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Portraits

2 février | 15h00

Zoom sur les U12 élite d'Andrei Catalin à l'US Cap d'Ail

Actufoot 06 est parti à la rencontre Andrei Catalin, 31 ans, éducateur depuis cinq ans à l'US Cap d'Ail et responsable de la catégorie U12 élite cette saison. Une génération qu'il suit depuis maintenant trois saisons. (Crédit photo : DR)

CAP D'AIL ANDREI Catalin 

D’origine roumaine, Andrei Catalin est arrivé en France pour continuer ses études dans le sport. Après avoir fait un Bac +3 éducation physique et sportive (coach football) en Roumanie, il a atterri à Nice en Master Sport, tourisme et loisirs en STAPS. Après avoir passé ses formations CFF à la ligue Méditerranée de Football, Andrei décide de se rapprocher de l’US Cap d’Ail pour tenter d’avoir la double casquette éducateur/joueur : "Je suis passé voir le président de l’US Cap d’Ail pour pouvoir continuer ma carrière de footballeur, que j’avais arrêtéz après mon passage en 4e division Belge. En Roumanie, j’évoluais en 2e et 3e division. Néanmoins, à l’US Cap d’Ail, je voulais également être en charge d’une catégorie jeune en tant qu’éducateur. Malheureusement, avec mon activité d'entrepreneur dans une société de transports, il n’était pas possible de concilier les deux. J’ai donc fait le choix de laisser ma carrière de joueur de côté pour entraîner les U6, U7 du club dans un premier temps. Et aujourd’hui je m’occupe des U12 élite qui est d’ailleurs la seule catégorie à ce niveau dans le club."

Une génération qu'il suit depuis 3 ans

À 31 ans, Andrei est au club depuis cinq ans et s’occupe du même groupe pour la troisième saison consécutive. Il a suivi cette génération de la transition foot à cinq à foot à huit jusqu’à celle du foot à onze : "C’est assez atypique car en général en France, on entraîne un groupe pendant deux saisons au maximum. C’est un beau groupe, avec pas mal de jeunes joueurs et ce qui permet de constituer trois équipes." Lui s’occupe de l’équipe première avec laquelle il a réalisé de très belles choses l'an passé : "Nous nous sommes qualifiés dans la poule élite parmi les gros clubs de la Côte d’Azur comme Nice, Monaco, Mougins ou encore Cavigal. Sur cinq participations à des tournois, on a atteint à chaque fois les demi-finales dont à trois reprises jusqu’à la finale. On a soulevé la coupe une seule fois pour deux défaites aux penaltys."

Actufoot • Andrei Catalin U12

Andrei Catalin et son groupe lors d'un tournoi (Crédit photo : DR)

L’éducation au centre de sa formation

Andrei trouve intéressant de s’occuper de jeunes qui n’ont même pas encore dépassés les 13, 14 ans afin de pouvoir leur inculper les valeurs du football et de la vie en général. À cet âge, personne ne sait si un joueur va devenir footballeur, mais en tout cas c’est important de pouvoir créer des bonnes personnes pour la vie future. Et cette notion, l’éducateur des U12 l’a très bien intégrée : "La discipline est une dominante primordiale sur et en dehors des terrains et j’essaye de leur inculper cela. L’aspect humain dans un club comme Cap d’ail est nécessaire, car on sait que nous n’avons pas la pression des résultats. Le contenu des séances importe plus que l’issue du match du week-end. Après, c’est sûr, cela reste important surtout que nous jouons parmi la poule élite."

Il insiste également sur l’importance de la défaite et qui peut s’avérer révélateur en fonction de la réaction de l’enfant : "C’est toujours plaisant de pouvoir gagner, les jeunes sont très contents lorsqu’on enchaîne les victoires. Mais c’est important de savoir perdre, je pense qu’on apprend plus dans la défaite que dans la victoire surtout à cet âge-là. Ceux qui savent perdent, sont pour moi plus forts que ceux qui savent gagner. Tout le monde sait gagner alors que les personnes qui réussissent à se relever d’échecs sont beaucoup moins nombreuses."

Un club structuré

Andrei nous parle de l’US Cap d’Ail comme un club familial, très bien cadré et qui peut taper aux portes des grands. Selon lui, cette structure amateure est très bien organisée grâce à certaines personnes qui réalisent un superbe travail et qui amènent toutes leurs expériences au sein de ce club : "On a la chance d’avoir des acteurs du football diplômés. Je pense à Alexandre Licata qui est un ancien professionnel et Alexis Bourdin, un formateur au district. On a aussi Richard Dunne qui est notre chef de projet pour la formation du club jusqu’au U19. C’est un ex-international irlandais qui a disputé la Coupe du monde 2002 et l’Euro 2012. Il a notamment joué sous les couleurs de Manchester City pendant 9 ans."

Il a beaucoup d’estime pour ces personnes qui participent au développement et à la renommée de l’US Cap d’Ail. Andrei a beaucoup appris d’eux et considère qu’ils pourraient avoir leur place n’importe où dans un club professionnel de la région comme à l’AS Monaco ou l’OGC Nice : "À eux trois, ils nous ont imposé une philosophie de jeu et un schéma tactique applicable sur l’ensemble des catégories tout en nous laissant la liberté de créer nos propres séances. Par exemple, dans le foot à huit, peu importe le match ou le score, on doit systématiquement garder le même dispositif qui est le 2-4-1. La particularité est aussi cette volonté de toujours chercher à proposer du jeu. Un beau football, style à l’espagnol avec beaucoup de transmissions de passes, de fixations d’un côté pour jouer de l’autre ou encore de déséquilibres pour pouvoir finir."

Actufoot • Entraînement USC Apdail

Les jeunes de l'US Cap d'Ail à l'entraînement (Crédit photo : DR)

Un véritable adepte du foot à huit

Même s'il n’a encore pas été à la tête d'une équipe de foot à onze, "le vrai football" comme il l’appelle, Andrei adhère complètement au foot à 8: "Je suis très passionné de ce type de football. À cet âge-là, les enfants donnent vraiment le meilleur d’eux-mêmes, c’est pour ça que je suis bien avec eux. La plupart rêvent d’une carrière de footballeur. Puis j’adore faire les tournois, les festi foot avec mes jeunes. Ce sont des moments de partage avec les enfants qu’on ne retrouve pas dans les catégories plus grandes. Donc je n’ai pas envie de changer, je souhaite vivre encore des événements de la sorte. Et même quand je parle à des jeunes de dix, onze ans, ils m’écoutent comme si j’étais leur père alors qu’en U17 par exemple, ce n’est plus la même chose."

La der' avec son groupe

C’est un point positif qu’Andrei connaisse son groupe depuis leur passage au foot à huit car il le forme depuis maintenant trois saisons. Il sait comment il joue, ses qualités et les différents traits de caractère de chacun. Néanmoins, il insiste sur les désavantages de les avoir suivis depuis petit : "Ma formation à cet âge-là, c’est très important d’être dans la nouveauté. Il faut dans la pédagogie transmettre des choses différentes. C’est comme à l’école quand c’est la même voix, la même tonalité, les mêmes consignes, au bout d’un moment les enfants s’ennuient ou ne trouvent plus d’intérêt. Le message passe plus comme avant, ils ont besoin d’entendre une autre voix et c'est tout à fait normal. Même si j’adore mon groupe et qu’on a réalisé de belles choses, ce sera ma dernière année avec eux." L’année prochaine, cette génération changera donc d’éducateur.

De son côté, Andrei attend les propositions du club, mais souhaite tout de même repartir sur un cycle similaire en reprenant une équipe qui termine le foot à cinq jusqu’à l’emmener de la transition foot à huit à foot à onze : "J’ai envie de voir si je suis de nouveau capable de refaire les mêmes performances en accompagnant un groupe en poule élite notamment. Après, forcément, à terme, j’ai pour projet d’évoluer et cette fois-ci de suivre une génération de son passage au foot à onze."


Propos recueillis par Paul Durel

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