Interviews

21 juillet | 12h33

C. Cattelain : « Aucun licencié n'a été laissé à l'abandon »

Dans le cadre du dossier “Top licenciés” d’Actufoot, Chris Cattelain, directeur général de l’AC Avignon, leader au nombre de licenciés dans le département, dresse le bilan de la crise sanitaire et aborde les projets du club avignonnais.

ACA Licences LICENCIÉS

Qu’est-ce que cette première place vous inspire ? Ce nombre de licenciés a-t-il été impacté par la crise ?

Concernant le fait que nous ayons le plus de licenciés, c'est une certaine forme de logique étant donné qu’Avignon est la plus grande ville du département. Effectivement, ce nombre a connu une évolution puisque nous sommes passés de 615 à 600. Cette baisse se fait alors que chaque année on monte en niveau de compétition, donc logiquement on aurait dû avoir plus de licenciés que la saison précédente.

Cet arrêt prématuré de la a été un gros coup dur on imagine…

Il n’y a de toute façon pas eu de moment plus difficile qu'un autre. Quand on s'arrête au départ, on est triste ; quand on voit que ça ne repart pas, pareil. Si on met de l'espoir, idem. Cela a été un enchaînement de mauvaises sensations, mais il y a aussi des décisions que l’on pouvait anticiper quand on voyait que les chiffres de la pandémie allaient de mal en pis. Forcément, on se doutait que ça n’allait pas repartir. Après, si on nous avait dit au mois d'octobre que ça ne repartirait pas de la saison, on n'aurait pas accepté une telle décision aussi tôt. Maintenant, il faut juste prier pour que l’on retrouve une saison normale.

Qu'est-ce qui fait la force de votre club ?

Je pense que c’est déjà le niveau de pratique, puisqu’avec huit équipes engagées au plus haut niveau régional, on se doit d’être numéro un de ce côté-là. Ces niveaux nous permettent d'assurer une mixité au sein du club. Parce que s'il n'y avait pas les niveaux, on serait uniquement sur un recrutement dans notre secteur proche, c'est-à-dire la rocade. Les niveaux que nous avons au club nous permettent d'avoir une mixité entre les jeunes des quartiers d'Avignon, de la périphérie et aussi dans tout le département, voire même au-delà, parce qu'on a des licenciés qui viennent du Gard, des Bouches-du-Rhône. Le niveau les incite à faire des kilomètres, donc il y a cette mixité sociale. Et puis une mixité de genre, dans le sens où sur les 8 équipes de Ligue, il y a 3 équipes féminines, donc on a un club qui doit être beaucoup plus féminisé que la plupart des autres qui sont à peu près de la même taille.

Avez-vous fixé des axes d'améliorations pour le club ?

Avec les demandes que nous avons et les refus auxquels nous devons faire face, il serait largement possible de faire demain un club d’Avignon avec 900 licenciés. On pourrait même se rapprocher des 1000 comme certains clubs. Le problème se situe au niveau des infrastructures : on a un stade qui est archi-utilisé avec parfois trois équipes à 11 qui s'entraînent sur ce même stade. Donc l'axe d'amélioration c’est celui-ci. Si demain la ville veut qu'on ait 1000 licenciés, on les aura. Mais si on n'a pas plus de moyens pour pouvoir pratiquer, nous allons plafonner en termes de licenciés.

Pourquoi ?

Il faut quand même offrir une qualité de pratique à nos enfants. Quand on met trois équipes à 11 sur un terrain à 11, on perd en qualité. Les parents et les enfants peuvent être déçus, mais en plus de ça, on s'entraîne moins bien. C'est donc difficile, même sur les 8 équipes au niveau régional, de viser le niveau national. Nous avons de très bons éducateurs, ils sont tous formés et diplômés, ont une philosophie de formation, un vrai projet club, mais les installations ne nous offrent pas de bonnes conditions d’entraînement.

Quel bilan tirez-vous de la crise sanitaire ?

Si on relève un point positif, c'est qu'aucune équipe ni aucun licencié n'a été laissé à l'abandon. On a essayé de proposer des pratiques en adéquation avec les contraintes sanitaires. Après, ça a été un petit peu plus difficile pour enthousiasmer tout le monde. On avait des taux de remplissage des séances d'entraînement qui étaient moins élevés que durant les saisons normales, certainement dû au fait de devoir s'entraîner sans compétition, ce qui est moins stimulant. Il y avait des recherches avec beaucoup de créativité pour essayer de stimuler l'intérêt, mais le foot sans opposition à l'entraînement et sans compétition le week-end, c'est quand même d'une tristesse…

Le Covid va-t-il impacter les finances du club ?

Oui, il va nous impacter parce que même si sur la saison, comme tous les clubs, on organise deux gros tournois, ils n'ont pas pu permettre des rentrées d'argent. Surtout, le gros impact financier pour nous est à venir parce qu’on a pensé aux familles. Sur les cotisations pour nos 600 adhérents, on a sans doute 550 qui sont à jour de leur cotisation et ces enfants et ces adultes-là paieront leur licence moitié prix la saison prochaine. On sait que forcément, on finira avec un déficit, mais cette option a été choisie dans l'intérêt des familles.

Pour en revenir au terrain, quels sont les objectifs de la saison à venir ?

Il n’y a pas d’objectif concret. On fait de la formation. Après, c'est sûr que si on peut avoir des bon résultats, si on peut faire accéder des équipes, c'est bien. Si on peut éviter de descendre, c'est bien aussi, mais c'est surtout que les équipes continuent à fonctionner, puissent s'entraîner, que les gamins progressent et respectent notre feuille de route pour le club. Avancer tous ensemble, prendre du plaisir à se retrouver. Après, les résultats sportifs sont secondaires. Si le travail en amont est bon, de toute façon les résultats suivront.

Est-ce un plaisir pour vous de retrouver les terrains et du public ?

On commence un petit peu parce qu'au niveau des jeunes, il y a des oppositions qui se mettent en route. Les tribunes commencent à se garnir. Après, on est toujours un petit peu freiné dans notre inconscient parce qu’entre les moments où il faut mettre le masque, ne pas le mettre, on se lâche puis on se retient... Donc c'est un peu particulier. Il y a quand même l’adrénaline de se dire qu'on va repartir normalement. On fait des licences, il y a des détections, ça donne envie. Mais on peut pas non plus faire des plans sur la comète et il faut avoir en tête que ce n'est pas impossible qu'en octobre, on doive tous rentrer à la maison.