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12 octobre | 16h58

« C'est l'état d'esprit » qui prime à l'Espérance Carbay

Vieille de 59 ans, l’Espérance Carbay continue d’exister en 2021-2022, non sans mal, avec ses 247 habitants. Le président Olivier Boulay, Julien Marquet, joueur depuis plus de 10 ans, et Martial Lefeuvre, entraîneur de l’équipe A, ont accepté de nous ouvrir les portes de leur club.

Ligue Pays de la Loire

C’est l’histoire d’une institution pas comme les autres, qui compte deux équipes seniors… en D5. Soit 54 licenciés, dirigeants compris, à l’entame de cette saison 2021-2022, pour l’Esperance de Carbay. Douze mois auparavant, les effectifs trop insuffisants ont contraint, en plus de la pandémie de Covid-19, à mettre le plus petit club de la Ligue des Pays de la Loire en sommeil. Depuis, l'équipe A est en tête de sa poule au bout de deux journées tandis que la "réserve" se met doucement en marche...

Un nombre incalculable de liens familiaux

L’activité reprend donc petit à petit au sein d’un environnement très familial, où père, fils comme frères évoluent côte à côte : « J’ai mon fils qui est joueur, notre entraîneur aussi. Il y a un père qui joue avec son fils, trois fratries différentes » détaille Olivier Boulay, président du club et joueur par intermittence. A 42 ans, il a accepté de reprendre le club il y a 3 ans et demi grâce à cette très forte attache familiale mais aussi parce qu’on ne fait pas de distinction entre l’équipe A et l’équipe B. Tout pour le kiff : « 20 joueurs à peu près viennent garnir les rangs vendredi soir pour s’entraîner et on a plusieurs gars qui font le déplacement de Nantes. Martial Lefeuvre s’occupe des seniors et il est assisté par Gildas Jean, plus proche de l’équipe B. Même si c’est un grand mélange » complétait le président.

Plus d’un demi siècle d'une histoire perpétuelle

Échelon le plus bas du football départemental, la D5 regorge de clubs qui jouent pour le plaisir. Celui d’être sur le terrain ensemble, mais également après. Et ça fait 60 ans que ça dure : « On va passer ce cap cette année et même il y a 20 ans, il y a quasiment toujours eu deux équipes. Mon cousin a toujours joué ici et je suis venu pour cette ambiance, intégrer cette bande de copains qui se voit régulièrement, même quand le club était en stand-by. On évoquait cette envie de relancer tout cela. Si on était une dizaine à re signer la saison dernière, cette saison on était plus de 30. Et les rangs ont gonflé petit à petit, par l'intermédiaire du bouche et à oreille , et des connaissances. Certains sont venus nous voir jouer, d’autres ont fait leur retour. Des jeunes qui étaient partis s'étalonner à un niveau supérieur et qui sont restés fidèles à notre club » affirmait Olivier Boulay. Des propos confirmés par Martial Lefeuvre, l'entraîneur des seniors.

Julien Marquet (39 ans), agriculteur dans la vie et arrivé au club depuis dix ans, souligne lui aussi cette ambiance à part, qui a permis au club de repartir de l’avant après plusieurs mois sans activité... et sans réseaux sociaux puisque c'est l'application Telegram qui est privilégiée pour échanger : « Si je viens jouer ici, c’est pour me changer les idées, pour l’ambiance. On est une bande de potes. Pendant plusieurs mois, on a essayé de trouver des solutions, on a eu des petites prises de bec mais on a réussi à relancer la machine. On a aussi perdu quelques jeunes, qui ont voulu aller voir au-dessus. On évolue en D5 et l’envie de jouer en D2, D3 est compréhensible à cet âge ».

La vente d'huître pour financer les 50 ans du club

Pour (sur)vivre, le club de Cabray s’organise avec les habitants de la commune. Tout le monde se connaît et se retrouve autour de moments organisés par les licenciés. Pour fêter les 50 ans du club, Martial Lefeuvre, l'entraîneur principal nous confiait que les joueurs avaient organisé une vente d'huîtres pour pouvoir financer les festivités. Résultats des comptes : très peu d'argent récolté mais une date indélébile dans le calendrier. Le mois de décembre y est même dédié comme le confie Julien Marquet : « Quand je suis arrivé, l’ambiance m’a surpris dans le bon sens et le président annonçait d’emblée un karting en octobre offert par le club avec nos compagnes. Depuis, on se réunit autour d'événements comme notre choucroute du mois de novembre, très très attendue. En décembre, on fait les huîtres mais les recettes se font surtout au bar. Elles accompagnent l’apéro qui commence à pas d'heure et qui se termine quand il n'y a plus à boire (rires). En janvier, c’est galette des rois et on se réserve la terrine, le pâté et les rillettes en février… autour d’une bonne soirée karaoké."

Des joueurs qui mettent la main à la patte

Si les propos tenus par chacun des protagonistes témoignent d'une bonne ambiance, c'est aussi parce que l'entraide est le maître mot. Se serrer les coudes, c'est le quotidien des joueurs de D5 pour pouvoir concilier foot et plaisir. Par exemple, ce sont les joueurs qui s'occupaient du terrain jusqu'au début de cette saison. Des scènes assez cocaces où on pouvait apercevoir, jusqu'à la veille des rencontres, "des joueurs reboucher les trous" avec des instruments agricoles. Mais depuis, Martial Lefeuvre nous confie que la mairie s'est penchée sur la question : "Au changement de municipalité, j'ai été sondé le maire par rapport à nos installations et depuis, c'est la municipalité qui gère l'état des terrains. Mais c'est vrai que nos joueurs ont dû s'armer de patience (rires)". Outre le terrain, il y a l'espace d'accueil où une idée de réutiliser des bungalows abandonnés avait germé il y a quelques années. Comme pour le terrain, c'est en "réflexion". Vous l'aurez bien compris, au-delà du jeu, l'Espérance Carbay c'est avant tout un état d'esprit, comme on ne voit plus beaucoup.