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4 mai | 18h00

Axel Disasi : "Je suis humble par rapport à mon parcours"

Axel Disasi (24 ans) a reçu Actufoot.com au Centre de Performance de La Turbie en compagnie de nos confrères de Radio Monaco. L'occasion d'évoquer avec le défenseur et vice-capitaine de l'AS Monaco la belle série monégasque en Ligue 1, son parcours sinueux ainsi que l'équipe de France et la féroce concurrence à son poste.

AS MONACO AS MONACO L1 Axel Disasi

Comment expliquez-vous la métamorphose de l'équipe alors que personne n'imaginait il y a encore quelques semaines l'AS Monaco lutter pour la seconde place ?

On a eu plus de temps pour préparer nos matches et mettre des choses en place depuis qu'on a été éliminés de la Coupe d'Europe. On a aussi eu plus de temps pour se reposer et remettre le cerveau à plat. C'est vrai que le mois de mars a été très compliqué avec une grosse charge de travail et beaucoup de voyages. L'AS Monaco est un club ambitieux donc on savait ce qui nous attendait et on y était préparés, mais on ne peut pas nier qu'on a senti plus de fraîcheur mentale et physique au sein du groupe une fois qu'on a été éliminés de la Ligue Europa.

Au vu des efforts fournis pour sortir en tête d'une poule difficile (Real Sociedad, PSV Eindhoven notamment), cette élimination contre Braga ne représente-t-elle pas tout de même le gros point noir de la saison ?

Forcément, c'est un échec. On voulait aller plus loin dans cette compétition. On a terminé en tête d'un groupe très relevé et notre élimination fait malheureusement partie du foot. On n'a pas atteint l'objectif mais maintenant, il faut tourner la page. On est en train de réussir à le faire.

Décrocher une qualification en Ligue des champions au terme de semaines plus allégées d'un point de vue calendaire serait une sorte de rédemption ?

Si nous nous qualifions pour la Ligue des champions, je ne dirais pas que cette élimination sera oubliée mais on pourra repartir sur quelque chose de neuf et de plus fort. Au début de saison, décrocher la C1 était l'objectif principal du club donc si on y parvient, l'élimination contre Braga passera forcément mieux.

"Je pense qu'on méritait certaines critiques (...) La force du club a fait qu'on a pu rester sereins et soudés"

Axel Disasi a égalisé lors du 8e retour contre Braga à Louis II (1-1) mais n'a pu empêcher l'élimination de l'AS Monaco

Avez-vous trouvé les commentaires à l'égard de l'équipe un peu trop durs lorsque les résultats n'étaient pas au rendez-vous ?

Durs non, je pense qu'on méritait certaines critiques. C'est vrai qu'on n'était pas constants, les résultats n'étaient pas bons. Quand on sait l'ambition du club et ce qui est mis en place ici au Centre de Performance, on se doit de répondre à ces exigences-là. Ca fait partie du job et c'était logique de nous tomber dessus parce qu'on n'était pas dans une bonne période. La force du club a fait qu'on a pu rester sereins, soudés et on s'aperçoit que cette union porte ses fruits.

De l'extérieur, on a ressenti pas mal de turbulences au sein du club. Le papier de l'Equipe sur les départs à venir du coach Philippe Clement et du vice-président Oleg Petrov a fait couler beaucoup d'encre. A titre personnel, avez-vous réussi à faire abstraction de ces choses-là ?

Qu'il s'agisse de moi, du vestiaire, du staff et plus généralement du club, je n'ai senti personne perturbé. Si mes souvenirs sont bons, ce papier de l'Equipe était sorti la veille ou le matin du match face au PSG et ça ne nous a pas empêchés de faire un très gros match contre eux (victoire 3-0 à Louis II). On entend et on lit ce qui se dit autour du club mais nous, les joueurs, on est dans notre bulle. On sait ce qu'on fait et où on va.

"J'essaie d'être exemplaire et de mettre mes qualités qu'elles soient sportives ou humaines au service du groupe"

Sur son rôle de vice-capitaine

Actufoot • Disasi Actufoot

Axel Disasi s'est livré sans concession durant trente minutes à Actufoot.com et Radio Monaco.

Malgré le changement de coach, vous avez conservé un rôle de cadre et le statut de vice-capitaine de l'équipe. Comment gérez-vous cela au quotidien ?

Je le prends au sérieux. J'essaie d'être exemplaire et de mettre mes qualités qu'elles soient sportives ou humaines au service du groupe. Je suis conscient que c'est une grosse responsabilité et je le vis bien.

La série de sept victoires coïncide avec votre excellent match à Louis II face au PSG mais aussi avec la reconstitution du duo Tchouaméni-Fofana et le retour en forme de celui composé de Kevin Volland et Wissam Ben Yedder.

La saison dernière, l'alchimie entre Aurélien et Youssouf au milieu de terrain sautait aux yeux. C'est donc une continuité, et ils se connaissent encore mieux cette saison. Il y a eu une période où Youssouf jouait moins à cause de pépins physiques mais depuis ce match contre Paris, on voit qu'il est très en forme. Concernant Wissam et Kevin, c'est reparti comme la saison dernière. Kevin avait eu besoin d'un temps d'adaptation et il a connu quelques soucis physiques qui l'ont aussi empêché de s'exprimer de la meilleure des façons cette saison. On sait qu'on peut s'appuyer sur nos deux duos pour atteindre nos objectifs en fin de championnat.

Quel a été votre meilleur moment jusqu'ici avec l'AS Monaco ?

(Il réfléchit quelques secondes). Je pense que c'est le match à Lens la saison passée. On termine troisième de Ligue 1, c'était un très beau moment. En plus de ça, j'apprends à la fin du match que je suis convoqué avec les Espoirs donc ça joue aussi (sourires).

"J'ai toujours cru que je pouvais réussir et mon premier déclic, ça a été au Paris FC"

Comme la saison dernière, vous totalisez trois buts avec Monaco au cours de cette saison. Est-ce dû à votre formation comme attaquant en région parisienne ?

Plus jeune, je jouais devant avant de reculer progressivement. J'aime bien, que ce soit à l'entraînement ou lorsque je joue avec des amis, me mettre devant. Je prends beaucoup de plaisir et, des fois, ça me réussit parce que je suis plutôt adroit. J'ai l'objectif de pouvoir dépasser mon record et il me reste trois matches pour y parvenir.

Parlez-nous justement de votre parcours amateur.

J'ai commencé à Villiers-le-Bel dans le club de ma ville puis j'ai fait un an à l'USM Senlis dans l'Oise. Ensuite, j'ai rejoint la Paris FC Academy et ça a été le premier tournant pour moi. Quand j'arrive, je suis en U17 Nationaux et au bout de six, sept mois, je commence à être surclassé avec les U19 puis à monter avec la réserve. Je sens alors que j'ai du potentiel et une marge de progression. A l'issue de cette saison, j'ai mes premiers contacts avec le monde professionnel.

Le fait d'avoir pris des routes plus sinueuses que celles empruntées par les jeunes des centres de formation traduit-il l'humilité qui transpire de votre discours ?

Complètement. A l'inverse de certains joueurs, je n'ai pas quitté mes parents à l'âge de 13 ou 14 ans. Toutes ces années-là durant lesquelles je suis resté avec ma famille et mes amis m'ont permis d'avoir le caractère et le mental que j'ai aujourd'hui. Je suis très humble par rapport à mon parcours parce que des amis n'ont pas réussi à emprunter ce chemin-là et c'était tout ce qu'on voulait. Je sais d'où je viens et je suis très fier de mon parcours.

Etes-vous quand même passé par des moments de doute ?

J'ai toujours cru que je pouvais réussir et mon premier déclic, ça a été au Paris FC. Non seulement ils ont cru en moi et en plus, c'était la première fois où je rentrais dans une structure qui ressemblait à un centre de formation (un sport-études, ndlr). Dans ce contexte, j'ai rapidement progressé.

"L'Equipe de France ? Je ne me prends pas la tête"

Mathieu Lacan, qui vous a entraîné en U19 Nationaux au PFC, avait déclaré dans Le Parisien que "vous arriviez de nulle part".

C'est vrai, j'arrivais avec mon sac pour faire mes tests et j'ai été conservé. Lorsque j'étais à Viliers-le-Bel, j'avais réalisé quelques essais dans des clubs pros comme Saint-Etienne et participé au Tournoi International U12 de Gif-sur-Yvette mais je n'ai jamais rien eu de concret finalement avec ces clubs.

Un parcours en région parisienne, sans être passé par la case centre de formation, qui ressemble à celui de Youssouf Fofana, recruté à l'époque par Strasbourg à Drancy. Cela vous arrive d'en parler ?

On en discute pas mal et lui comme moi, on sait d'où l'on vient. Notre relation s'est faite naturellement car on a vécu les mêmes choses. Il y a beaucoup de similitudes dans nos parcours. On a d'ailleurs des amis en commun et joué l'un et l'autre avec des connaissances. On s'entend très bien.

Thiago Silva a toujours fait partie de vos modèles à votre poste. Y'a-t-il d'autres joueurs que vous regardez attentivement ?

Thiago Silva, c'est toujours le cas. Il est très serein, fiable et encore performant à Chelsea. J'aime aussi beaucoup des défenseurs comme Koulibaly (Naples), Van Dijk (Liverpool) ou Ruben Dias (Manchester City).

Et dans la nouvelle génération, en France notamment ?

Chez les Espoirs, j'ai pu côtoyer Dayot Upamecano, Ibou Konaté et Benoît (Badiashile) avec qui je suis au quotidien. Ces joueurs-là sont forts, talentueux. On le voit avec Konaté qui est très efficace en ce moment à Liverpool. En France, il y a un vivier de défenseurs centraux très important.

Dont vous faites partie. Avez-vous déjà reçu des pré-convocations avec les A de l'Equipe de France ?

Pas à ma connaissance, non. Par rapport à l'Equipe de France, je ne me prends pas la tête. Je suis quelqu'un qui vit au jour le jour, d'assez tranquille. Je fais ce que j'ai à faire et je prends ce qu'il y a à prendre, tout simplement.

Propos recueillis par Thomas Gucciardi à La Turbie

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