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16 mars | 10h00

C. Tolé : « Montigny ? Il faut redonner les couleurs que mérite cette section féminine »

Claude Tolé, le coach des filles de Montigny le Bretonneux (Régional 2) ne cache pas son plaisir d’être dans ce club des Yvelines pour apporter son expérience et sa passion. Il est revenu sur le coronavirus et sur le développement du football féminin pour Actufoot. Entretien !

Féminines Claude Tolé Montigny Les Bx

Pourquoi avoir rejoint Montigny le Bx ?

Simplement, j’étais arrivé au bout de ce que je pouvais montrer à Viroflay ou je suis resté 5 ans, ou j’ai créé la section féminine, ou ça a permis l’émergence de la section U14-U15-U16 qui se retrouve aujourd’hui en demie finale de la coupe des Yvelines grâce au travail d’Hélène Moniez qui est une des responsables et une de mes joueuses qui m’a accompagné à Montigny. J’avais envie d’autre chose, d’un challenge, de me mettre sous pression, en ayant les moyens pour apporter un petit quelque chose. Montigny c’est aussi le niveau Régional 2, ce n’est pas rien. C’est anciennement une équipe qui était en D1 il y a très peu de temps. Depuis quelques années, ce club est en grandes difficultés sur la section féminine, depuis 4-5 ans ça plonge. En R1, l’équipe a déclaré forfait car pas assez de joueuses. Une instabilité s’est installée dans la section féminine à quasiment tous les niveaux. Avec Rémi (adjoint) et Fabien (entraîneur gardienne), nous sommes arrivés devant un chantier qui ne va pas se faire en une saison. Aujourd’hui, fier de relever ce défi dans l’un des clubs précurseurs du football féminin en Ile-de-France et de construire pour l’avenir. On essaie d’apporter notre pierre à l’édifice. Ça va se faire petit à petit. Il faut du temps comme tout projet. Ce club a vu grandir de grandes joueuses comme Méline Girard qui évolue aujourd’hui au Réal Madrid, Léa Le Garrec qui évolue à Fleury. Il faut redonner les couleurs que mérite cette section féminine !

Actuellement milieu de tableau, es-tu satisfait de ton équipe ?

C’est un championnat véritablement à deux vitesses avec les équipes de Paris (Paris CA, le Paris FC, Saint Maur F.), un championnat relevé. Ensuite tu as des trouble-fête comme Carrière qui joue les coups à fonds, F.F.A 77 qui est pas mal aussi. Ces 4-5 sont en tête du championnat et puis, les autres. Être au milieu de tableau, c’est un peu traître, on se tient en 3 points entre le dernier et le 6e-7e. En plus, ce qui est terrible dans cette saison, c’est que les 4 derniers descendent par rapport à cette histoire que je trouve absurde, de réduire la D1 Arkema et du coup, tout le monde en subit les conséquences. Tu peux descendre en ayant fait un championnat moyen. On va essayer, ça va être dur. On a les moyens de se maintenir. Il va falloir prendre un maximum de points même face aux gros, en réalisant des exploits. Face aux concurrents directs, il faudra faire le job. Ça va se jouer à rien. C’est assez excitant de se retrouver dans cette position. A nous de répondre présent.

C’est comme partout, ce sont les gros morceaux qui arrivent à s’en sortir

Claude Tolé

Aucun match nul après 13 journées, c’est tout pour la gagne ?

C’est une coïncidence ! Dans ce championnat à 2 vitesses, contre les gros on a perdu, contre nos concurrents de notre niveau, on en a perdu mais on en a gagné aussi. C’est une stat parmi tant d’autres. On joue tous les matches pour essayer de les gagner. On essaie de faire le meilleur résultat possible et leur apprendre comment faire un meilleur résultat, et ça passe par l’alimentation, par la prévention de blessures, tous ces aspects sont importants. Il y a un gros travail à faire de notre côté. C’est un challenge à mettre en place, tout cela amène à la performance de la joueuse. On joue donc tous les matches pour les gagner sinon on reste à la maison.

Quand tu vois le comportement de certaines joueuses qui n’ont pas le bon comportement pour telle ou telle raison, ces personnes dénigrent le football féminin

Claude Tolé

Le coronavirus a-t-il été inégalement perçu dans les équipes masculines et féminines comme l’a rappelé Jean Michel Aulas ?

Ce que je trouve terrible, tu as une inégalité à l’image de la société qui s’est creusée au niveau du football. Qui en pâtit les petits clubs ou les grandes structures ? J’estime que nous faisons partie des petits clubs en difficultés et tu subis. C’est comme partout, ce sont les gros morceaux qui arrivent à s’en sortir. Déjà à temps normal, sans Covid, il y a pas mal d’aspects que je ne comprends pas, ça dépasse le sportif. Il y a une hausse au niveau des licences mais on s’en fout. Moi je préfère avoir moins de licenciées et plus de moyens pour que les filles puissent s’exprimer dans les meilleures conditions possibles. C’est ça le plus important et non des chiffres !

Comme le président lyonnais, tu dors, tu manges, tu penses foot féminin ?

Depuis que je suis coach des féminines depuis plus de 5 ans, forcément je pense plus foot féminin mais j’y pense naturellement. C’est devenu du plus profond de moi, ça s’est propagé comme une évidence. Ce n’est pas toujours évident, il va falloir du temps. Il y a vraiment un travail de mentalité. Les filles doivent être conscientes du travail qui a été fait par des personnes qui œuvrent pour une bonne santé du football féminin. Et ça se respecte, c’est un vrai combat. Le football, c’est un plus mais c’est sociétal. Quand tu vois le comportement de certaines joueuses qui n’ont pas le bon comportement pour telle ou telle raison, ces personnes dénigrent le football féminin. Les mentalités ne se changent pas du jour au lendemain. On essaie de comparer le football féminin au football masculin mais il faut laisser le football féminin se développer seul. Chez les hommes, tu as 40 ans d’avance dans les infrastructures, dans les projets, etc. La coupe du monde des féminines en France, c’est l’arbre qui cache la forêt, ça a fait du bien de voir les stades pleins, mais la réalité est le travail de fond. Et le travail de fond est quasi-néant même si certains clubs, certaines dirigeantes qui œuvrent pour le football féminin.

Propos recueillis par Farid Rouas

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