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10 février | 17h25

Fatsah Amghar : "Des moments qu’on ne vit qu’une fois"

L’entraîneur du GFA Rumilly-Vallières, héros de la précédente édition de la coupe de France, avec une épopée jusqu’en demi-finale contre l’AS Monaco, évoque ses souvenirs un an après.

NATIONAL 2 N2 C GFA74 GFA74 N3

Quels souvenirs gardez-vous du parcours réalisé par votre équipe la saison dernière en coupe de France ?

Il y en a beaucoup, mais en premier lieu, je garde en mémoire le match contre l’AS Monaco, cette demi-finale. Le fait de rencontrer une équipe composée de "stars" , des internationaux, des joueurs connus et reconnus dans le championnat français et au-delà. Cela aura été pour nous une super expérience sur le plan sportif, que ce soit pour le staff, les joueurs, ou le club dans son ensemble. L’engouement autour de ce rendez-vous a été extraordinaire. Plus globalement concernant l’épopée, il y a eu tous ces moments "difficiles", je pense notamment aux trois séances de tirs au but, à Limonest, contre Prix les Mézières et face à Annecy, des moments où il faut savoir gérer ses émotions, son stress, et qui sont suivis par des instants magiques, des moments de joies indescriptibles. Et puis, même si le public n’a pas pu partager ces instants avec nous, on avait la chance d’avoir à nos côtés les gens du club, qui ont pu communier avec nous. Enfin, je retiendrais l’engouement populaire exceptionnel le jour de la demi-finale, où sur le trajet entre Rumilly et Annecy - lieu de la rencontre - des milliers de supporters étaient présents, au bord de la route, pour nous encourager. Jamais je n’aurais pu imaginer qu’ils soient aussi nombreux en ville. Ce moment est celui qui m’a vraiment le plus marqué, un moment qui n’arrive qu’une fois dans une vie.

Je pense que les joueurs ont acquis une certaine confiance en eux, mais aussi de l’expérience, lors de cette épopée.

Quelles ont été les conséquences de cette épopée pour votre club, sur le plan sportif ?

Je pense que les joueurs ont acquis une certaine confiance en eux, mais aussi de l’expérience, lors de cette épopée. En tout cas, je trouve qu’ils abordent les matches avec un certain recul, une certaine sérénité. De ce côté là, il y a moins d’appréhension. Je m’en aperçois au quotidien.

Au niveau administratif et organisationnel, le club a t-il grandi ?

Clairement, il y a eu une belle évolution. Un parcours en coupe de France est quelque chose d’exceptionnel à vivre, mais aussi de lourd à gérer en terme d’organisation, de logistique, d’administratif, de sécurité. Plus on passait les tours, et plus les exigences montaient. Je pense que la coupe de France, sur ce plan là, nous a fait gagner trois ou quatre saisons. On a appris plus vite, les dirigeants ont grandi. Cela a été une belle expérience, mais également un gros travail au quotidien.

Et en terme de popularité ?

Oui bien sûr, ce parcours nous a permis de nous faire connaître au niveau national, d’acquérir une certaine notoriété. Nous avions eu la chance de vivre plusieurs montées les saisons précédentes, du Régional 2 au National 2, mais ça restait « confidentiel » par rapport à la coupe. Le club étant jeune, il avait d’autant plus besoin de ça pour qu’on le découvre. Aujourd’hui, on s’en rend compte car nos adversaires continuent de nous en parler régulièrement. On voit que ça les a marqué quand même. Le fait d’être connu et reconnu est toujours gratifiant. La coupe de France nous a mis en lumière, on en parle encore, et je pense que ce sera le cas encore un petit moment.

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Cette épopée nous a desservi dans le sens où, lorsqu’on est sur un nuage, on a du mal à redescendre. Ce n’est pas un problème d’humilité, mais inconsciemment, on a vécu tellement de choses incroyables qu’ensuite, le quotidien du championnat paraît moins extraordinaire.

Avec le recul, pensez-vous que ce parcours ait pu vous desservir ?

Sur le plan collectif, on savait que cette saison serait plus difficile, qu’on serait davantage attendus, même si on pense toujours que ce parcours nous a surtout servi pour toutes les raisons évoquées précédemment. Désormais, il n’y a plus d’effet de surprise. C’est aussi notre deuxième saison en National 2, celle dite de la "confirmation", qui traditionnellement est toujours la plus difficile. Après, je pense que cette épopée nous a desservi dans le sens où, lorsqu’on est sur un nuage, on a du mal à redescendre. Ce n’est pas un problème d’humilité, mais inconsciemment, on a vécu tellement de choses incroyables qu’ensuite, le quotidien du championnat paraît moins extraordinaire. Les émotions ne sont pas comparables. Peut-être que nos difficultés passagères sont en partie liées à ce parcours, et qu’il s’agit en quelque sorte du revers de la médaille. Et même si on a essayé d’anticiper toutes ces difficultés, on sait qu’elles ne sont pas propres à notre club, mais qu’au contraire, dans le passé, les équipes qui ont brillé en coupe ont souvent eu des lendemains plus compliqués. On ne fait pas exception. Il faut relancer la machine, se replonger dans le quotidien du championnat, et parfois, ça peut prendre du temps. Il y a ce côté psychologique qu’on ne maîtrise pas, et qui est important.

Que reste t-il de l’équipe un an après ?

L’idée n’était pas de tout révolutionner, mais au contraire de garder une base. Aujourd’hui, même s’il y a eu quelques changements, le socle de l’équipe est toujours là. Certains joueurs en fin de cycle nous ont quitté. Nous avons recruté pour palier à certains manques. Mais globalement, nous évoluons avec 60/70% des joueurs de l’an passé. On s’est aussi activé lors de la trêve hivernale, car on a pu se rendre compte de l’extrême exigence de ce championnat National 2. On s’est aperçu que l’on avait d’autres besoins pour aller chercher le maintien, et que certains de nos joueurs avaient montré leurs limites.

Recueilli par François Ducruet

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