Interview

Mamadou Talibé Diallo (US Ivry) : « J’ai gagné en maturité »

12/05/2021 à 18:36

On poursuit aujourd’hui notre rubrique un jour-un club avec Mamadou Talibé Diallo de l’US Ivry (N3). Le milieu de terrain revient sur son parcours atypique et sur son club de l’US Ivry, qui est au cœur de l'actualité .

Mamadou Talibé Diallo, après plusieurs saisons au Paris 13 Atletico, vous voilà à l’US Ivry depuis un an. Comment jugez-vous votre nouveau club ?

C’est un club qui a les infrastructures qu’il faut pour monter en N2 (salles de musculations, matériel, etc.,). En ce qui concerne l’équipe fanion en N3, on a un effectif certes réduit mais qui est vraiment de qualité. Nous sommes un groupe de 18-20 joueurs qui peut tourner sans qu’il y ait une baisse de niveau dans l’équipe. C’est un gros plus lorsque les remplaçants peuvent être titulaires sans aucun problème.

Quelle est l’ambition pour l’année prochaine ?

Vu comment on était parti cette saison, et qu’en tant que joueurs on est forcément compétiteur, l’objectif sera la montée.

Avec vous au sein de l’effectif ?

Pour l’instant, je ne sais pas car avec le changement de direction dans le club, j’attends les entretiens et savoir ce qui va en sortir. Ce sont les entretiens qui nous diront si le futur coach compte sur nous ou pas. En ce qui concerne d’autres clubs, honnêtement, je n’ai pas eu de contact et vu que je travaille, je n’ai de toute façon pas trop le temps par rapport à tout ça.

« Il faut savoir que j’étais un énergumène, un vrai petit cas »Mamadou Talibé Diallo

Vous parlez du changement dans la direction, avez-vous un mot pour votre ancien coach, Mohamed Tazamoucht ?

C’est un entraîneur de qualité qui est proche de ses joueurs. J’aime beaucoup son implication dans les entraînements, en y participant et en donnant de la voix, il y a toujours de l’intensité. C’est vraiment cela qui nous a permis de faire un très bon début de championnat et d’avoir de bons résultats.

Comment jugez-vous votre parcours jusqu’à présent ?

Je suis plutôt fier de mon parcours. Je fais partie de la génération 96 de Villejuif, et chez les jeunes on a réussi à faire monter le club de PH à DH, ce qui m’a permis de rejoindre l’académie du Paris FC où j’ai rencontré Emmanuel Tando, qui est un très bon entraîneur et formateur. J’y suis resté quelques saisons mais pour débuter en senior, je suis revenu à Villejuif. C’est à ce moment que j’ai eu la chance d’avoir comme coach José Teixeira qui a vraiment su me canaliser. Il faut savoir que j’étais un énergumène, un vrai petit cas et il a su bien me cadrer et permis de rencontrer Aderito Moreira qui m’a fait venir aux Gobelins après notre très belle saison en Excellence avec Villejuif où l’on était monté en PH.

Arrivé aux Gobelins en N3, et venant d’Excellence, je n’ai pas beaucoup joué au départ mais je ne perdais pas ma motivation et à un moment donné le coach Moreira m’a donné ma chance. Il a eu confiance en moi et m’a lancé, c’est quelqu’un qui n’a vraiment pas peur de lancer les jeunes, il sait reconnaître le talent des joueurs.

Vous êtes un bel exemple de persévérance avec un parcours atypique…

Il y a deux choses qui font la différence. En premier lieu, le mental est primordial, mais il y a aussi le fait d’avoir rencontré des hommes qui m’ont fait mûrir. Par exemple, je connaissais des problèmes de discipline et je purgeais une suspension d’un an quand José Teixeira m’a eu en Senior. J’ai réfléchi, grandi et gagné en maturité. Je ne me prenais plus la tête sur le terrain et ne parlais plus aux arbitres, je jouais simplement mon foot. Il m’a vraiment très bien conseillé, c’est une personne qui m’a aidé.

Si j’avais un message à donner aux plus jeunes, ce serait qu’il ne faut jamais rien lâcher, c’est le mental qui fait la différence, tu peux être au plus bas et rebondir. J’ai connu l’expérience de passer d’un groupe d’Excellence à un groupe de N3 et franchement ce n’est pas évident. Au début, les gens se demandent ce que ce gars fait là. Je me suis imposé, j’ai participé à la montée et fait mes matchs en N2. Et je ne suis pas le seul de toute façon, il y a d’autres exemples, regardez quelqu’un comme Johanne Akassou (actuel attaquant du Red Star en N1), avec qui j’étais à Villejuif, on est parti en même temps aux Gobelins, et regarder maintenant où il en est. C’est beau !

« Si je dois tout lâcher pour aller ailleurs, ce sera pour un très gros projet »Mamadou Talibé Diallo

Avez-vous l’ambition de goûter de nouveau à l’étage supérieur ?

C’est franchement compliqué. Moi je travaille à côté et au niveau des entraînements, ce n’est vraiment pas facile. L’année en N2 aux Gobelins me l’a montré. J’ai ma vie à côté et je n’ai pas envie de lâcher ma vie comme ça, je peux actuellement cumuler le foot et continuer une vie professionnelle à côté et cela me convient. Si je dois tout lâcher pour aller ailleurs, ce sera pour un très gros projet.

Comment vous définissez-vous comme joueur ?

Je suis un milieu de terrain qui peut jouer en relayeur ou devant la défense. Je pense avoir une bonne qualité technique avec une bonne vision. J’aime mettre beaucoup d’intensité dans mon jeu et je cours beaucoup. En fait, je me canalise et mets toute mon agressivité dans le jeu. J’admire beaucoup un joueur comme Thiago Alcantara qui est un vrai joueur de foot mais un gros caractère. D’ailleurs, le football qui m’attire plus que les autres, c’est le championnat anglais (Premier League). C’est vraiment pour moi le meilleur des championnats car c’est intense, physique et que ça court tout le temps. On peut y voir des top joueurs comme Ngolo Kanté par exemple, que j’admire pour sa capacité à récupérer les ballons, c’est un championnat où tout le monde peut battre tout le monde.

Je vous laisse le mot de la fin.

J’espère que l’on va reprendre le plus vite possible le football et que cette pandémie reste derrière nous, même si cela risque d’être encore un peu compliqué.

Reynald Trunsard

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