quel est votre modèle ?

Je suis assez polyvalent, je peux jouer autant au milieu que derrière. Mon modèle, et c’est peut être mon passage en Italie qui parle, c’est Javier Zanetti de l’Inter. Il a été fidèle à son club et s’est donné corps et âme pour lui. Polyvalent, très tactique, c’était vraiment un joueur emblématique des Nerazzurri.

Je vous laisse le mot de la fin

J’aimerais rendre hommage aux clubs, institutions et bénévoles qui se donnent à fond pour remettre la machine sportive en marche. Il faut toujours garder à l’esprit que même si on est dans l’esprit de compétition, il faut rester solidaire face à cette crise, être une grande famille sportive, que ce ne soit pas que le football d’ailleurs, mais toutes les associations sportives. Il faut se tenir main dans la main et avancer ensemble pour pouvoir enfin retrouver la lumière.

Propos recueillis par Reynald Trunsard

Photo : LP/Icon Sport