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24 novembre | 16h00

Ayman Kari, la pépite du PSG racontée par son père

Chez les Kari, on ne force pas le destin. Surtout avec Ayman, qui ne veut rien « précipiter ». Mais quand le gamin de Villejuif éclabousse de son talent une double confrontation de Youth League face à Leipzig, certaines choses s’accélèrent. Le moment opportun pour prendre une respiration, et croquer son portrait à travers le regard de son père.

PSG U19 Nat Ayman Kari

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Il y a quelques jours, la famille Kari dîne au restaurant. L’atmosphère est festive. La raison ? Ayman fait partie, avec Ismaël Gharbi (milieu de 17 ans) et El Chadaille Bitshiabu (défenseur central de 16 ans), des trois joueurs du Paris Saint-Germain convoqués par Lionel Rouxel, sélectionneur de l’Equipe de France U18, pour le stage de mi-novembre. Une première consécration pour le natif d’Ivry-sur-Seine. Forcément ému, le père d’Ayman se tourne vers lui et lui glisse : « Ayman, tu as vu ? Tout ce qu’on a dit se réalise… J’espère qu’en 2022, tu seras avec l’équipe de France. » Le jeune milieu du PSG se redresse alors sur sa chaise et répond : « Papa, il ne faut jamais précipiter les choses pour être le plus efficace possible ». Quand il s’agit de football, Ayman n’est plus l’enfant au fort caractère que ses proches connaissent. Il est posé et réfléchi. « Un sage », s’amuse son papa. « Je suis mature. Ne me prenez pas pour un petit garçon », lâche ainsi l’intéressé parfois à sa grande sœur.

C’est cette ambivalence qui le caractérise depuis ses premiers pas à Villejuif. Le garçon est tiraillé entre son envie débordante de réussir, de « battre constamment son frère à n’importe quel jeu », mais aussi son côté plus secret, son besoin d’observer son environnement, de le comprendre, de l’analyser, avant de pleinement se livrer. Ayman Kari n’est pas un frontal. Les choses viennent à lui de manière naturelle, sans qu’il force le destin. C’est comme ça que, alors qu’il joue avec son ballon en bas de chez lui à cinq ans, un adulte du quartier le remarque et conseille à son père de l’inscrire au football. Puis, tandis qu’il évolue à l’US Villejuif Football quelques années plus tard, Rennes à ses onze ans, Manchester ensuite, et enfin le PSG, viendront également à lui.

Deux master class face à Leipzig, et un avenir en question

Ses débuts à Paris seront discrets. Il débarque alors au sein de la génération 2003 avec un an d’avance, et traverse des moments compliqués sur le plan personnel. Ses copains lui manquent. Sa vie d’enfant, aussi. Jusqu’à un premier déclic en U15, avec Saïd Aïgoun, aujourd’hui à Crystal Palace. Il prend alors de l’épaisseur dans le groupe. A sa manière. Son père se rappelle, baba : « Après un match, des journalistes sont venus interviewer les jeunes du club. Ses camarades baragouinaient, ils n’arrivaient pas à répondre aux questions, et lui arrive par derrière, naturellement, et il sort une phrase qui coule… J’ai adoré. C’était réfléchi. » Une force tranquille, sûr et en-dehors du terrain.

Au sein du centre de formation du club de la capitale, la progression d’Ayman Kari est donc linéaire. C’est aussi ce qui explique la sérénité technique impressionnante que dégage le trident qu’il forme dans l’entrejeu avec Warren Zaire-Emery et Edouard Michut, bien qu’il ne s’agisse que de sa première année avec les U19 Nationaux. Ayman ne brule pas les étapes. Mais il ne manque pas pour autant les opportunités de se montrer à son avantage, comme lors de la double confrontation de Youth League face au RB Leipzig. Deux très belles copies qui ont surement pesé dans la réflexion de Lionel Rouxel. Et qui lui ouvrent d’autres possibilités, d’autres sollicitations. En fin de contrat aspirant en juin prochain, Ayman Kari vit aujourd’hui un nouveau tourant de sa très jeune carrière. Et, même si l’idée de poursuivre avec le PSG est bien évidemment sa piste prioritaire, le faible temps de jeu qui semble lui être promis en équipe première ne correspond pas aux attentes de son clan. Mauricio Pochettino déclarait d’ailleurs au début du mois de novembre au sujet de Xavi Simons : « Nous avons 33 joueurs pro dans l’effectif que nous entraînons. (…) Nous n’avons pas la place pour leur permettre d’avoir une chance (aux jeunes, NDLR). (…) C’est bouché au milieu de terrain avec le grand nombre de joueurs… » Forcément, alors que son entourage place comme mot d’ordre le temps de jeu et le fait qu’Ayman joue rapidement avec des adultes, le projet du PSG semble s’éloigner. Comme pour de nombreux autres de la formation avant lui.

Augustin Delaporte


Crédit photo : Eric Cremois (EC Photosports)

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